Le Nouvel Automobiliste
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Partenariat Nissan/Infiniti et Mercedes-Benz : stop ou encore ?

Depuis ce matin les nouvelles sont contradictoires quant au partenariat Nissan/Infiniti et Mercedes-Benz dans le domaine des véhicules de luxe badgés Infiniti. Alors que l’agence Reuters a tout d’abord annoncé que les deux groupes allaient arrêter leur travail en commun, Carlos Ghosn a, pour sa part, démenti la fin d’une telle collaboration.

Ce matin en effet, selon plusieurs sources proches des deux entreprises l’agence de presse Reuters a annoncé que Nissan et Mercedes-Benz allaient mettre un terme à leur travail conjoint pour produire des véhicules de luxe. L’objectif initial était pour Infiniti de pouvoir utiliser la plateforme MFA2 pour ses futures productions, un soubassement actuellement en développement sous la houlette de l’Allemand et qui servira notamment de base à sa future Classe A.

Or, selon les informations recueillies, la division luxe de Nissan ne serait pas en mesure d’amortir le coût très important de cette plateforme et ne pourrait donc pas garantir sa rentabilité avec ses ventes qui restent, il est vrai, relativement confidentielles, même aux États-Unis. La gageure étant par ailleurs rendue encore plus complexe avec un véhicule compact qui aurait probablement du mal à atteindre les objectifs de vente qui lui seraient fixés compte-tenu des prix très bas des hydrocarbures outre-Atlantique qui poussent les consommateurs vers des choix de véhicules plus imposants.

La conséquence immédiate d’une telle décision serait d’abord d’ordre financier puisque cette plateforme devait être utilisée dans une toute nouvelle usine utilisée conjointement par les deux marques située à Aguascalientes, au Mexique, et dont l’ouverture est prévue pour cette année après un investissement de l’ordre d’un milliard de dollars. L’impact économique pourrait aussi être important en Grande Bretagne où une partie de l’investissement de Nissan dans son outil de production a justement pour objectif de l’adapter aux spécificités de la plateforme MFA2.

Difficile naturellement de ne pas faire le rapprochement avec les menaces de Donald Trump à l’encontre de toutes les marques produisant au Mexique avec pour objectif de vendre aux États-Unis (après Ford hier ce sont aujourd’hui Honda et Toyota qui se sont vus reprocher la politique d’implantation des usines au Mexique par le président élu, un comble !) et pourtant il semble que cette décision soit bien antérieure à l’élection du magnat de l’immobilier.carlos-ghosn-trezor-renaultDans tous les cas si décision il semble bien y avoir reste à démontrer strictement quelle est son ampleur. En effet Carlos Ghosn, le PDG de l’alliance Renault-Nissan, a tout simplement démenti l’information selon laquelle la collaboration entre les deux groupes prenait fin et affirmé au contraire que la relation avec Mercedes-Benz se portait on ne peut mieux. Il a en fait laissé entendre qu’il y avait bien une modification dans le développement du projet Q40 dont l’avenir semble du coup bien incertain. Dans le meilleur des cas cette dernière ne serait probablement pas réalisée sur la plateforme MFA2. Mais il a tenu à ajouter également que, contrairement à ce qu’affirmait Reuters cela ne sous-entendait aucunement l’arrêt du partenariat avec le groupe germanique.

Tout cela sera donc à suivre de près dans les prochains mois.

Via Reuters