Le Nouvel Automobiliste
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Objectif Tour Auto 2017

Le Tour Auto est l’histoire d’une des courses les plus anciennes que le monde automobile compte en son sein. Initié à l’aube même des avancées mécaniques, le Tour de France Automobile naquit en 1899 et perdura jusqu’en 1986 avant de renaître dans les mains déjà bien aguerries des équipes de Patrick Peter et donc sous la guilde de Peter Auto.
Quoi de plus normal que de rêver se retrouver à la place des Moss, Trintignant, Behra, Schlesser, Beltoise, Pescarolo, Bianchi, Larrousse, Elford et tant d’autres légendes de notre chère passion ? Ce, sur ce que beaucoup apparentent aux plus belles routes du monde que celles de France ?
C’est bien là depuis 26 ans, ce que beaucoup de gentlemen drivers venus du monde entier tentent de vivre ou de revivre au volant d’automobiles anciennes des années 1951 à 1974.

Un rêve, c’est bel et bien ce que vont tenter de réaliser Erwin et Thomas à travers cette édition 2017 du Tour Auto Optic 2000…

Sommaire :

  1. Entre régularité et compétition, deux Tour Auto différents
  2. Un rêve de générosité : La Lancia Fulvia 1.3S d’Erwin et Olivier
  3. Un défi mécanique : La Fiat 600 de Thomas et Doriane

1. Entre régularité et compétition, deux Tour Auto différents

Comme chaque année, le Tour Auto Optic 2000 prendra son départ depuis l’impressionnante nef du Grand Palais de Paris, ce sera demain mardi 25 avril 2017. Au programme : 230 concurrents, cinq journées de course ne comprenant pas moins de onze épreuves sur routes fermées et quatre sur circuit (Le Mans, Val-de-Vienne, Albi, Pau-Arnos). Or, la nouveauté de cette édition est un parcours exclusif qui mènera les concurrents à travers la Bretagne avec une étape à Saint-Malo le 25 avril au soir, ce, pour la première fois de l’histoire de l’événement.
Comme de coutume, les 230 concurrents se répartiront en deux catégories distinctes, certains courront en compétition quand d’autres le feront en régularité. Tâchons donc de comprendre de quoi relève chacune d’entre elles…

Le programme compétition dans lequel concourra Erwin et Olivier consiste tout simplement en une course au chrono, que ce soit sur spéciale ou sur circuit, c’est là le plus rapide qui gagne, quoique… Il existe cependant un classement dédié à l’indice de performance généré selon un rapport entre le temps effectué, l’âge et la cylindrée de l’auto en question. Par exemple, si une voiture de moins de 1150cm3 datée des années 1947 à 1961 réalise un chrono de 10 minutes, son temps sera multiplié par 0,55 et donc équivaudra à un temps de 5 minutes 30 quand une auto de plus de 2,5L de cylindrée et datée de 1975 qui réalisera, disons, un temps de 5 minutes verra son temps multiplié par 1,16, soit, 5 minutes et 48 secondes. Ainsi, la voiture gagnante à l’indice de performance serait la moins rapide. Par conséquent, si la bataille pour la première place au général se fera entre les Jaguar Type-E, Shelby Cobra, Porsche 911 et Ford GT40, le classement à l’indice de performance sera alors certainement tout autre.
En résumé, sept classements seront définis :
un pour la « période E » allant de 1947 à 1961
un pour la « période F » de 1962 à 1965
un pour la « période G » de 1966 à 1971
un pour la « période H » de 1972 à 1976
un pour la « période I » de 1977 à 1981
un pour le vainqueur au général
un pour l’indice de performance

Le second programme s’avère un brin plus complexe que le précédent puisqu’il ne répond pas à la théorie du « pied dedans ». En effet, c’est le programme régularité. Là encore, plusieurs classements seront donnés selon les périodes ainsi que selon les moyennes choisies par les équipages. En effet, en régularité, il convient pour le pilote, mais plus encore pour le copilote, d’user de sa bosse des maths pour être au plus proche possible d’un temps défini par l’organisation en début d’épreuve. Que la moyenne soit basse ou haute, le but est le même, n’arriver ni en avance, ni en retard car chaque seconde d’écart avec le temps donné conduira à une pénalité, y compris sur circuit ! A la fin de la semaine, l’équipage comptant le moins de pénalités sera alors donné vainqueur.

2. Un rêve de générosité : La Lancia Fulvia 1.3S d’Erwin et Olivier

Tout a commencé il y a plus d’un an de cela, quand Olivier en grand ami d’Erwin lui lance le défi de faire le Tour Auto pour leurs quarante ans respectifs. Ainsi, Erwin voyant la sentence arriver plus vite que son ami s’est mis en tête de chercher une auto destinée à concourir cette éprouvante épreuve. Finalement, lorsqu’il déniche ce qui semble être la monture idéale, une belle Lancia Fulvia 1.3S, il s’avère qu’il n’a pas encore le budget nécessaire à son achat et l’annonce disparaît au bout de quelques semaines…

Malgré-tout, son rêve subsiste et il finit par retrouver la même Fulvia en annonce quelques temps après le Tour 2016 auquel elle participa pour la troisième fois car son propriétaire choisit finalement de le courir avant la vente. Un accord est passé et l’échange s’effectue à la rentrée scolaire, soit, il y a un peu moins de 8 mois, signifiant donc pour notre équipage, le début d’une première course contre la montre pour l’obtention du budget nécessaire et pour la préparation de la voiture. L’inscription n’ayant été confirmée qu’en février dernier – peu après les fameux quarante printemps d’Erwin, tout s’accéléra pour nos deux protagonistes et très vite, l’idée de ne pas réaliser cette aventure pour leur seul plaisir se fit sentir. C’est pourquoi ils s’engagèrent auprès d’associations au service des enfants malades, que sont Les P’tits Cracks (pour lesquels nous avons participé au rallye éponyme au mois de mars dernier) et Juste Humain, dans le but de récolter des fonds pour ces dernières. Après-tout, derrière toute automobile, il y a des hommes non ?

C’est ainsi dans le programme compétition que s’inscrivent Erwin et Olivier, ayant déjà quelques heures de roulage sur circuit au volant de leurs bien aimées Porsche. Leur monture, comme présentée plus haut, est une Lancia Fulvia 1.3S de 1972 ayant déjà quatre participations à l’épreuve franco-française donc, étant titulaire du fameux passeport technique FFSA. En bonne Lancia qui se respecte, elle fait la part belle aux fameuses couleurs historiques en rouge et noir de la firme italienne tandis que l’intérieur se pare de deux baquets, d’un arceau, d’un terratrip, d’un extincteur et… C’est à peu près tout ! L’esprit compétition s’y fait ressentir et c’est bien normal pour une auto dont le seul but est d’aller le plus vite possible. Sous le capot, c’est le célèbre V4 de 1298cm3 que l’on retrouve, gavé par deux carburateur Solex montés à l’horizontal, et qui doit ainsi développer un peu plus de 100 chevaux aux roues avants. Amplement suffisant pour mouvoir les quelques 950 kilogrammes de la bête ! Déjà quelques peu patinée après son passé en compétition, la Lancia d’Erwin et Olivier présente quelques traces d’usure qui montrent bien qu’elle n’est pas là pour enfiler des perles !

Maintenant les présentations faites, il est temps pour moi de me glisser dans le baquet de gauche pour prendre en mains le petit volant tulipé récemment installé – eh oui, Erwin est grand, très grand même, et sans cela, il ne pouvait glisser ses genoux sous le cerceau. Contact, démarreur, le moulin se meut dans un cri bien métallique propre à ce fameux V4. On débraye et l’on enclenche la première… Oops, ça, c’est la marche arrière car oui, ici, la première est en bas à gauche et il est vite fait de se fourvoyer ! Allez, on s’élance, la voiture pétarade, on sent qu’elle est réglée riche, qu’elle n’est pas faite pour cruiser au filet de gaz mais bien pour foncer au pied dedans. C’est pourquoi très vite, on se sent « contraint » de poser le pied sur le plancher pour laisser respirer les carburateurs de cette Jeanne Mas mécanique. La direction est précise, la voiture est bien suspendue et des plus réactives, c’est un plaisir que de la rouler un tantinet. Finalement, c’est sur circuit et sur le siège passager que je découvre tout le potentiel de la Lancia quand Erwin me montre ce qu’elle a dans le ventre et croyez moi, elle en a à revendre ! Elle freine fort, très fort même, si bien que l’arrière aurait tendance à se dandiner à l’approche des virages ce qui a pour conséquence d’encore mieux inscrire le train avant dans les courbes. En soit, j’ai plutôt confiance quant aux chronos qu’elle réalisera sur le Tour !

Finalement, il s’avère que la diva s’est permis de faire virevolter un coussinet de bielle une semaine avant l’événement, mais bien heureusement, les mécaniciens d’Erwin réussirent à tout mettre en œuvre pour refaire le bas moteur à temps pour le Tour ! Il vaut mieux que ce genre de chose arrive avant et non pendant la course non ? A l’heure du départ, grâce au crowdfunding et aux sponsors (IAV Automotive Engineering ; TECHnFORM ; L’enveloppe du Bâtiment ; Style&Design ; DeRose Method ; Idtree et Glénat), c’est 3.000€ sont prêts à être reversés aux deux associations partenaires, soit 1.500€ pour chaque alors même qu’il reste deux petites cagnottes à remplir au profit des Petits Cracks comme de Juste Humain… A vous de jouer !

  1. Entre régularité et compétition, deux Tour Auto différents
  2. Un rêve de générosité : La Lancia Fulvia 1.3S d’Erwin et Olivier
  3. Un défi mécanique : La Fiat 600 de Thomas et Doriane

3. Un défi mécanique : La Fiat 600 de Thomas et Doriane

Thomas et le Tour Auto, c’est déjà de l’histoire ancienne puisque cela fait maintenant quelques années qu’il le suit en tant que journaliste… Mais cette année, c’est un passage au niveau supérieur qu’il effectue en s’engageant directement dans la course avec ce qui s’avère être la plus petite auto jamais engagée dans l’épreuve : La Fiat 600D ! Née en 1967 – elle fêtera donc ses 50 ans lors du Tour –, cette frêle italienne forte de 29 chevaux tout droit sortis de son modeste quatre cylindres de 767cm3 a pour défi de suivre les plus mythiques voitures de course d’antan de Paris à Biarritz, ce, sans dépasser les 110 km/h annoncés en vitesse de pointe ! C’est dire si la tâche sera rude pour cette petite Fanalona sauvée de la casse par son pilote qui l’a restaurée dans l’optique de cet événement. Or, là n’est pas la seule anecdote au sujet de la Turinoise puisqu’elle dort aujourd’hui dans ce qui s’avère être l’ancien parking du garage qui l’eut vendue neuve en son temps, c’est dire si tout est lié !

Pour Thomas, les objectifs sont multiples puisqu’il s’agit, outre les cinquante ans de sa belle, d’engager pour la première fois sous l’ère Peter Auto, ce modèle mythique pour nos amis d’au-delà les Alpes, mais aussi de représenter une tranche d’âge semble-t-il délaissée par l’événement : les moins de 35 ans. En effet, Thomas n’a que 32 ans quand sa copilote, Doriane, compte 26 bougies à son actif.

Une copilote… C’est là aussi un point sur lequel Thomas souhaitait appuyer puisque depuis le début de son aventure Tour Auto, son objectif était de constituer un équipage mixte pour palier l’absence encore trop fréquente des femmes dans le sport automobile. Alors, entre petite voiture populaire, jeune équipage et mixte qui plus est, que dire sinon que ce trio gagnant va se démarquer dans la catégorie très disputée de la régularité ?

Habitués des populaires format poche, Thomas possédant outre la 600, une Fiat 500 et Doriane deux Mini, ils ne seront donc pas dépaysés dans l’habitacle de leur puce de rallye ! « Let’s start your engine », c’est parti pour un petit tour du propriétaire. S’asseoir au volant s’avère assez dépaysant pour un conducteur d’aujourd’hui, c’est… Comment dire ? Simpliste. Un volant, un compteur de vitesse, un bouton pour les phares et un pour les essuie-glace, en soi, pas grand chose pour distraire le pilote et c’est tant mieux, c’est ce que l’on aime dans la Seicento ! Installé sur le siège de gauche, je cherche la ceinture de sécurité, un réflexe d’aujourd’hui quasiment inexistant en 1967 puisque l’auto en est dépourvue.

Un demi-tour de clef et le moteur prend vie dans un grondement bien plus sourd que ce que la cylindrée pourrait laisser imaginer, sûrement du au petit échappement Abarth que Thomas s’est autorisé comme seule atteinte à l’origine. Le pédalier décaler vers la droite et la finesse de ses pédales ne facilite pas la prise en pieds de la voiture, mais l’on s’élance doucement, au rythme de l’auto, décomposant lentement chaque changement de vitesse et usant des quelques indications données au compteur de vitesse pour rester au bon régime.

Légèrement floue, la direction à vis et galet se trouve légère, notamment grâce au volant de grand diamètre quand, la suspension, elle, semble plutôt conçue pour amortir les chocs des pavés romains que pour virer à plat sur route de montagne. Tous ces éléments amènent à comprendre au combien ce Tour Auto sera une véritable aventure mécanique pour la monture comme pour son équipage dont le capital sympathie fera, à n’en pas douter, bien des émois lors des traversées de villages éparpillés sur le parcours.

En ce lundi de veille de départ, les présentations sont désormais faites, gardez l’œil ouvert, cette semaine, une page du site sera consacrée à l’événement avec chaque soir, quelques mots de nos équipages favoris au sujet de leur journée de course ainsi qu’un petit récapitulatif des classements et des faits de la journée, portez-vous bien et vive le sport !

  1. Entre régularité et compétition, deux Tour Auto différents
  2. Un rêve de générosité : La Lancia Fulvia 1.3S d’Erwin et Olivier
  3. Un défi mécanique : La Fiat 600 de Thomas et Doriane

Crédits photos : Loïc Maschi – Peter Auto
Crédits vidéo : lesvoitures.com