Le Nouvel Automobiliste

Nouvelle Peugeot 208 : Numéro sacré ?

La nouvelle Peugeot 208 qui se dévoile aujourd’hui conserve son patronyme, Peugeot ayant décidé de faire du 8 son numéro fétiche. Et c’est bien la seule chose qui demeure de la première génération de 208 car on peut en revanche affirmer sans difficulté qu’elle change pratiquement tout le reste. Renault, avec sa Clio V, a décidé d’une transition en douceur ? La marque au Lion fait le choix exactement inverse ! Sans doute un trait de caractère. Et justement, en adoptant et en adaptant la plupart des éléments de style développés sur la gamme depuis 3 ans, de caractère, la nouvelle 208 ne manque pas. Elle se pare ainsi d’un design bien plus trempé que celle qu’elle remplace, quitte à ne pas séduire tout le monde. Un pari risqué ? Probablement pas tant que ça, surtout que la nouvelle petite lionne n’a rien laissé au hasard et possède plus d’une corde à son arc… électrique, par exemple. Revue de détails.

La Peugeot 208, fille de Fractal…

Présenté en 2015 à Francfort, le concept-car Fractal était, comme tout bon concept-car, un laboratoire de style et de technologie pour Peugeot. En se le remémorant, la nouvelle 208 ne saute pas immédiatement aux yeux. Pourtant, il y a bien dans ce concept de nombreux éléments plus ou moins discrets et visibles que l’on retrouve sur la citadine dévoilée aujourd’hui. Le modelé du capot par exemple, simplement suggéré par des lignes sur le concept et bien plus marqué sur la 208. Au passage, par rapport à sa devancière, elle dispose cette fois d’un vrai et long capot.

On soulignera aussi la forme du bouclier avant, la légère concavité des portières, le bandeau de feux et surtout le traitement du bouclier arrière. Sur la 208, cette large partie évoquant un diffuseur est traitée en noir laqué (ce ne sera pas le cas sur toutes les versions). Remontant assez haut et associée au bandeau de feux, lui aussi noir, et même au toit Black Diamond (en option), elle propose un jeu de contraste très marqué mettant particulièrement en relief le creusement spectaculaire et très audacieux de la partie basse du coffre. Une forme totalement reprise de l’étude Fractal dans cet aspect, mais déjà présente en filigrane sur la 508 et même sur le 3008.

Cousine de 508…

D’autres éléments de design, communs aux productions de Peugeot, ont été adaptés sur cette nouvelle Peugeot 208. L’objectif étant de lui donner un caractère propre, voulu résolument affûté et distinctif selon les termes de la marque elle-même, mais aussi d’intégrer les nouveaux marqueurs stylistiques du Lion. Cela commence dès la face avant par l’adoption attendue de la signature lumineuse de la grande sœur 508 : les fameux crocs. Ils surgissent de la dernière des trois bandes en LED intégrées dans une optique plus acérée qu’auparavant, mais restée néanmoins assez épaisse, et viennent entourer une calandre au format XXL. Le lion, au cœur d’une mise en scène visant à attirer le regard vers lui, y trône fièrement juste au-dessous du désormais traditionnel monogramme désignant le nom du véhicule et placé sur la carrosserie. Une face avant résolument démonstrative donc et nettement plus agressive que la précédente. Le ton est donné !

A l’arrière c’est le fameux bandeau noir des 3008/5008 et 508 que l’on attendait. Pas de déception sur ce point, il est bien là. Mais dans une nouvelle interprétation un peu différente puisqu’il s’élargit et s’arrondit assez sensiblement aux extrémités pour accueillir des optiques traditionnelles à trois barres verticales assez high-tech et allumées en permanence. Ils seront cependant différents sur les versions d’entrée de gamme. L’ensemble n’est pas sans évoquer le cockpit d’un Airbus A350. Plus surprenant, le bandeau n’accueille cette fois-ci que le nom de la marque tandis que Lion migre juste au-dessus, sur la carrosserie. Si on prend en compte le fait que le bandeau du 3008/5008 contient les deux et celui de la 508 uniquement le Lion on se dit que la boucle est bouclée avec cette 208.

Mais petite-fille de 205 aussi !

Toutefois l’élément le plus marquant de cette nouvelle Peugeot 208 est incontestablement la filiation nette qu’elle créée avec sa prestigieuse aïeule : la Peugeot 205. Le sacré numéro demeure une référence dans l’histoire de la marque et la 208 entend bien capitaliser sur des marqueurs référentiels toujours présent dans l’esprit des anciens propriétaires de 205. C’est surtout de profil que les clins d’œil sont les plus nombreux. Le plus évident reste le dessin du vitrage latéral dans sa partie arrière. Repris intégralement du concept Fractal, mais aussi de la 308, sa forme est caractéristique de celle de la version 3 portes de mamie 205.

Mais il y a mieux, dans le prolongement de cette vitre, sur la custode, un renfoncement de la carrosserie accueille le nom de la finition du modèle. Une mise en scène que tous les amoureux de la 205 3-portes (GTi, CTi, etc. et même 205 F !), avec ses barrettes plastiques latérales, apprécieront à sa juste valeur.

Reste la touche finale, les passages de roue traités en noir, là encore façon 205 GTi. Ils ne sont toutefois en plus en plastique brut mais en finition laquée. L’artifice donne au profil une sensation de robustesse mais manque sans doute de finesse et évoque peut-être un peu trop fortement l’univers du SUV. Cela fonctionne correctement avec les grandes jantes de 17 pouces (disposant d’inserts vissés personnalisables) mais risque probablement d’être moins convainquant par ailleurs. Raison pour laquelle seules les versions GT et GT Line en bénéficieront. Pour terminer sur ce profil, on y remarquera aussi des poignées de portières et une trappe à carburant qui auraient probablement gagné à se montrer plus discrètes.

Un style fort donc. Clivant probablement mais résolument moderne et soigné. La 208 apparaît extérieurement solide et valorisante ce qui lui permet de revendiquer une montée en gamme sans même tomber dans le clinquant puisqu’elle se passe intégralement de chromes (coucou, la Clio V).

i-Cockpit et hologramme : la 208 en mode futuriste et high-tech

Là encore, c’est sans surprise que la nouvelle Peugeot 208 reprenne à son compte les principes d’agencement des tableaux de bord des dernières Peugeot. Il faut dire que c’est l’ancienne 208 qui avait initié l’i-Cockpit. Pour la nouvelle, l’idée générale est aussi très largement issue du concept Fractal. On y retrouve notamment, courant d’une portière à l’autre, une ligne périphérique noire laquée agrémentée d’un guide de lumière et d’un trait d’aluminium en partie centrale. La sensation d’enveloppement des occupants en est renforcée.

Comme sur le 3008 ou la 508, la planche de bord se décompose en trois strates superposées et le garnissage façon carbone (sans doute le même que sur la 508) habille toute la partie centrale en se prolongeant également sur les contre-portes. Le noir domine d’ailleurs largement cet habitacle en se déclinant en différentes textures. C’est ainsi un noir brillant qui se retrouve sur la large console centrale, laquelle accueille un grand rangement et la connectique habituelle. Les contrastes se font ici grâce aux surpiqûres mais surtout grâce aux différentes pièces d’aspect métallique comme la partie supérieure des buses d’aération, les cerclages des écrans et surtout les nouveau toggle switches, ces boutons basculants façon touches de piano à l’esthétique particulièrement soignée.

Plus aucun véhicule ne saurait s’en passer et la 208 ne fait pas exception à la règle, alors comme il se doit dans une auto moderne, un large écran tactile vient trôner tout en haut de cette planche de bord. D’un format de 10 pouces pour les versions hautes (5 ou 7 pouces pour les autres) il se présente au format 16/9e, légèrement orienté vers le conducteur, et repose, en même temps qu’il est mis en valeur sur un socle métallique. Sa hauteur frappe au premier regard puisqu’il se situe au même niveau que le combiné d’instrumentation, ce qui interroge immédiatement quant à son impact sur la visibilité globale. On remarquera que si Renault a fait le choix d’un écran vertical sur sa Clio, Peugeot persiste sur l’architecture horizontale.

Mais la pièce maitresse de cet i-Cockpit, c’est justement ce combiné d’instrumentation que nous évoquions à l’instant. Percé de chaque côté il donne une sensation importante de profondeur tout en adoptant un aspect proche de celui d’un casque de réalité virtuelle. Et pour cause, puisqu’il utilise une technologie holographique permettant un affichage en trois dimensions sur deux niveaux de projection. Outre le côté spectaculaire mais peut-être un peu gadget du procédé, Peugeot insiste sur l’intérêt réel du système qui utilise la profondeur via des objets dynamiques se rapprochant du conducteur afin de mieux capter son attention, notamment dans des situations d’urgence. Peugeot affirme que le gain de réactivité est de l’ordre de la demi-seconde. Nous avons hâte de le vérifier à son -petit- volant !

Pas d’autre indication pour le moment sur cet habitacle, ni sur les places arrière ni sur le volume de coffre dont nous ne possédons d’ailleurs aucun visuel. Nous savons seulement, depuis la DS 3 Crossback, que la nouvelle plateforme CMP, plus moderne et plus légère, est aussi adaptée à l’adjonction des batteries (d’où une version eCMP de cette base pour les modèles électriques), sans conséquence sur le volume d’ensemble. Quel que sera son volume, son seuil de chargement sera haut, ainsi que les photos d’extérieur le font remarquer.

Y a-t-il 208 ADAS sur la 208 ?

Sans doute pas, mais on s’en rapproche de plus en plus ! Comme tout nouveau modèle la petite Peugeot fait effectivement le plein d’aides à la conduite ce qui lui permet d’afficher des prétentions de conduite semi-autonome. Elle ne fera pas encore tout toute seule mais il est clair que nombre de ces aides vous faciliteront la vie au quotidien. Ce sera particulièrement le cas en ville, notamment dans les bouchons, grâce au régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go (avec la boîte EAT8 uniquement), à l’aide au maintien dans la voie ou au freinage automatique d’urgence. La reconnaissance des panneaux de limitation de vitesse et des panneaux de signalisation vous aidera à conserver les points sur votre permis et le Park Assist s’occupera des manœuvres de stationnement à votre place. Il ne vous restera plus qu’à tirer le frein à main, ce qui se fera avec un seul doigt, la 208 bénéficiant aussi du frein de parking électrique.

Thermique et électrique : une 208 pour chaque client

Reposant sur la nouvelle plateforme CMP du groupe la 208 peut jouer les couteau suisse en proposant dès son lancement à la fois des blocs thermiques et une variante tout électrique.

Pour les motorisations classiques l’offre se répartira entre trois blocs essence et un bloc Diesel. Sous le capot de cette 208 on retrouvera donc le 3-cylindres 1,2 l PureTech dans des puissances de 75, 100 et 130 ch. La boîte manuelle à 5 rapports sera obligatoire sur le 75 ch tandis que dans le même temps la boîte automatique EAT 8 le sera sur le 130 ch. Seule la version 100 ch vous laissera le choix entre BVM6 et EAT 8. En Diesel on retrouvera le 4-cylindres 1,5 l BlueHDi de 100 ch couplé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports.

e-208 : l’anti Zoé

C’est un peu la botte secrète de cette nouvelle 208 puisque la version 100% électrique baptisée e-208 est présentée (et sera commercialisée) en même temps. En apparence totalement identique à une 208 « classique », ce à quoi tient Peugeot dans sa stratégie d’électrification, la e-208 adopte toutefois quelques petits éléments distinctifs : une calandre couleur carrosserie, le lettrage « e » bleuté sur la custode, les Lions à la couleur changeante selon l’angle de vue (dichroïque si l’on veut briller en société) et, à l’intérieur, une sellerie spécifique en Alacantara gris associé à de la maille technique 3D et à de très originales surpiqûres bleues et vertes positionnées en alternance (en finition GT).

Techniquement parlant la e-208 adopte une batterie de 50 kWh lui conférant une autonomie de 340 km en cycle WLTP. La recharge s’effectue sur une durée comprise entre 5h15 avec une Wall-Box et 16 heures sur une prise domestique classique. Le moteur développe pour sa part 100 kW (soit 136 ch) et devrait donc offrir des performances plus qu’honorables à la citadine (le 0 à 100 est annoncé en 8,1 s). L’architecture e-CMP permettant de placer les batteries sous le plancher du véhicule lui garantit par ailleurs une habitabilité préservée par rapport à la version thermique, avec en particulier un coffre dont la capacité reste identique. Proposée avec une gamme de services censés aider au mieux l’utilisateur dans sa vie quotidienne (recharge, assistance, planification des trajets) et une application mobile dédiée, la e-208 cherche à se présenter comme une réelle alternative d’achat pour un client qui viendrait découvrir une 208. Elle devra toutefois convaincre sur le prix qui sera vraisemblablement nettement plus élevé que les versions classiques.

La gamme 208 s’articulera autour des finitions Access, Active, Allure, GT Line et GT. Commercialisée à l’automne prochain elle sera néanmoins réservable en ligne dès le salon de Genève où elle sera officiellement présentée à la presse et au public.

Ce sera bien évidemment l’occasion pour nous de vous en reparler largement et de vérifier une première fois que cette 208 s’annonce bien comme un numéro sacré.

Via Peugeot.