Le Nouvel Automobiliste
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Nissan en 2017 : entretien avec le Dir-Com Grégory Nève

En marge de la session d’essais du « nouveau » moteur 2,0 l dCi 173 ch installé sur le X-Trail, nous avons posé quelques questions au Directeur de la Communication de Nissan France, M. Grégory Nève.

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The Automobilist : Bonjour M. Nève. 2016 a été une année de transition pour Nissan, avec la bonne tenue de la gamme de crossovers dans les ventes. Qu’a-t-on à attendre pour 2017 ?

Grégory Nève : L’année 2017 va être importante car nous lançons la nouvelle génération de la Micra, avec pour ambition d’en faire notre deuxième meilleure vente.

TA : Actuellement, quelle est votre top 3 commercial ?

GN : Notre famille de crossover, avec en 1 le Qashqai, en 2 le Juke et en 3 le X-Trail. Sur X-Trail, on est à 25 % de volume en plus attendu avec le nouveau moteur 2,0 l qui renforce son positionnement. C’est raisonnable comme proportion quand on regarde le marché : 40 % des SUV de Segment D s’écoulent avec plus de 130 ch, ça nous laisse de la marge. Il y a du volume à aller chercher, autant qu’il y a de clients !

TA : D’accord mais alors, pourquoi ne pas l’avoir proposé dès le lancement ?

GN : Je n’ai pas la réponse exacte, mais ça rentre dans notre politique d’animation de gamme. Et puis, on essaie de lancer le plus vite possible nos modèles, ce qui fait qu’on choisit quelques moteurs cœur de gamme avant de se diversifier.

« 2017 sera une année de croissance. » Grégory Nève

TA : Revenons à 2017 et à la Micra. Quand arrivera-t-elle en concessions ?

GN : Elle sera dans les concessions en février, mais le carnet de commande est ouvert depuis décembre. Et nous lancerons la campagne de pub en mars/avril.

TA : Côté utilitaires, du changement avec l’arrivée du NV300 également ?

GN : Oui, on revient sur le segment des VU médians avec le NV300. On en était partis en 2013 avec le Primastar. Ça va nous faire du volume dans les ventes.

TA : Comment voyez-vous se profiler 2017 ?

GN : 2017 sera une année de croissance. Comme vous l’avez dit, 2016 était un pallier avec, normalement, 80 000 ventes. On était à 81 000 en 2015, on reste stables. Mais ce qui est à voir, c’est la progression depuis 2007 : notre part de marché a doublé en 10 ans. Cela nous oblige à former du personnel en concessions, en après-vente, et au Mondial, nous avons réalisé notre deuxième campagne de recrutement pour accompagner le dynamisme du réseau. Donc il y aura en 2017 du produit, de forts enjeux RH, et d’autres actus à suivre bien-sûr. Ça va être une année riche.

TA : Parmi les actualités à suivre, peut-être pas en 2017, on attend une augmentation d’autonomie de la Leaf ?

GN : On vient de lancer en 2016 la Leaf à 250 km d’autonomie, et ça fait qu’en 5 ans, le rayon d’action de Leaf est passé de 170 à 250 km. C’est déjà très bien.

TA : Certes mais la Zoé est repassée devant avec 400 km côté Renault. On vient d’ailleurs d’annoncer que leurs successeures seraient construites sur la même plateforme.

GN : En effet. Pour le moment, nous n’avons pas de date pour une augmentation d’autonomie mais elle aura lieu à terme. La Zoé est devant, c’est le jeu de la concurrence ! Ce qui est sûr, c’est qu’on est Leader mondial du véhicule électrique et qu’on se prépare à le rester face à l’arrivée en 2018 de la Tesla Model III.

TA : Et comment vous préparez-vous ? Le réseau commercial est couvert de bornes, le personnel habitué aux VE…

GN : On avance dans l’expérience client avec Car Location. Aujourd’hui il y a plein de services en développement, Blablacar et le mouvement de l’autopartage, donc on doit coller aux besoins des clients, et aujourd’hui, la location de voiture entre pairs n’existe pas.

TA : En quoi cela consiste-t-il ? Si c’est de l’autopartage, Drivy existe déjà… ?

GN : Aujourd’hui, 80 % du temps d’une voiture est passé au garage. Pour optimiser son temps d’utilisation, on va lancer une offre de location de voiture attractive à moins de 100 € par mois, assurance incluse, d’abord à Paris, en province ensuite dans les zones de grosse densité de population. C’est une offre destinée aux jeunes mais aussi aux grands parents avec enfants qui se font confiance. L’idée, c’est de partager sa voiture avec ses car locataires via une application. On définit son besoin en voiture par kilométrage, puis l’algorithme fait le mix entre proximité géographique et concordances des dates de disponibilité du véhicule. Là, on crée un groupe de personne qui aura, pendant un an, à se partager un véhicule.

TA : Cela rappelle la propriété partagée de voitures, qu’on connaît pour les modèles de sport ou de collection. Le risque n’est pas que les gens ne puissent pas définir leurs besoins à l’avance ?

GN : Il ne faut pas avoir de besoins trop larges c’est sûr, sinon on doit réserver plus de créneaux de disponibilité mais on paie pour ne pas utiliser la voiture. Le meilleur profil, c’est d’avoir 4 car-locataires, qui se planifient chacun 1 weekend/mois d’utilisation du véhicule.

TA : Merci pour ces éléments, M. Nève.

Retrouvez tous nos articles sur Nissan avec des exclusivités (visite de l’usine de Sunderland, du centre de tests de Barcelone, essai grand format de la GT-R et du Juke Nismo) à ce lien.

Propos recueillis par François M. pour The Automobilist