Le Nouvel Automobiliste
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NAIAS 2016 : Lexus LC 500, quelle claque !

Waouh ! Oui, dès le début de cet article j’ai envie d’écrire un truc dans le genre même si d’autres onomatopées et expressions au caractère plus ou moins fleuri me viennent aussi à l’esprit. Il faut dire que c’est le genre de réaction que nous avons de moins en moins souvent face aux nouveautés qui nous sont présentées. Très belles dans leur ensemble (oui, il y a des exceptions…) elles sont hélas toujours un peu aseptisées et finalement relativement convenues. Mais là, force est de constater que Lexus nous a présenté au début de la semaine à Détroit un véhicule exceptionnel comme on en voit peu et qui a littéralement bluffé les observateurs et les passionnés que nous sommes tous. Un coupé d’exception repris en quasi intégralité du concept LF-LC présenté en 2012 et qui viendra batailler dans le très haut du panier de la production automobile mondiale. Cela valait bien quelques jours de patience pour vous en faire une présentation la plus complète possible.

De la LF-LC à la LC 500 : le jeu des sept erreurs

Les constructeurs nous ont habitués depuis de nombreuses années à nous présenter des concept-cars qui tendent de plus en plus vers le show-car afin de nous préparer psychologiquement et visuellement à des formes nouvelles, qui ne le seront du coup plus totalement au moment de la sortie en série du véhicule. C’est exactement le cas pour cette Lexus LC 500 qui avait en fait été largement (totalement ?) dévoilée il y a déjà 4 ans (!) au même endroit, à Détroit. Ce concept dénommé LF-LC à l’époque avait déjà fortement impressionné le public et avait même été décliné en bleu quelques mois plus tard au salon de Sydney.

Et bien regardez le attentivement ce concept et cherchez les différences avec le véhicule de série présenté cette semaine. Oh bien entendu il y en a, mais il faut reconnaitre qu’à l’exception peut-être des rétroviseurs qui trahissent véritablement la production en série et qui sont l’un des rares éléments critiquables de cette Lexus, nous sommes toujours face à un véritable concept-car en vente libre. Mieux, certains aspects de la LF-LC pouvant déjà apparaitre un peu datés (4 années dans le monde de l’auto c’est presque toute une vie) ont été réellement modernisés sur cette LC 500, en reprenant notamment des éléments d’un autre concept, le LF-FC présenté à Tokyo en octobre dernier, et en offrant, au final, un véhicule bien dans son temps, moderne et résolument innovant.

Innovant, vraiment ?

On peut en effet se poser la question au niveau style car, si la LC 500 semble faire une quasi unanimité, elle est pourtant, dans ses lignes, très proche de ce que Lexus nous propose depuis quelques années déjà sur ses LS, IS, GS, RC, RX, NX avec notamment cette gueule béante, grillagée et démesurée, souvent comparée à une face d’alien (celui du film Prédator), régulièrement critiquée par les commentateurs et qui semble ici ne pas susciter les mêmes réactions virulentes. Idem pour l’arrière qui, s’il ne reprend pas les codes des dernières Lexus, reprend en fait celui des dernières… Toyota, et peut-être pas les meilleures d’entre elles puisqu’on y retrouve un traitement des optiques finalement très inspiré de celui de la nouvelle Prius (ok vous pourrez toujours opiner que cet effet est déjà présent sur le concept donc rien à voir).

Mais le design d’un véhicule est avant tout une question de détails et de proportions et ce qui perturbe sur l’un séduira sur un autre. C’est exactement le cas avec cette LC 500 qui trouvera naturellement ses détracteurs comme pour tout objet, et heureusement au passage, mais qui dans un premier temps semble avoir surtout provoqué un consensus comme on en retrouve rarement dans le milieu et se traduisant concrètement par une salve de commentaires et d’adjectifs dithyrambiques fleurissant tout au long des articles de la presse spécialisée et même de celle qui ne l’est pas. Superbe, sculptural, sportif, démonstratif, à couper le souffle, sublime sont quelques-uns des termes que vous retrouverez régulièrement au fil des lignes dès qu’on aborde le traitement esthétique de cette LC 500. Et, pour ma part, je ne peux qu’approuver l’enthousiasme de mes confrères.

005 Lexus LC500 NAIAS 2016

Le grand coupé de luxe par Lexus

Grand n’est peut-être d’ailleurs pas exactement le terme adapté. Si la voiture en impose visuellement et donne d’emblée la sensation d’appartenir à un segment très haut de gamme elle ne mesure en fait que 4,76 m de longueur, soit à peine six centimètres de plus que la « petite » sœur RC. A titre de comparaison, une BMW série 6 coupé dont on peut aisément imaginer qu’elle fera partie des concurrentes plus ou moins directes de cette Lexus, mesure 4,89 m. Néanmoins la LC 500 en impose tout de même en raison de ses autres cotes, notamment son importante largeur d’1,92 m (1,84 m pour la RC et 1,89 pour la BMW) et surtout sa hauteur très limitée de seulement 1,34 m (on ne sera pas loin de la position couchée à son volant…) contre 1,36 m pour l’allemande et 1,39 m pour la RC. Rajoutez à cela un empattement très généreux de 2,87 m repoussant les roues de 20 ou 21 pouces (enrobées de Michelin Pilot Super Sport) aux extrémités et donnant une assise visuelle forte à la voiture et vous vous retrouvez devant un coupé dont les proportions impressionnent par leur justesse et leur parfait équilibre. Quelle fluidité dans cet ensemble !

Du style, du style et encore du style

Comme je l’évoquais déjà un peu plus haut c’est devenu une marque de fabrique de Lexus que de donner à ses productions un style fort et potentiellement clivant. Il semble moins l’être ici, on l’a dit, mais on retrouve pourtant sur la voiture tous les éléments de design de la marque. Outre la calandre gigantesque et cerclée de chrome pour un effet 3D plus marqué on retrouve la signature visuelle DRL en forme de L, les optiques avant à trois LED (récompensées par un prix lors de ce NAIAS 2016) comme sur NX, RX ou RC mais cette fois prolongées vers le bas par un parement en métal qui semble intégrer les clignotants. On retrouve aussi, de profil, le traitement en noir de la custode pour donner l’impression d’un toit flottant (en verre de série mais il sera possible de le commander en fibre de carbone).

La poupe se singularise en revanche des dernières productions avec notamment ces optiques horizontales pourvues d’un effet 3D que ne renierait pas Citroën mais qui elles aussi, à l’instar des phares, sont prolongées visuellement vers le bas et sur les ailes arrière par un élément chromé très futuriste et valorisant. Le coffre sur lequel un aileron rétractable semble prendre place se prolonge lui aussi vers le bas avec cet étrange traitement trapézoïdal, légèrement en pointe, conférant à ce coupé un « popotin » particulièrement sexy. L’ensemble est subtilement saupoudré d’éléments suggérant la sportivité et l’agressivité : entrées d’air dans la face avant et dans la partie latérale, poignées de portières intégrées à la carrosserie ou encore traitement très « concept » des sorties d’échappement.

Un habitacle chaleureux

Pratiquement intégralement recouvert d’un magnifique alliage cuir/alcantara de couleur tabac il donne effectivement très envie de s’y installer. Très fluide dans ses lignes il reste cependant lui aussi très proche visuellement des dernières productions Lexus tout en y apportant un traitement à la fois plus moderne, là encore proche d’un concept-car, et surtout plus luxueux. Quelques petites touches de métal viennent parsemer cet ensemble ainsi qu’un insert décoratif reproduisant en décor la forme des DRL du véhicule. On apprécie particulièrement sur ces images l’intégration des poignées de maintien ou encore les lignes très sensuelles sur les contre-portes qui, là encore, donnent un aspect très futuriste à cet habitacle.

L’instrumentation est entièrement digitale, la voiture inaugure un tout nouveau système multimédia (tant mieux car l’actuel n’est guère convaincant) et nous promet un système audio Mark Levinson de très très haute volée en option tandis que les versions de base seront dotées d’un nouveau système Pioneer. Enfin, comme pour l’extérieur, la sportivité de cette LC 500 est clairement soulignée par de nombreux détails : le petit levier de vitesse sur la console centrale, les palettes en magnésium derrière le magnifique volant, la vue prometteuse sur le compte-tour digital…

Sportif aussi dessous

Car si les atours extérieurs sont très suggestifs il faut quand même jeter un œil sous la carrosserie pour être définitivement convaincu qu’il s’agit bien d’une voiture de sport. Et chez Lexus on a particulièrement travaillé sur la répartition des masses (affichant un ratio presque idéal, mais pas totalement, de 52/48) et le châssis. Ce dernier nous est présenté comme un modèle du genre notamment en termes de rigidité puisque la marque annonce que c’est tout simplement le plus rigide jamais réalisé en son sein. Cette prouesse a été rendue possible grâce à l’utilisation des matériaux les plus nobles du moment : aluminium, fibre de carbone, matériaux composites ou aciers haute résistance. Néanmoins, et c’est assez surprenant, le poids total de la bête ne fait pas partie des informations communiquées.

L’ensemble est en tout cas mû via les roues arrière par un bloc bien connu, le V8 atmosphérique de 5 litres de cylindrée déjà présent sous les capots de la RC-F et de la GS-F, qui délivre 473 ch à 7 100 tr/mn et dispose d’un généreux couple de 527 Nm. Totalement inédite par contre est la boîte de vitesse qui lui est associée, une boîte automatique (il ne s’agit pas d’un système à double embrayage) qui affiche pour la première fois 10 rapports (rendez-vous en 2030, je vous parlerai alors de la toute dernière production de chez XXX équipée d’une boîte à 37 rapports… bon en même temps les boîtes CVT existent déjà…). En théorie toujours sur le rapport optimal la voiture revendique ainsi un 0 à 96,56 km/h (0 à 60 mph) en moins de 4,5 secondes et une vitesse de pointe annoncée par certains à (seulement) 260 km/h (l’hypothèse d’une bride électronique est probable). Pas mal, mais on espère quand même qu’une version plus musclée (une LC-F qui pourrait dignement succéder à la LFA ?) fera son apparition plus tard car, en l’état, cette LC 500 ne se démarque pas assez de la RC-F au niveau performances… Autre point à signaler pour conclure, bien que ce soit l’un des fers de lance de la marque japonaise ainsi qu’une caractéristique du concept initial, aucune information sur une éventuelle motorisation hybride n’a pour le moment été annoncée.

001 Lexus LC500 NAIAS 2016

En attendant il faudra se montrer patient pour voir cette merveille dans la rue puisque sa commercialisation n’est a priori pas attendue avant le printemps 2017, on a hâte…

Via Lexus.
Crédit photos : Lexus, Eric E.