Le Nouvel Automobiliste
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Mondial de Paris 2016 : Rencontre avec l’Opel Karl Rocks et son designer Quentin Huber

Retenez bien ce nom ! Il y a toutes les chances qu’à l’avenir vous le rencontriez à nouveau au détour de la présentation d’un véhicule. Quentin Huber est un jeune designer (assistant chief pour être précis) de chez Opel et cette année 2016 a vu ses esquisses prendre pour la première fois la forme de réalisations concrètes. Le style extérieur du nouveau Zafira essayé en juin dernier, c’est lui. La Karl Rocks, déclinaison baroudeuse de la petite citadine dévoilée à Paris au Mondial 2016, c’est encore lui. Et dans très peu de temps ce sera encore lui, mais chuuut ! En attendant, nous l’avons croisé sur place et il a accepté de nous parler de son bébé.mondial_paris2016_theautomobilist_opel_karl_rocks_17

La Karl Rocks est, avec le Zafira restylé et surtout l’Ampera-e, l’une des nouveautés présentées par Opel sur son stand du Mondial de Paris 2016. Ce n’est sans doute pas la plus spectaculaire mais la petite citadine simple et accessible de la marque au blitz, qui rencontre un succès indéniable, bénéficie désormais d’une finition plus fun et plus aguicheuse susceptible de lui ouvrir une clientèle plus large qui cherche à la fois un véhicule au look sympa et au coût raisonnable.

Ce fut la base de travail. Réaliser une Karl Rocks qui serait plus pimpante et un peu plus démonstrative que la Karl de base mais en conservant une offre tarifaire attractive et une certaine simplicité dans son esprit. Ce qui suppose un cahier des charges et des contraintes économiques relativement serrées. Le tout en tenant compte du fait qu’il n’était pas non plus question pour cette Karl de venir faire de l’ombre à l’Adam Rocks qui représente une proposition positionnée plus haut de gamme. Pour le designer c’est un défi de taille car naturellement, entre ce dont on rêve et ce qui sera finalement accepté il y a une marge. Cela suppose en permanence d’intégrer deux éléments dans son travail : réfléchir au maximum à la réutilisation de pièces déjà existantes et faire des choix de design intelligents et malins.mondial_paris2016_theautomobilist_opel_karl_rocks_14Pour le style le choix était clair : la Karl Rocks devait adopter un look de baroudeuse très à la mode en ce moment. Les incontournables passages de roue en plastique noir et autres sabots de protection sont donc de la partie. Sur ces derniers on retrouve toutefois un traitement qu’on a cherché à rendre original et soigné en le réalisant en trois parties : pare-choc noir, partie métallisée et sabot. Croit-on ! C’est en effet un leurre puisque la partie en plastique noir et le sabot qui entourent la pièce d’aspect métallisé ne sont en fait qu’une seule et même pièce. L’illusion est réussie, le design en profite.

L’aspect de l’avant est celui qui a le plus évolué. Il a été retravaillé pour lui donner un maximum de verticalité mais aussi de largeur. Pas évident puisque la voiture à la base est plutôt, à l’inverse, haute et étroite. Quentin a redessiné la partie basse du pare-choc en profondeur. Les parties peintes qui descendent en forme de crocs ou d’ailerons se sont donc affinées et verticalisées afin d’élargir visuellement l’ensemble et de lui conférer un look un peu plus viril. La « gueule » noire qui apparait en dessous est ainsi plus béante. Dans le même temps les projecteurs additionnels ont été profondément modifiés dans leur forme et surtout rejetés le plus loin possible du centre, là encore dans le but d’élargir la calandre au maximum. Les parties traitées en plastiques noirs ne sont pour autant pas restées basiques et de nombreux petits éléments pas forcement tous visibles au premier coup d’œil mais qui portent tous la « patte du designer » viennent animer cette face avant comme les reliefs sur le côté des projecteurs ou encore les volumes donnés aux ailettes de la grille de calandre inférieure.

Tiens, mais ces optiques rondes n’ont-elles pas un air de déjà vu ? Oh bien entendu beaucoup de véhicule utilisent des anti-brouillard de cette forme mais ici effectivement il s’agit bien d’un élément repris sur un autre voiture dumondial_paris2016_theautomobilist_opel_karl_rocks_15 groupe, sœur technique de cette Karl : la Chevrolet Spark. Un challenge supplémentaire pour le dessinateur de la voiture car le « carry-over » c’est-à-dire le portage d’éléments complet d’un véhicule à l’autre était une volonté de la marque pour la conception de cette Rocks dans une optique de rationalisation et de simplification au moment de la production.

C’est en particulier le cas à l’arrière puisque la Karl Rocks fait complètement peau-neuve en troquant le hayon de sa déclinaison classique pour celui de sa cousine américaine. On change de logo, ici réalisé avec un intérieur noir, et on retravaille le pare-choc traité de manière brute. On regrettera qu’il le soit intégralement et qu’il remonte aussi haut mais toutes les batailles du designers ne se soldent pas par des victoires, comme en témoigne le choix de ne pas traiter les montants de porte en noir sur la version de série… et contrairement au modèle que vous pourrez découvrir à la porte de Versailles durant le salon. Qu’importe, l’arrière se retrouve lui aussi fortement relooké et assez dynamique grâce à ce bas de caisse qui intègre en plus un extracteur.

Au final cette petite Karl en version Rocks s’avère bien sympathique et Quentin en est satisfait car il a su y imposer nombre de ses choix. De plus, voir son travail passer de la palette à la rue reste l’objectif de tout designer. Et, nous le redisons, il y aura sans doute pour lui beaucoup d’autres occasions de se réjouir à l’avenir. De notre côté nous suivrons avec attention et intérêt son travail.

Crédit photo : Eddy P. – The Automobilist