Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Le Renault Alaskan croisé à Paris… en version essence !

C’est une rencontre peu commune que nous avons faite, par une belle nuit parisienne. Tout d’abord parce que c’est une nouveauté. Le Renault Alaskan ne sera commercialisé dans nos contrées qu’à la rentrée, et pourtant un exemplaire était bien garé un soir récent, à Paris. Ensuite parce que la version même de cet Alaskan surprend : SCe 170… Cela annonce-t-il une version essence ? Après le Diesel surpris en Espagne, tout le porterait à croire mais attention aux conjectures rapides !

Un pick-up d’origine sud-américaine

Produit à l’usine Renault de Santa Isabel en Argentine, le Renault Alaskan a été présenté en Colombie en 2016 et commercialisé d’abord en Amérique du Sud. Cela signe la stratégie mondiale de Renault, à savoir produire localement ce dont les clients ont besoin. Et, éventuellement, exporter à l’échelle mondiale s’il y a un intérêt. Ce fut le cas dès la Logan de Dacia, ça l’est encore avec le Koleos II. L’Europe est, pour son gros SUV comme pour cet Alaskan, un marché non-prioritaire. Le Losange peut ainsi rentabiliser son développement en augmentant les volumes, et peut occuper un segment de marché sans concevoir de modèle spécifique.

L’origine sud-américaine de notre Alaskan du soir se signe d’abord à ses pneus : des enveloppes Maxxis Bravo 750, dans une taille originale 255 70/R16. La marque et la taille sont peu communes en Europe, d’autant que l’entreprise Maxxis est un partenaire plus proche de Nissan que de Renault. On trouve là une conséquence directe des origines de l’Alaskan, conçu en symbiose avec le Navara NP300.

On remarquera les roues tôles, proches de celles de son cousin le Mercedes Classe X, propres à cette version proche du milieu de gamme.

Un moteur 2,5 SCe 170

Un bloc essence atmosphérique dans un utilitaire, cela fait belle lurette qu’on n’en avait plus vu ! Et d’ailleurs, tout porte à croire… qu’on ne le verra pas souvent sous le capot de l’Alaskan européen, qui devrait plus certainement être équipe du Diesel 2,3 dCi, entre 135 et 190 ch. Ce dernier niveau de puissance était d’ailleurs celui du concept show-truck exposé l’an passé aux Invalides.

L’essence, c’est un bloc réservé là-encore à l’Amérique Latine, en cylindrée 2,5 de 170 ch, comme l’indique le monogramme SCe 170. Pour rappel, les initiales SCe signent les moteurs atmo de Renault, pour Smart Control efficiency, à l’inverse de TCe pour Turbo Control efficiency.

Adaptation aux marchés ciblés

Pour être au plus proche du marché européen, l’Alaskan profitera aussi d’un assemblage en Europe. Ce sera dans l’usine espagnole de Barcelone, chez Nissan. Ainsi, le sourcing sera plus proche et plus efficace, d’autant que le modèle sera légèrement différent. La base, en revanche, sera similaire, notamment les optiques, l’habitacle, la benne, et les éléments de carrosserie. Certains matériaux varieront, d’autant que l’Alaskan a d’ores et déjà été présenté avec un kit au Salon de Genève.

La commercialisation de l’Alaskan sera effective d’ici la fin d’année 2017 en France. Il risque de faire mal à un marché jamais abordé par le Losange jusqu’à présent. Et s’il fut chasse gardée des japonais durant des décennies, les européens y viennent. Ainsi, Fiat propose depuis peu un Fullback sur base de Mitsubishi L200, et Peugeot a promis d’y venir prochainement également.

Quant à cet Alaskan essence, discrète curiosité des rues parisiennes, peut-être anticipe-t-il une future offre essence, pour échapper aux bannissements du Diesel ? Cette probabilité est minime mais, après tout, l’on ne sait jamais totalement ce qu’une pré-série peut cacher…

Crédit photos : The Automobilist