Le Nouvel Automobiliste
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Le Pavillon 1 du Mondial de l’Automobile vu de nuit

Le Mondial de l’Automobile de Paris 2016 fut contrasté. Absence de certains constructeurs majeurs comme Ford, Volvo ou Mazda, manque de nouveautés, et pourtant des prises commandes intéressantes chez le trio français et une fréquentation qui se maintient au-dessus du million de visiteurs. Et si l’on a déjà beaucoup montré et dit sur ce salon, il restait une visite à faire, interdite au public : la découverte du Mondial 2016 de nuit.

Qui n’a jamais rêvé d’être une petite souris dans un endroit interdit ? De rester après la fermeture ? De découvrir l’envers du décor, encore plus si ce dernier est éphémère ? Si certains le font chez Ikea, nous avons pu le faire un soir d’octobre à la Porte de Versailles, au Mondial de l’Automobile de Paris.

Y rester, c’est voir un Mondial inconnu, sauf peut-être du personnel du Salon et des constructeurs qui arrivent avant l’ouverture et le quittent une fois les derniers visiteurs partis. Un Mondial sans personne, hormis les préposés à la remise en état des voitures. Un Mondial sans bruit, excepté celui des aspirateurs. Un Mondial endormi, où chaque stand, chaque modèle, chaque lieu a revêtu une bâche, un voile, un rideau comme autant de pudeur avant l’exhibition publique renouvelée au quotidien.

Les minutes s’égrènent, le temps s’écoule, mais rien ne change. Chez DS, l’animation autour du concept E-Tense continue, tandis que la voiture n’est pas encore complètement emmitouflée. Idem chez Alfa Romeo, où les écrans projettent toujours leurs paysages mouvants face à des modèles endormis depuis le passage du marchand de sable. Le confort de Citroën semble aussi valoir pour la qualité du repos des combattantes.

Chez Peugeot, les balayeurs finissent leur tournée. Une petite réparation électrique, un néon a dû sauter. Et déjà l’on est prêt pour le lendemain dans la ménagerie tenue fièrement par le Lion sochalien.

Que dire de l’accueil des étrangers ? Au Mondial en tout cas, chacun est logé à son enseigne et qu’il soit japonais, italien ou même américain avec Tesla, tous ont droit au repos des guerriers, d’un bataille sans cesse renouvelée : la conquête du client.

Seul lieu où l’activité règne encore, un peu : Renault. Faut-il y voir une conséquence au nombre important de modèles exposés par le Losange ? L’acharnement des équipes à vouloir tout mettre en ordre ? Ou leur retard ? En tout cas, les voitures finissent de s’y faire bichonner, toutes diodes allumées, narguant pour quelques instants encore leurs collègues aux yeux clos tombés.

Vient enfin la fermeture, la vraie. Sous le crissement du talkie-walkie, les hommes de la sécurité indiquent aux dernières personnes présentes que le Pavillon 1 va, cette fois pour de bon, fermer ses portes jusqu’au lendemain. On quitte une obscurité nouvelle pour gagner celle de l’extérieur, et pourtant, même si l’on connaît les allées, les voitures et les stands, l’on ne peut s’empêcher de penser que le Mondial de l’Automobile a plusieurs visages. Mais ce polymorphe éphémère est parti dans les bras de Morphée. Il se repose, avant le fracas de la réouverture,

Texte et photos : François M. – The Automobilist