Le Nouvel Automobiliste
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Le Groupe PSA présente le plan PACE! : à Opel d’emboîter le pas !

Le plan PACE! est dévoilé ce matin par le P-DG des marques Opel et Vauxhall Michael Lohscheller. Ce plan vise naturellement le redressement des marques Opel et Vauxhall dont le rachat par PSA a été acté au printemps. A quelques semaines du versement par PSA de 650 millions d’Euros à General Motors, le plan vise à permettre aux marques allemande et anglaise de retrouver le chemin de la rentabilité. En effet, l’ancienne antenne européenne de l’américain n’a pas connu de bénéfices depuis le début du millénaire. 

Ni licenciements, ni fermetures

Certains avaient spéculé sur de possibles licenciements ou des coupes franches dans la gamme. Finalement le plan annoncé comme émanant de Rüsselsheim porte l’empreinte PSA puisqu’il vise à un retour à une marge opérationnelle positive de 2% seulement pour 2020, sans licenciements (départs contraints) ni fermeture d’usine (autant que possible si on lit entre les lignes). Il y a fort à parier qu’au moment des négociations, les échanges entre les pouvoirs publics et la direction de PSA ont porté sur le maintien de l’emploi. Le dossier de presse est plutôt clair sur l’emploi donc, et Opel comme Vauxhall vont faire l’objet de plans de départs volontaires. PSA a recours à ce type de stratégie depuis près de 10 ans maintenant, autant dire que la maison-mère est rodée en la matière.

Michael Lohscheller, P-DG Opel et Vauxhall

Le redressement financier repose sur deux axes principaux. D’une part, la baisse des coûts avec certainement des restrictions budgétaires importantes comme c’est déjà le cas dans le reste du Groupe en allant d’économies d’échelles jusqu’à la limitation des déplacements et le comptage des fournitures de bureau. L’objectif de baisse des coûts est de 700€ par véhicule produit et un point mort établi à 800 000 véhicules par an.

Adoption des technologies PSA

D’autre part, l’une des pistes évoquées est de passer par une simplification des véhicules. Il faut donc comprendre que le carry over sera la politique de développement. D’ici 2024, l’ensemble des gammes Opel et Vauxhall reposera sur les 2 plateformes PSA (CMP et EMP2), contre 9 plateformes GM, Renault, et Fiat actuellement, avec des véhicules qui seront conçus par le centre de R&D de Rüsselsheim. Il est également attendu qu’Opel adopte les groupes motopropulseurs de PSA avec, très certainement, plus d’hybridations des EB0, EB2 et EP6 (les blocs essence PureTech et THP) ainsi que le déploiement du Diesel DV5. Le Grandland X hybride rechargeable est déjà annoncé pour 2020.

Le centre de R&D allemand est désormais en charge des électrifications et des développements autour de la pile à combustible et des technologies d’assistance à la conduite ainsi que de la conduite autonome (souvent résumées sous l’acronyme ADAS). Les synergies attendues sont de 1,1 milliard d’euros d’ici 2020, soit peu ou prou le montant consenti par PSA pour l’acquisition des deux anciennes marques de General Motors. L’objectif de rentabilité est porté à 6% pour 2026, avec des synergies atteignant 1,7 milliard à cette échéance. D’ici 2024, l’ensemble des gammes Opel et Vauxhall reposeront sur des plateformes PSA, y compris les utilitaires. Le patron allemand cite notamment le projet K9 (Berlingo et Partner) dont le nouvel Opel Combo sera dérivé. D’autres développements auront certainement lieu pour les futurs Opel Movano et Vivaro, aujourd’hui partagés avec Renault.

Déploiement dans plus de 20 pays

Le communiqué de presse fait également la part belle à l’approche allemande et évoque la qualité et l’excellence. Ce sont surtout les images des marques Opel et Vauxhall qu’il faut aujourd’hui redresser. La remise à plat des comptes et l’austérité budgétaires sont nécessaires. Mais les ventes et les gammes vont devoir rapidement séduire, particulièrement dans un contexte de mondialisation des modèles. PSA souhaite déployer Opel et Vauxhall dans plus de 20 pays, on pense éventuellement à l’Amérique du Nord où les déclinaisons Buick et Chevrolet des Astra, Mokka et Insignia sont déjà commercialisées, à moins qu’un accord avec GM ne vienne gêner la démarche. En attendant, le vocable PSA revient une fois de plus car la stratégie vise à « renforcer le pricing power des marques Opel/Vauxhall et de réduire l’écart de quatre points par rapport à la concurrence de référence ». Ces termes et expressions sont typiques du Groupe depuis l’arrivée de Carlos Tavares.

Et maintenant, PACE!

Le ton est donné, il faut maintenant que Opel et Vauxhall se mettent au travail pour changer de régime entre ratio financiers et plateformes françaises. PACE! n’oublie rien : il évoque les gammes, l’emploi, la technologie, les synergies, le financement (plus d’offres de leasing émanant des services financiers d’Opel et de Vauxhall) et même l’éventualité d’un retournement de marché puisque Michael Lohscheller évoque un plan qui doit protéger des « vents contraires ». Il faut effectivement souhaiter que le souffle ne change pas de sens lors du redressement car PSA est encore un groupe convalescent et financièrement fragile, très dépendant de l’Europe et avec des difficultés qui persistent en Chine.