Le Nouvel Automobiliste
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L’Allemagne devrait interdire les voitures thermiques neuves en 2030

Il ne fera pas bon être une voiture à moteur essence, gazole ou même GPL dans les prochaines décennies ! Selon les négociations politiques en cours, l’Allemagne prévoit de bannir les voitures thermiques en 2030.

La Norvège, ce pourrait être pour 2025. Les Pays-Bas, idem. Et en Allemagne, ce serait en 2030. Bref, dans quinze ans, trois pays européens devraient avoir interdit la commercialisation de voitures à moteurs à combustion, et si l’on savait la Norvège en pointe sur le VE et les Pays-Bas en lutte contre le CO2 (avec des barèmes de malus très élevés à l’achat), l’Allemagne c’est plus inattendu ! Le pays commence tout juste à s’habituer aux VE (c’est l’un des derniers à s’être mis aux aides à l’achat, seulement en 2016) et l’automobile y est extrêmement importante dans la société.

Seulement voilà, la COP21 a eu lieu, les enjeux sur la limitation du réchauffement climatique, l’indépendance énergétique et la santé sont énormes, et à la rencontre de ceux-ci se trouvent l’automobile : à la fois pour lutter contre le déficit commercial côté pétrole (sauf pour la Norvège, pays producteur), contre les émissions de particules sont cancérigènes certains (pour les moteurs non « fappés »), et contre une partie du gaz à effet de serre émis dans les pays développés (aux côtés de l’industrie et du chauffage notamment). Treize Etats se sont unis dans l’Alliance internationale des Véhicules Zéro emission (la ZEV Alliance) : 9 nord-américains, et 4 européens. Surprise, parmi eux, la Norvège, les Pays-Bas, et l’Allemagne. Une Alliance qui a pour but que 100 % de la circulation automobile soit réalisée par des véhicules électriques en 2050.

Le bannissement des véhicules thermiques concernerait l’ensemble des véhicules neufs vendus en concessions. Le marché de l’occasion et de la revente seraient préservés. D’ici là, on espère que les groupes automobiles allemands auront su convertir leurs gammes : Mercedes promet de créer un label dédié aux VE sans Tesla, BMW revoit toute sa stratégie « i », Opel profitera sûrement des avancées de GM notamment avec la Bolt, tandis que le groupe Volkswagen devrait profiter du Diesel Gate pour verdir l’ensemble de sa gamme -la construction d’une usine de batteries est envisagée. L’objectif est de taille : réduire au niveau fédéral 90 % des émissions de CO2 d’ici 2050 dans tous les secteurs économiques.

Pour autant, 2030, c’est demain ou presque, soit à compter d’aujourd’hui, deux générations à peine de véhicules. Quand on sait le temps que prennent certains éléments à être développés, cela paraît difficile que l’ensemble des modèles vendus dans le pays passent à l’hybride, au tout-électrique voire à d’autres alimentations (hydrogène). De même que la chaîne industrielle est à réinventer aussi hors de l’automobile : production d’électricité (face à l’intermittence des énergies renouvelables), stockage de l’énergie, et recyclage des véhicules, sans oublier les modifications sociales inhérentes à cette révolution (baisse des emplois dans la pétrochimie etc.)…

Alors, après l’Allemagne, qui ? Ce pourrait être le quatrième larron européen de la ZEV Alliance : la Grande-Bretagne. Encore un défi de lobbying pour les constructeurs automobiles, déjà aux prises avec les éventuelles conséquences d’un Brexit. Et en France ? On peut compter sur certains personnels politiques pour s’emparer de « l’exemple allemand » ou de « l’ambition des nos voisins européens » pour justifier une argumentation similaire, dans une année pré-électorale.

Via Bloomberg