Le Nouvel Automobiliste
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La Norvège prête à bannir les voitures thermiques en 2025 ?

C’est le quotidien britannique The Independent qui rapporte l’affaire : un consensus politique en Norvège pourrait aboutir à l’interdiction des véhicules roulant aux énergies fossiles d’ici 2025. Un paradoxe pour ce pays pétrolier, mais qui s’inscrit dans une politique volontariste de soutien aux énergies renouvelables.

La Norvège est l’un des pays les plus électrophiles et pro-VE qui soit : dès les années 90, une large palette d’incitations est ouverte, allant de la circulation sur voies de bus, la gratuité des parkings ou des péages urbains, l’installation en nombre de bornes de recharge, et bien-sûr des aides à l’achat. Avec elles, l’achat d’une VW e-Golf est plus accessible que celui d’une Golf thermique (respectivement 33 200 € contre 37 600 € d’après nos amis de Breezcar). En outre, la voiture électrique ne souffre depuis 1990 d’aucune TVA ni d’autre taxe sur les émissions polluantes. Avec de telles prédispositions, le marché norvégien affichait en 2014 des ventes de voitures neuves à 12,5 % en électrique, soit 18 000 immatriculations, ou un tiers des ventes de modèles électriques en Europe. Depuis 2015, le parc total dépasse les 50 000 unités. Face à un tel succès, la Norvège envisage de réduire les aides : conservées à leur niveau actuel jusqu’en 2017, elles diminueront en partie au 1er janvier 2018 (paiement de la moitié des frais d’immatriculation pour VE et Hybride rechargeables) puis totalement en 2020. Le Royaume espère alors que 200 000 voitures électriques ou électrifiées circuleront alors sur place.

Et après ? Un nouveau pas pourrait être engagé, cette fois non en soutien à l’électrique mais contre le thermique. Les quatre partis politiques les plus importants du Royaume de Norvège envisagent en effet d’interdire les ventes de véhicules essence et Diesel dans le pays dès 2020, pour que d’ici 2025 le parc roulant soit totalement à énergie renouvelable. Le Plan national de transport indique en effet vouloir supprimer toute émission de CO2 automobile à cette échéance, d’ici neuf ans donc. Le débat est en cours côté politique, mais ne devrait pas aboutir dans l’immédiat à une décision formelle : reste que la tendance est installée ! Pour le quotidien local Dagens Naeringsliv, un accord serait déjà conclu entre les partis politiques majeurs du pays, bien que cette information fut démentie par l’un d’entre eux le FrP (tendance conservatrice et libérale).

Pour rappel, derrière cette façade électrico-convaincue, le Royaume de Norvège est l’un des principaux pays exportateurs d’hydrocarbures dans le monde, mais fait face à un déclin de sa production. En 2014, il était le 15eme producteur mondial de pétrole avec une production de 1,89 million de barils/jour, grâce à des gisements offshore en mer du Nord et mer de Barents. Commencée dans les années 70, cette production représente près de 30 % des recettes nationales, pour près de 50 % des exportations et 20 % du PIB de Norvège.

Source : The Independent
Illustrations : Breezcar et Dessous des cartes – Arte