Le Nouvel Automobiliste
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La NanoCar Race ou les 24 h du Mans de l’infiniment petit

Il sera bien difficile de suivre la course dans les tribunes, et pas beaucoup plus aisé de la vivre dans son canapé mais la NanoCar Race (dont nous vous avions déjà parlé il y a un an de cela) ne devrait pour autant pas manquer d’intérêt compte tenu de son caractère vraiment unique et surtout de sa technologie ultra pointue qui renvoie celle du monde de la Formule 1 à la taille du silex…C’est à Toulouse dans les locaux du CEMES (Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales) et sous la houlette du CNRS que sera donné ce matin même, dès 10h45, le départ de cette course incroyable. Incroyable avant tout par sa taille mais, pour une fois, dans le sens inverse de ce que nous avons l’habitude d’imaginer. Il ne s’agit pas ici de faire les choses en grand mais bien au contraire en petit. En très petit même puisque comme son nom l’indique la NanoCar Race se jouera à l’échelle du nanomètre soit un milliardième de mètre. Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas bien grand…

Difficile naturellement de concevoir précisément la taille d’un objet lorsqu’on glisse dans les mondes de l’infiniment grand ou, comme ici, dans celui de l’infiniment petit, aussi le CNRS nous donne-t-il des échelles de valeur pour nous remettre les idées en place. Un nanomètre c’est :

  • 500 000 fois plus fin que l’épaisseur du trait de stylo à bille
  • 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu
  • 100 fois plus petit que la molécule d’ADN
  • 4 atomes de silicium mis l’un à côté de l’autre.

Une échelle qui nous plonge donc dans un monde pratiquement inconnu et qu’il n’est pas facile par ailleurs d’observer. Pourtant la NanoCar Race aura elle aussi ses caméras et elles sont un peu particulières puisqu’elles permettront à la fois de regarder la course mais aussi… de faire avancer les véhicules. En effet pour observer la matière à cette échelle il faut des microscopes particulièrement puissants, en l’occurrence il s’agit de microscopes dits « à effet tunnel » faisant appel à des logiques de mécanique quantique. Équipés d’une pointe véhiculant un courant électrique ils sont aussi les instruments qui seront utilisés pour faire progresser les véhicules des concurrents.

Le CEMES a réalisé à Toulouse un microscope de ce type unique en son genre équivalent à quatre microscopes ce qui permettra de réaliser une course avec quatre nano voitures en même temps sur une piste en or cristallin et dans des conditions climatiques extrêmes de – 268 ° Celsius sous ultra-vide. Les écuries étant au nombre de 6, un système d’essais et de qualifications a également été mis au point. Le parcours fait près de 100 nanomètres, comporte des virages et la course durera un maximum de 38 h ce qui la place donc dans la catégorie endurance.

Les véhicules sont, fort logiquement à l’échelle de la course à réaliser c’est-à-dire incroyablement petits. Comprises entre 1 et 3 nanomètres, les voitures de la compétition ont des formes surprenantes mais l’assemblage des quelques molécules qui les composent finissent à peu près toutes par donner une forme proche d’un véhicule… enfin presque. Les 6 équipes représentées sont très internationales comme il se doit pour une compétition de ce type et, vous le constatez, sont également sponsorisées pour certaines d’entre elles par de véritables constructeurs automobiles comme Volkswagen, Toyota ou PSA. Preuve s’il en fallait que nous sommes bien dans le sport auto !Bonne chance donc à tous les concurrents et pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur cette course très pointue vous trouverez ici toute la réglementation (très poussée elle aussi) de cet incroyable défi nano-scientifique dont les retombées pratiques principales pourrait concerner notamment la médecine.

Drivers, start your engines !

Pour suivre la course en direct c’est par ici :

https://youtu.be/fKiyj1TpSeU

Via CEMES-CNRS