Le Nouvel Automobiliste
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Jeu Vidéo : notre test de F1 2017

Tous les ans, c’est un rituel, la nouvelle cuvée fait son apparition. Le Beaujolais nouveau ? Non, le jeu vidéo consacré à la saison de Formule 1 en cours ! Prenons donc les commandes de F1 2017 qui vient tout juste de sortir afin de vérifier s’il s’agit d’un bon millésime.

Si FIFA, l’incontournable jeu destiné aux fans du ballon rond, revient tous les ans pour une nouvelle édition, la série des « F1 » en fait de même en cette fin de mois d’août pour une 9ème saison d’affilée sous l’égide de Codemasters (également éditeur de DIRT 4) qui a repris le flambeau de la saga en 2009 en remplacement de Sony et EA qui se sont partagé la licence de la formule un virtuelle au cours des années.

Comme tous ses prédécesseurs, F1 2017 inclut les nouveautés de la saison en cours pour proposer aux pilotes de salon l’expérience la plus authentique et la plus réaliste possible de la discipline reine du sport auto.

On retrouve ainsi toutes les monoplaces 2017 fidèlement modélisées, de même que les pilotes et les chefs d’écuries qui ont eux aussi droit à leur double numérique, ainsi que le nouveau règlement technique rendant notamment les voitures beaucoup plus rapides que par le passé.

On pourrait alors penser que d’année en année, l’éditeur ne ferait que mettre à jour les caractéristiques techniques des monoplaces et de s’adapter aux différents transferts de pilotes, mais il n’en n’est rien car F1 2017 propose d’autres nouveautés plutôt intéressantes que nous allons vous faire découvrir tout au long de ce test.

Parlons tout d’abord du mode de jeu principal qui occupera les joueurs durant de très longues heures, la traditionnelle carrière.

Un contrat en or

Lors du lancement du mode carrière, la première étape consistera a créer votre avatar en choisissant parmi plusieurs visages (hommes ou femmes, pas de discrimination ici !), de nombreux modèles de casques, ainsi que votre numéro de course. Une fois votre pilote créé, place au choix crucial de l’écurie pour laquelle vous allez courir.

En effet, il est possible dès le début du jeu d’évoluer chez Mercedes ou Ferrari, on n’est en aucun cas obligé de passer par la case écurie de bas de tableau pour ensuite devoir gravir les échelons et évoluer dans la hiérarchie. Chacun pourra donc commencer sa carrière où il le souhaite, sachant que les objectifs ne seront évidemment pas les mêmes si vous choisissez la Scuderia ou les ténèbres profonds de McLaren Honda. Chez Ferrari, votre objectif sera de remporter le titre, rien que ça, alors que chez McLaren il sera plus modestement « d’obtenir des gains de performance ». C’est à vous de voir !

Une fois l’écurie choisie, vous définissez le déroulement des weekends de course que vous souhaitez : durée des essais libres, des qualifications, nombre de tours en course ou encore difficulté globale du jeu. Les plus téméraires choisiront la carrière pro, qui propose un timing identique à ce qui se passe en réalité, avec des qualifications en 3 manches et des courses avec la totalité des tours (soit entre 1h30 et 2h par Grand Prix, hors essais et qualifs !). De quoi y passer un certain temps avant de terminer une saison complète. Mais rassurez vous, il est également possible d’opter pour un format beaucoup plus court, avec par exemple des qualifications en 1 tour et des GPs de 5 tours. De quoi personnaliser l’expérience de jeu à sa guise.

C’est parti pour la course !

Alors, oui, mais non. Car on ne se lance pas en plein Grand Prix comme ça, sans rien avoir à faire d’autre ! Lors de la première manche de la saison en Australie, vous rencontrerez tout d’abord votre manager et différents membres de l’équipe qui vous expliqueront le déroulement des weekends et vos objectifs à atteindre pour garder votre réputation au plus haut.

Une fois le ton donné, vous pourrez ensuite passer au pilotage, mais toujours pas à la course en elle-même puisqu’il faudra vous adonner au préalable aux 3 séances d’essais libres, qui vous permettront de vous familiariser avec le circuit mais pas seulement.

Ces essais sont tout sauf inutiles, puisqu’il vont vous proposer un certain nombre de défis à réaliser pour gagner des points de ressource, indispensables par la suite pour faire évoluer votre monoplace au fil de la saison. Au programme, 5 thématiques : la reconnaissance du circuit, la gestion du carburant et des pneus, l’établissement de la  stratégie de course et le sprint. Chacun des items vous indiquera des performances à réaliser pour valider  vos acquis et ainsi récolter les fameux points de ressources. Pour ce qui est de la gestion du carburant par exemple, il vous sera demandé de terminer une série de tours dans un temps imparti mais en ne consommant pas plus d’essence qu’indiqué. Pour ce qui est des pneumatiques, même principe, un temps à respecter mais sans trop « taper » dans les gommes. De quoi vous impliquer vraiment dans les weekends de course et ainsi renforcer le sentiment d’immersion.

Une fois les essais terminés (un temps total est alloué, mais il est possible de faire « avance rapide » si vous le souhaitez), vous enchainerez sur la séance de qualification puis sur la course, et ainsi de suite de weekend en weekend sur les 20 manches que comporte la saison.

Évolutions et développement

Entre chaque Grand Prix, vous pourrez faire évoluer votre auto grâce à vos points via « l’arbre R&D », qui parait plus compliqué qu’une usine à gaz au premier abord mais qui devient vite compréhensible : 4 domaines d’évolution (aéro, châssis, moteur et fiabilité), des pièces ou évolutions mineures et majeures à choisir parmi une immense liste, et du travail à donner aux ingénieurs pour recevoir les nouveautés dans les temps, sachant qu’il faudra parfois plusieurs courses avant de pouvoir en bénéficier. Si vous ne savez pas trop où donner de la tête, pas de panique, il est possible d’afficher les évolutions recommandées.

Ces mises à jour de votre monoplace ne seront pas à négliger car vos adversaires virtuels vont eux aussi faire évoluer leurs F1 au fil de la saison, donc pour rester dans le coup il vaudrait mieux en faire de même. Le tout sans miser tous ses jetons sur la performance pure, car comme « en vrai » la fiabilité jouera une place importante. En effet, les mêmes règles et pénalités sont appliquées dans le jeu : changer votre boite de vitesse vous coutera 5 places de pénalité sur la grille si vous ne tenez pas 6 courses avec, et vous pourrez écoper de 10 places si vous ne vous en tenez pas à votre quota de 4 blocs moteurs alloués pour la saison complète. Il vous faudra donc être vigilants quant à l’usure des différents composants de la chaine de traction afin de les remplacer au bon moment pour éviter les déboires mécaniques en piste où les pénalités infligées à l’issue des qualifs. Et pour ce qui est des problèmes mécaniques, même en faisant très attention il ne sera pas rare de voir un soucis apparaitre en pleine course, comme la perte d’un rapport de boite par exemple, de quoi rajouter un peu de piment à la compétition ! Attention à la panne d’essence dans les derniers virages, c’est aussi très cruel… (vécu et désapprouvé). Sur les courses de 25% de la distance totale d’un vrai GP, les arrêts aux stands prendront toute leur importance, avec des types de gommes à choisir finement en fonction de la stratégie de course ou de la météo gérée dynamiquement. Concernant les arrêts aux stands justement, vous devrez vous-même activer le limiteur de vitesse avant de pénétrer dans la pitlane (en fonction de la difficulté choisie), et attention à l’activer au bon moment car les pénalités ne sont jamais bien loin.

Vous l’aurez compris, la durée de vie du titre est plus que conséquente, d’autant que Codemasters ne s’est pas arrêté au seul mode carrière !

Un fort contenu

Outre la carrière, qui vous occupera quelques dizaines d’heures avant d’en voir le bout (qui n’en est pas vraiment un puisque vous pouvez enchaîner les saisons consécutives, en changeant d’équipe par exemple), d’autres modes de jeu sont également présents afin d’étendre encore plus la durée de vie ce ce F1 2017 fort complet.

La nouveauté majeure consiste en l’apparition (ou ré-apparition, puisque déjà présentes dans l’édition 2013) des F1 anciennes. Il est ainsi possible de réaliser des courses ou des championnats complets à bord d’anciennes gloires de la discipline, allant de  la McLaren MP4/4 de 1988 jusqu’à la RedBull RB6 de 2010. De quoi profiter des joies des V8, V10 ou V12 qui hurlent et qui feront vite oublier le son fade des V6 turbo actuels !

Différents défis à bord de ces autos sont proposés, comme des séries de dépassements à réaliser ou des courses sprint à grille de départ inversée.

On note aussi la présence du mode Contre la montre, permettant de mesurer ses chronos face aux joueurs du monde entier, du mode multijoueur en ligne pour faire la course contre ces mêmes adversaires réels, un mode grand prix seul, où il est possible de choisir n’importe quelle voiture pour se lancer directement en course ou dans un mini championnat que l’on crée à sa guise, ou encore des épreuves mises en ligne par Codemasters régulièrement  sous forme de mini défis (par exemple, commencer une course en tête, réaliser un pitstop juste avant la pluie et devoir terminer en tête)… Bref, de longues heures de pilotage bonus en perspective !

Et le pilotage, justement ?

Là encore, il n’y a que du bon dans ce F1 2017. Les sensations de conduite avec un volant sont plaisantes, il conviendra cependant de passer un peu de temps à paramétrer le retour de force car il se peut, surtout si comme moi vous possédez un Logitech G29, que vous le trouviez absolument horrible en configuration de base. Les effets étaient paramétrés de façon beaucoup trop exagérée rendant de ce fait la conduite quasi impossible en saturant complètement les moteurs de retour de force et en infligeant des souffrances auditives (et matérielles…) via des « clank-clanks » insupportables. Les volants Thrustmaster doivent en théorie être moins touchés par ce phénomène. Quoi qu’il en soit, une fois les bons réglages trouvés c’est un vrai bonheur à prendre en main, surtout après avoir désactivé toutes les aides à la conduite. Attention à ne pas bloquer les roues à chaque freinage sans l’ABS ! Pour les débutants, les aides seront toutefois les bienvenues car la prise en main en mode « élite » pourrait en rebuter plus d’un, sachant par exemple qu’il faut bien doser l’accélérateur pour ne pas partir instantanément en toupie en sortie de courbe. Pas mal de paramètres sont disponibles afin d’ajuster au mieux son expérience au volant, mais le titre reste tout à fait jouable à la manette, même si l’on perd forcément en sensations.

Techniquement réussi

NDLR : le jeu a été testé sur PS4.

F1 2017 n’est pas le plus beau des jeux de courses, mais l’ensemble reste agréable visuellement avec notamment des effets météorologiques très réalistes, qui influent bien entendu sur le comportement de la voiture. La météo dynamique est un des atouts du titre, faisant évoluer les conditions de piste en temps réel avec une adhérence changeante en fonction de la quantité de pluie, qui elle-même peut différer entre les différentes parties du circuit !

Les monoplaces sont modélisées avec soin, les pilotes sont quant à eux aisément reconnaissables mais le rendu des visages n’est pas vraiment au top. Les circuits sont tous reproduits fidèlement, et F1 2017 propose quelques tracés supplémentaires en plus de ceux utilisés sur la saison de F1 grâce à quelques versions « raccourcies » de certaines pistes. Il est également possible de choisir l’heure de déroulement des courses, ainsi il n’y a aucun soucis pour effectuer le GP de Monaco en pleine nuit ! L’occasion de constater des effets d’éclairages plutôt jolis, avec sur certaines courses comme à Singapour des feux d’artifice que l’on aperçoit au loin lors de l’arrivée.

J’ai noté cependant quelques bugs de textures par moment, où ces dernières ne semblaient pas se charger complètement, sur les casques ou les gants des pilotes par exemple, voire sur les visages lors des cérémonies post course, donnant l’impression de jouer à un jeu sur Playstation 2… Mais ce soucis n’est que très ponctuel et nulle doute qu’un patch viendra le corriger très bientôt.

F1 2017, un bon cru ?

En résumé, F1 2017 est une vraie réussite en proposant une expérience plus que complète de la saison de Formule 1 en cours, grâce à un mode carrière extrêmement riche incluant de la gestion et du développement en plus de la course en elle-même. Ajoutez à cela des graphismes plaisants, des championnats bonus et des anciennes monoplaces, vous obtiendrez alors un excellent jeu de course qui fera le bonheur des passionnés de F1 mais aussi très certainement de ceux qui auraient envie de découvrir la discipline.

F1 2017 est disponible sur PS4, XBOX One et PC depuis ce vendredi aux alentours de 50€.

On termine avec une grosse galerie de captures d’écran, illustrant tout ce que je viens de vous raconter 🙂