Le Nouvel Automobiliste
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Jeu vidéo : Gran Turismo Sport, le grand test !

Il est enfin là ! Le dernier report en date nous avait fait douter, mais Gran Turismo Sport est désormais bel et bien disponible sur PS4 pour le plus grand bonheur des fans de la saga qui n’avaient plus rien à se mettre sous la dent depuis GT6 sorti il y a maintenant 5 ans sur PS3. Alors, que vaut ce nouvel épisode qui marque un véritable tournant dans la série ? Réponse à la fin de ce test !

Le retour du roi

Il aura donc fallu attendre 5 longues années avant de voir éclore un nouvel opus de la saga Gran Turismo, débutée en 1997 sur PlayStation 1 et forte de plus de 76 millions d’exemplaires écoulés au fil de ces 20 dernières années. On aurait presque fini par perdre espoir de voir un jour un épisode sur PS4, la console étant sortie il y a déjà 4 ans, mais force est de constater que si, ça y est, c’est arrivé !

Entre temps, la concurrence n’a pas attendu, et de nombreux titres sont venus enrichir la ludothèque des simulations auto sur console : Forza Motorsport, bien entendu, le grand rival sur XBOX ONE dont le 7ème épisode est en vente depuis quelques jours, mais aussi Project Cars (retrouvez notre test du second ici) ou encore Assetto Corsa, tous deux disponibles à la fois sur XBOX et PS4. Autant dire que Gran Turismo Sport était attendu au tournant,  ses meilleurs ennemis n’ayant pas chômé durant les dernières années …

Alors, que nous ont concocté Polyphony Digital et son célèbre leader Kazunori Yamauchi pour ce septième « Real Driving Simulator » ?

Vous aurez sans doute noté que ce nouveau Gran Turismo ne s’appelle pas « 7 », mais « Sport ». La raison à cette rupture dans la dénomination du titre vient sans aucun doute de l’énorme changement en ce qui concerne l’expérience de jeu : exit le mode carrière et ses innombrables épreuves, ces centaines de voitures, sa personnalisation via des pièces à acheter et ses réglages poussés, place à un jeu orienté e-sport. Ouch, le choc est rude, et lorsque la nouvelle a été officiellement communiquée les fans ont commencé à craindre le pire. Mais qu’en est-il réellement ? Le jeu a-t-il perdu son âme ?

Light is right ?

L’une des forces des précédents Gran Turismo, notamment pour tous les réels mordus d’automobile que nous sommes en plus d’être amateurs de jeux vidéo, était l’extrême variété de modèles présents dans le jeu, permettant aux plus assidus (et patients, pour le coup, le temps d’amasser les « crédits » nécessaires à l’achat) de se constituer une véritable collection virtuelle de modèles plus beaux et rares les uns que les autres, où de citadines japonaises anémiques, au choix. GT6  proposait ainsi près de 1200 voitures, la liste la plus vaste tous jeux de course confondus. Certains diront qu’il y avait certes 52 Nissan GT-R et 73 Honda Civic, ou qu’à peine plus de 10% des voitures étaient dites « premium », avec une modélisation intérieure et extérieure aux petits oignons, et que tout le reste n’était qu’un simple import des modèles PS2 (et les graphismes totalement dépassés qui vont avec), et… ils auront raison, certes, mais au moins la diversité était bien présente.

Gran Turismo Sport fait table rase de ce garage monumental pour ne proposer « que » 162 voitures. Oui, c’est peu. D’autant que du côté de chez Forza, le garage compte désormais plus de 700 modèles, et que « même » Project Cars 2 en propose 180. Sur ce point, on ne peut qu’être un peu déçu surtout lorsqu’on a connu les épisodes précédents. D’autant que parmi les 162 autos proposées, on retrouve plus de 35 « Vision Gran Turismo », ces concept-cars créés exclusivement pour le jeu par les studios de design des différents constructeurs impliqués dans le projet. A côté de cela, nombre d’autres voitures présentes dans la liste n’existent pas non plus en réalité, à l’image des Peugeot RCZ GT3 (mais on aimerait bien), Bugatti Veyron GT4 (si si !) ou autres Nissan GT-R Groupe B ( !) …

S’il fallait encore trouver un défaut à ce garage virtuel, c’est qu’au-delà de proposer tout un tas de voitures imaginaires, on a également pas mal de redondances au travers des catégories proposées. Je m’explique : le jeu organise les voitures par classe : Groupe N, Groupe 4, Groupe 3, Groupe 1, Groupe B et Groupe X, et pas mal des autos disponibles sont déclinées dans plusieurs groupes ! C’est ainsi qu’on se retrouve par exemple avec 5 Peugeot RCZ différentes : la version de série, la version Groupe 3 de course, la version Groupe 3 de route, la version Groupe 4 et la version Groupe B ! Et ces 5 déclinaisons comptent bien évidemment comme 5 voitures différentes dans la liste totale, vous comprendrez alors aisément que le nombre « réel » de voitures est bien en deçà de ce qui est annoncé. Vraiment dommage ! Encore plus lorsque qu’on regarde la liste en détails et que l’on se rend compte que les voitures de 2017 ou 2016 sont assez peu nombreuses, c’est là que l’on sent que le jeu arrive avec beaucoup de retard… Et pourquoi s’être séparé de nombreuses voitures « premium » de GT6 ? Où sont passées les voitures anciennes ? Pourquoi proposer une BMW i3 à la place d’une Ferrari supplémentaire par exemple ? Les choix du studio sont vraiment étranges … Pour se consoler, on se dira que Porsche fait enfin son apparition dans la série (on trouvait jusqu’alors des RUF en lieu et place), mais avec seulement 4 modèles. Même dans la joie, il y a de la déception.

Et du côté des circuits alors ? Eh bien…

Malheureusement, le phénomène est le même : là où GT6 en proposait plus de 40, Gran Turismo Sport n’en a plus que 17. Alors certes, si on compte les différentes variantes et les versions « à l’envers », on monte à 40 tracés. Mais en faisant la même chose avec GT6, le total était de 107… C’est assez décevant, d’autant que l’on perd au passage des circuits « mythiques » de la saga tels que Trial Mountain, Deep Forest ou Apricot Hill, ainsi que pas mal de circuits réels présents auparavant comme Spa ( L ), Le Mans ou Laguna Seca ! A la place, de nouveaux tracés fictifs (très réussis au demeurant) font leur apparition (Dragon Trail, Lago Maggiore…) mais malgré leurs indéniables qualités ils ne remplaceront jamais un « vrai » circuit dans le cœur des amateurs.

MAIS.

Car il y a un mais : Kazunori Yamauchi l’a annoncé : il y aura des DLC qui viendront combler le manque de contenu côté garage (il annonce jusqu’à 500 voitures au total !) ou côté piste. Une très bonne nouvelle donc, reste à savoir si ces DLC seront gratuits ou payants… Et mon petit doigt me dit que la seconde option risque d’être celle qui sera retenue. Wait & see comme on dit, mais espérons qu’il ne faudra pas waiter trop longtemps avant de voir arriver ce contenu supplémentaire. Ce que propose pour l’instant Gran Turismo Sport permettra de patienter, mais pas indéfiniment.

On peut donc reprocher un manque de contenu, mais gardons en mémoire que ce Gran Turismo Sport se veut avant tout être un titre orienté jeu en ligne et pas un « vrai » successeur dans la continuité des épisodes précédents. S’il n’avait pas porté le nom de Gran Turismo, on lui aurait sans doute pardonné beaucoup plus facilement ces lacunes. De là à espérer un prochain Gran Turismo 7, il n’y a qu’un pas, mais vu le temps nécessaire à Polyphony Digital pour développer GT Sport, il semble improbable de le voir débarquer dans les prochaines années. Peut-être sur PS5, qui sait ?

Et qui dit jeu orienté multijoueur en ligne, dit solo complètement oublié ? Hep, non, pas si vite !

Han, le solo !

En effet, malgré tout, Gran Turismo Sport propose une expérience offline. Très légère, certes, mais elle a le mérite d’exister.

Quatre modes de jeu sont proposés : le traditionnel Arcade, l’école de conduite, les missions de course et l’expérience de circuit. Je vous propose donc de voir ce que chacun d’entre eux propose :

  • Arcade : c’est le mode basique, où l’on choisit la voiture que l’on souhaite parmi les quelques modèles proposés ou dans notre garage perso, puis un circuit et un niveau de difficulté et hop, on fonce directement en piste. De quoi s’organiser une course rapide, simplement, et qui nous rapportera quelques crédits pour gonfler notre compte en banque virtuel permettant de s’acheter d’autres bolides par la suite. On peut également organiser une course en écran partagé avec un ami (chose rare de nos jours !), un défi de drift, un contre la montre ou, pour les personnes équipées, une course en 1 vs 1 en réalité virtuelle grâce au casque PS VR. Ne disposant pas de cet équipement, je n’ai malheureusement pas pu tester cette fonctionnalité, mais nul doute que l’immersion doit être totale. Dommage que l’on ne puisse pas faire des courses classiques ou en ligne dans ce mode du fait de limitations techniques.
  • École de conduite : il s’agit de la fille spirituelle des traditionnels permis présents dans les opus précédents. En revanche, les différents défis proposés ici ne sont en aucun cas obligatoires et il est tout à fait possible de concourir dans les autres modes de jeu sans obtenir toutes les récompenses ici. On retrouve globalement le même esprit que dans les anciens Gran Turismo, avec des épreuves d’accélérations/freinages, prise de virages, slalom ou précision, avec comme toujours 3 niveau d’exigence : bronze, argent ou or, en fonction du temps à réaliser. Dans l’ensemble, j’ai trouvé la difficulté légèrement en retrait par rapport aux épisodes précédents, mais certains défis donnent tout de même du fil à retordre pour remporter l’or. Au total, ce sont 48 épreuves qui vous sont proposées, et pour vous motiver sachez qu’une voiture est à gagner toutes les 8 épreuves réalisées.
  • Missions de course : dans ce mode de jeu, Gran Turismo Sport propose différents scénarios de course à réaliser. Par exemple : remporter une course d’endurance de 30 tours comprenant des arrêts aux stands, partir dernier et remonter en tête en 1 tour, réaliser des dépassements parfaits en un temps donné sans toucher ni concurrent ni mur … Il s’agit en quelque sorte d’une continuité des épreuves de l’école de conduite avec des défis de plus en plus ardus, et généralement sur un ou plusieurs tours complet d’un circuit. Une idée intéressante et qui permet de s’occuper pendant pas mal de temps avant de réussir l’or sur chaque épreuve. Là encore, on gagne une voiture toutes les 8 épreuves, avec un total de 64 défis.
  • Expérience de circuit : ici, le but est d’apprendre à connaître les 17 circuits du jeu sur le bout des doigts. Pour cela, on progresse secteur par secteur en visant à réaliser un temps donné, puis on se lance pour un tour complet chronométré. Une bonne méthode pour mémoriser les tracés, et pour gagner de l’argent et des voitures assez rapidement et plutôt facilement, les temps requis pour obtenir l’or étant assez accessibles comparé aux épreuves de l’école de conduite ou des missions. Attention, une fois l’or atteint, on peut y revenir pour améliorer ses temps, mais on ne gagnera plus un centime !

Il y a donc de quoi s’occuper un petit moment, d’autant que quelques « bonus » viennent encore se greffer sur la liste des choses à faire. Tout d’abord, vous pourrez retrouver chez les concessionnaires virtuels un petit musée retraçant l’histoire des différentes marques. Cela peut paraître anecdotique, mais ce petit supplément contribue à l’image classe et passionnée du jeu en général, et permet de découvrir ou redécouvrir les grands jalons de l’histoire de chacun des constructeurs présents dans le jeu.

Le mode photo est également de la partie et s’enrichit d’une fonctionnalité appelée « Environnements »  permettant de placer sa voiture dans un décor réel pour composer de superbes images. La main nous est donnée sur l’ouverture, l’exposition, le temps de pose, la mise au point ainsi que sur différents effets permettant une grande liberté artistique. Le rendu est tout bonnement magnifique, le photoréalisme est saisissant et on se prend immédiatement au jeu. Il est également possible de faire des photos lors des ralentis à la fin des courses.

L’une des grosses nouveautés de Gran Turismo Sport vient de l’introduction d’un éditeur de livrées, longtemps réclamé par les fans, autorisant la création de peintures personnalisées pour les voitures de notre garage. Les possibilités sont infinies, et le système assez intuitif pour permettre de réaliser relativement simplement la décoration de nos rêves. Une fois terminée, notre peinture de guerre peut être partagée en ligne pour permettre à tous les joueurs de la télécharger. Des extra-terrestres ont d’ailleurs déjà réalisé de véritables œuvres d’art, reprenant les couleurs réelles de telle ou telle écurie par exemple, le tout avec uniquement les « outils » de base disponibles dans l’éditeur, chapeau bas ! Une fonctionnalité permettant d’utiliser un fichier .svg vectoriel importé depuis son ordinateur (limité à 15 ko) sera disponible sous peu, augmentant encore les possibilités de personnalisation.

Le contenu solo n’est donc pas si limité que ça au final, et même s’il manque des championnats on a largement de quoi s’occuper… Mais l’essentiel est ailleurs !

Va y’avoir du Sport !

Nous y voilà enfin, le cœur du jeu : le mode multijoueur en ligne, décliné en 2 sections distinctes : Sport et Salon.

Passons rapidement sur le mode salon, qui permet de créer sa propre course en ligne selon les règles que l’on souhaite, avec possibilité d’inviter ses amis en partageant le « code » dudit salon. L’idéal pour jouer avec des personnes que l’on connait, donc, et pour rouler sur la piste que l’on souhaite avec la voiture de notre choix, le tout face à des adversaires réels.

Mais le mode en ligne qui sera sans aucun doute le plus joué reste le mode Sport qui a donné son nom au jeu.

Il se subdivise lui-même en 4 parties : les courses quotidiennes, le championnat des nations, le championnat constructeurs et le championnat Polyphony. Les championnats ne sont pour l’instant pas ouverts (ils le seront le 4 novembre), et ils permettront de s’affronter comme leurs noms l’indique pour les 2 premiers par pays ou par marque de voiture après avoir « signé un contrat » avec le constructeur en question pour utiliser ses bolides. Tous ces championnats sont officiellement supportés par la FiA et une fois les phases de qualification passées tranquillement dans son salon des finales seront organisées dans des lieux bien réels pour les meilleurs pilotes avec à la clé un vrai titre de champion du monde reconnu par la Fédération ! Où quand l’e-sport devient une discipline à part entière du sport auto…

En attendant ces championnats qui risquent d’être très relevés si l’on se base sur le niveau des concurrents des différentes sessions de la GT Academy qui ont eu lieu par le passé, il nous reste les courses quotidiennes qui représentent un challenge journalier plutôt intéressant et très addictif !

Au programme : 3 courses par jour, sur 3 circuits différents, avec 3 catégories de voitures différentes.

Le déroulement est le suivant : il est possible à n’importe quel moment de la journée de s’entraîner sur les circuits et d’enregistrer un temps de qualification qui déterminera notre position de départ lors de la course. Notre meilleur temps établi reste valable toute la journée (où plus, si la même session est proposée sur 2 jours d’affilée par exemple), ce qui évite de devoir refaire une qualif’ avant chaque session, un très bon point !

Ensuite, toutes les 20 minutes une course par circuit est organisée : on s’inscrit alors à celle que l’on souhaite et on se retrouve face à 11 ou 23 adversaires prêts à en découdre !

Les courses sont soit mono type (tout le monde à la même voiture, stock, avec réglages interdits), soit avec différents modèles au choix parmi une sélection d’une même catégorie (réglages toujours interdits), soit avec les voitures de notre garage perso avec cette fois-ci la possibilité de les régler finement pour tenter de gagner en performances. Les réglages sont globalement les mêmes que dans les précédents Gran Turismo : hauteur de caisse, barre anti-roulis, appui aéro, équilibre des freins, étagement de la boite, carrossage, ouverture/pincement… Chaque catégorie de véhicule est soumise à une balance des performances pour lisser les écarts entre les voitures, afin de proposer des luttes à armes à peu près égales, et c’est plutôt intéressant car cela évite que tout le monde utilise tout le temps la même voiture (même s’il reste quelques modèles légèrement plus performants que d’autres).

Pour éviter de se retrouver face à des kamikazes des circuits, Gran Turismo Sport propose un système de classement des pilotes selon 2 critères : le RP (Rang de Pilote) et le RFP (Rang de Fair Play). Le RP correspond globalement à votre niveau de performance en piste tandis que le RFP indique à vos adversaires si vous êtes plutôt respectueux ou non. Chaque passage « clean » dans un secteur où chaque dépassement effectué dans les règles de l’art verra votre compteur de RFP s’incrémenter petit à petit, tandis que chaque sortie de route ou chaque touchette avec un adversaire vous sera immédiatement sanctionnée par une baisse de RFP. Le système est plutôt bien pensé et permet de se retrouver face à des adversaires d’un  niveau relativement proche du vôtre, assurant ainsi des courses serrées et homogènes. Que du bon ! Notons toutefois que certains accrochages dont vous n’êtes pas responsables vous vaudront tout de même une baisse de RFP… C’est un peu agaçant ! Mais dans l’ensemble c’est plutôt bien géré et si vous roulez « propre » vous serez récompensés. Dernier point, pour éviter que les voitures en perdition suite à un freinage ultra-audacieux (ou attaque kamikaze, selon le point de vue) ne viennent tamponner tout le monde et créer un véritable strike, au premier virage par exemple, une fonction de transparence s’active automatiquement lorsque le jeu trouve que le différentiel de vitesse entre concurrents est trop important, rendant la voiture folle « fantôme » et lui permettant de passer à travers les adversaires pour aller s’échouer lamentablement dans le bac à sable sans emporter tout le monde avec elle. Bien vu !

Les différents joueurs rencontrés lors de mes sessions étaient tous globalement très respectueux, rendant les courses vraiment prenantes et réalistes. L’immersion est donc vraiment réussie, le système de RFP participant pour beaucoup à ce respect mutuel entre pilotes virtuels. On n’en demandait pas moins, le jeu étant focalisé sur les courses en ligne.

Ces courses quotidiennes sont indéniablement le point fort du jeu, avec un côté addictif qui nous y fait participer sans se poser de questions, en étant quasi-sûr de tomber face à des adversaires « clean » avec un niveau proche du notre nous permettant de progresser course après course. Le système de qualifications en « libre-service » est vraiment bien pensé, il est juste dommage qu’il n’y ait pas plus que 3 courses par jour, mais il est fort probable que ce point évolue dans les prochaines semaines.

La progression se fait donc sur différents niveaux de RP et RFP (E>D>C>B>A>S), on gagne également à chaque course de l’argent ainsi que des « Miles », une sorte de monnaie alternative avec un magasin dédié permettant de les échanger contre des voitures spéciales (versions GT3 de route, safety cars…), des stickers, des casques/combinaisons … Je l’évoquais plus tôt, mais au cours de la carrière solo on gagne énormément de voitures via les différents défis, on peut aussi bien évidemment en acheter chez les concessionnaires avec notre argent, mais on en obtient aussi une par jour si l’on réalise le « marathon de pilotage », consistant simplement à réaliser + de 42 kilomètres. Une distance bien dérisoire tant on prend du plaisir à rouler ! Les attributions de véhicules gagnés se font via un système de « roulette » aléatoire. Pour ma part, je joue assez souvent de malchance car j’ai déjà eu plusieurs fois une voiture que j’avais déjà… Frustrant, surtout qu’on ne peut pas revendre les voitures-cadeau. Mais c’est l’attention qui compte !

Choix technique curieux : la gestion des sauvegardes. Votre progression n’est pas enregistrée sur votre console, mais sur les serveurs de Polyphony Digital. En clair : pas de connexion internet > pas de jeu. Enfin, vous pourrez jouer au mode Solo seulement, mais tout ce que vous gagnerez ne sera de toute façon pas enregistré. Drôle de façon de procéder, mais je pense que cette décision a été prise pour éviter la triche qui permet généralement aux petits malins de modifier leurs sauvegarde pour changer divers paramètres dans le jeu. N’oubliez pas non plus que pour pouvoir profiter à 100% du jeu, il vous faudra obligatoirement un abonnement PS Plus pour pouvoir jouer en ligne.

Je parlais juste au-dessus du plaisir que l’on prend à jouer, il dépendra bien entendu de vos goûts en matière de pilotage virtuel mais force est de constater que ce Gran Turismo Sport réalise sur ce point un quasi sans-faute. A mi-chemin entre simulation et arcade, il propose un gameplay moins exigeant qu’un Project Cars ou Assetto Corsa, mais n’est pas pour autant laxiste. On a toujours cette conduite que je qualifierais de « douce » comparée à la relative brutalité de celle proposée par les deux titres que je viens de citer, une expérience dans la lignée des précédents opus de la saga. C’est aussi ce qui rend le pilotage de Gran Turismo Sport addictif, avec ce côté maîtrisable et accessible pour les novices mais qui nécessite de la précision et de la rigueur pour ensuite aller chercher les meilleurs chronos.

Le jeu est à la fois un régal au volant ou, plus rare, à la manette. Il est en effet tout à fait possible de claquer des temps pad en main, la réponse aux différentes commandes étant gérée au poil. Il est même possible d’utiliser le gyroscope intégré à la manette pour gérer la direction, le système étant parfaitement calibré pour une conduite précise, j’ai été agréablement surpris par cette fonctionnalité et je vous conseille fortement de l’essayer. Je ne peux toutefois, comme d’habitude, que vous conseiller d’y jouer tout de même au volant si vous le pouvez, les sensations étant forcément bien meilleures. Le retour de force est peut-être un peu moins précis que sur Project Cars en matière de ressenti des aspérités de la piste, mais en ce qui concerne le feeling de la voiture c’est du très bon !

Techniquement parlant, Gran Turismo Sport fait plutôt fort : la modélisation des voitures est absolument parfaite et la gestion de la lumière et des reflets permet un rendu proche du photo-réalisme. Il reste toutefois quelques points qui nécessiteraient des améliorations, notamment un aliasing toujours un peu visible (tout du moins sur une PS4 « normale », non Pro), des décors parfois en… 2D (arbres par exemple), ou encore l’absence impardonnable d’une gestion de la météo que tous les concurrents proposent. Même GT6 proposait de la pluie, ce retour en arrière est donc assez incompréhensible. Il reste bien la possibilité de choisir la période de la journée à laquelle se déroulent les courses, mais c’est tout. Dommage.

En revanche, en ce qui concerne les sons, autrefois LE gros point noir de la série, Gran Turismo Sport progresse de manière spectaculaire ! Fini les aspirateurs, place à des sonorités moteurs enfin crédibles même s’il manque encore un léger supplément d’âme et de rage à tout ça. Crépitements lors des levers de pieds, crissements de pneus beaucoup moins horripilants qu’avant, bruits de transmission (peut-être un petit peu trop audibles dans certaines GT3 d’ailleurs), le gap par rapport à GT6 est énorme ! Ce qui est aussi énorme, c’est la taille du jeu sur le disque dur de la console : aux 53 Go de base s’ajoutent 12 Go de mise à jour « day-one » ainsi que 9 Go de pack « Environnements additionnels » pour le mode photo (optionnel). Mais quand on aime, on ne compte pas !

Conclusion

Bref, vous l’aurez compris, malgré son relatif manque de contenu, j’apprécie énormément ce Gran Turismo Sport pour son expérience de conduite et son mode online plaisant et addictif. S’il représente un changement de cap assez rude par rapport aux précédents épisodes, il faut reconnaître que cette nouvelle orientation est dans l’ensemble très réussie même si elle pourra décevoir certains fans de la première heure qui auraient peut-être souhaité un « vrai » Gran Turismo 7, reprenant la carrière classique que l’on connaissait jusqu’alors. Peut-être pour un prochain épisode ? En attendant, si vous appréciez la saga ET que vous aimez les courses en ligne, n’hésitez pas à vous le procurer, vous devriez y passer de longues heures et de très bons moments ! D’autant que si les DLC évoqués finissent vraiment par arriver, le jeu devrait avoir de nombreux nouveaux arguments à faire valoir. Allez Kazunori, on compte sur toi !