Le Nouvel Automobiliste
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Jeu vidéo : DIRT 4 au banc d’essai

La série des DIRT, saga incontournable lorsqu’on évoque le jeu de rallye sur console ou PC, s’est enrichie depuis quelques semaines d’un nouvel opus, baptisé sobrement DIRT 4, que nous avons pu tester pour vous sur PS4. Voici nos impressions.

L’an dernier, nous vous avions proposé le test de DIRT Rally, qui marquait la fin d’une longue attente pour les joueurs en quête d’une simulation réaliste, et qui redonnait un second souffle à la série en abandonnant le côté fun et plutôt arcade pour se concentrer sur le pilotage « pur et dur ».

Une année s’est écoulée et revoici donc un nouvel opus ! Déjà ? Eh oui, déjà, le temps est passé vite et Codemasters aura été plus prompt à proposer un nouvel épisode cette fois-ci, car pour rappel il s’était écoulé plus de 4 ans entre DIRT 3 et DIRT Rally.

Qu’en est-il alors cette fois-ci ? La simulation est-elle toujours au rendez-vous ?

La réponse est oui, mais pas que !

En effet, Codemasters a légèrement revu sa copie par rapport à l’année dernière, puisque nous sommes cette fois-ci en présence d’un jeu que l’on pourrait qualifier de multi-facettes. Le joueur a en effet le choix entre 2 modes de conduite distincts, baptisés respectivement « Gamer » et « Simulation ». Le premier sera plutôt destiné aux débutants ou à ceux qui auraient été repoussés par la difficulté de DIRT Rally, qui, il faut bien le reconnaitre, pouvait sérieusement mettre à mal les nerfs des plus impatients tant la rigueur était de mise pour conserver les 4 roues sur la route ! Ici, tout est plus aisé : on peut freiner très (très) tard, tourner brusquement, prendre les virages à des vitesses plus élevées sans trop risquer de sortir de la piste. Le mode Gamer paraitra ainsi beaucoup trop facile aux « vétérans » de DIRT Rally, mais permettra au plus grand nombre de rouler sans trop se prendre la tête !

Les plus aguerris passeront donc logiquement en mode Simulation (le choix est possible à n’importe quel moment du jeu), dont la conduite ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de son ainé. Ici, il faudra donc veiller au grain pour anticiper, freiner au bon moment, gérer les transferts de charges et passer les virages le plus vite possible sans aller embrasser les arbres qui n’attendent que le bout de votre capot.

Sachez qu’en plus de ces 2 modes de jeu, il est possible de choisir le niveau d’habileté de vos adversaires virtuels : 4 sont proposés, du plus lent au plus rapide, vous permettant ainsi de doser au mieux la difficulté de votre progression. De plus, les différentes aides à la conduite sont activables « à la carte », de quoi ajuster l’expérience de jeu petit à petit en fonction de votre niveau. Moins vous en activerez, plus vos récompenses seront élevées.

DIRT 4 propose un mode carrière avec une progression plutôt classique. Vous débutez ainsi sans le sou et vous devrez briller dans les différentes épreuves proposées pour cumuler de l’argent et des points d’expérience qui vous ouvriront les portes des championnats suivants. Mais avant toute chose, vous devrez passer par la Dirt Academy (Salut les loups !), qui vous inculquera les bases du pilotage de façon ludique au travers des quelques exercices pratiques sur un terrain d’entraînement où vous pourrez revenir autant de fois que vous le souhaitez tout au long du jeu. Les épreuves sont plutôt intéressantes et vous permettront d’entrée du jeu d’apprendre puis de maîtriser des techniques qui vous serviront peu de temps après lors de votre première compétition.

Sur les premiers rallyes suivant cette formation express, vous pourrez utiliser une voiture (et une équipe) de « prêt », mais vous devrez très vite vous acheter vos propres bolides afin de disputer les épreuves suivantes. Le choix est ici plutôt large, avec une cinquantaine de voitures réparties dans les différentes catégories, allant du rallye historique en ancienne au WRC, en passant par le Rallycross ou le Land Rush, une nouvelle discipline qui vient en remplacement du Hill Climb de DIRT Rally et qui met en scène des énormes pickups ou des petits buggys sur des circuits de terre avec des courses de quelques tours seulement. Le « fun » fait donc son grand retour dans la série, ceci étant le mode Land Rush ne m’a pas vraiment convaincu, la conduite des différents engins n’étant pas des plus intuitives (ils glissent bizarrement, ont un comportement assez particulier…) et les différents circuits proposés sont assez similaires. Mais on ne peut reprocher à Codemasters d’ajouter du contenu, bien au contraire, et je suis sûr que d’autres vont adorer ce mode de jeu, il en faut pour tous les goûts !

Pour en revenir au choix des véhicules, vous pourrez les acheter soit chez le « concessionnaire », soit dans les « petites annonces » (#leboncoin). Le premier vous proposera des véhicules neufs, mais du coup onéreux, tandis que le second vous permettra d’économiser quelques deniers, mais en utilisant en contrepartie des véhicules d’occasion avec des pièces usées et des performances légèrement en retrait. A vous de choisir votre stratégie !

Vous devrez également former votre propre écurie en recrutant du personnel (ingénieurs, mécanos…) plus ou moins compétant dans tel ou tel domaine, avec des salaires évoluant en conséquence. Il vous sera possible de personnaliser les couleurs de vos voitures avec un éditeur de livrées bienvenu, mais qui ne permet pas énormément de fantaisies artistiques. On apprécie tout de même la démarche, et il reste possible d’obtenir des peintures de guerre tout à fait convenables grâce au système de « couches » superposables, dont on peut sélectionner les couleurs à sa guise. On peut également choisir des sponsors, dont les logos seront à apposer sur vos véhicules, et qui devront rester bien visibles pour maximiser la rémunération (un petit coup de Karcher de temps en temps ne fera donc pas de mal !).

Une fois votre équipe montée et bien en place, vous enchaînerez les épreuves qui se déroulent sur 5 lieux différents autour du monde (pour le mode Rallye) : Espagne (asphalte), Australie (terre), USA (asphalte), Suède (neige), Pays de Galles (terre souvent humide…).

La licence WRC disparait, on ne retrouve donc plus les « vrais » lieux du championnat du monde, mais les environnements proposés ici restent plutôt variés et plaisants, d’autant qu’une nouveauté fait son apparition : la génération de spéciale aléatoire. Le principe est simple : vous choisissez la longueur et la complexité du tracé, les algorithmes s’occupent du reste et vous créent une spéciale unique. Plutôt intéressant, puisqu’on peut ainsi rouler sur de nouvelles pistes quasiment à l’infini. Si l’une d’entre elle vous plaît, vous pourrez bien évidemment la sauvegarder et même la partager pour que vos amis puissent eux-aussi en profiter.

En Rallycross par contre, il est possible de piloter sur les circuits réels, dont celui de Lohéac en France, le tout au volant des voitures « officielles » du championnat comme la 208 WRX du team Peugeot-Hansen ou la Focus WRX de l’ami Ken Block. Les fans de gymkhana seront sans doute déçus de ne pas retrouver les épreuves inspirées des vidéos du mari de Barbie qui étaient présentes dans DIRT 3, mais ils pourront se consoler avec la Dirt Academy évoquée plus tôt qui propose au sein du « Dirtfish » divers défis du même genre mêlant slaloms, sauts ou autres dérapages plus ou moins contrôlés.

Il y a donc de quoi faire dans ce DIRT 4, avec les différentes disciplines proposées, une sélection de véhicules variée, la difficulté adaptable à souhaits, de quoi s’occuper durant de longues heures en variant les plaisirs.

Pour ce qui est de la technique, on ne peut pas vraiment parler de grande réussite. En effet, le jeu n’est pas particulièrement joli (du moins ici sur PS4, peut-être que la version PC s’en sort un peu mieux). DIRT Rally m’avait même semblé un peu plus réussi graphiquement parlant, c’est dire (et ce n’est pourtant pas un modèle de réussite sur ce plan…). Autant les voitures sont plutôt bien modélisées, autant les décors font franchement vieillots à tel point qu’on se demande parfois si l’on n’a pas sous les yeux un jeu tournant sur la génération précédente de consoles. La poussière n’est pas réaliste pour un sou, les vues intérieures ne sont pas très détaillées, et il ne faudra pas regarder les arbres ou les spectateurs de trop près sous peine de s’infliger une fracture de la rétine. Une chose est donc claire : on n’achètera pas DIRT 4 pour ses graphismes. Un progrès a toutefois été réalisé par rapport à DIRT Rally au niveau des menus. Finie l’austérité, place à la couleur et aux musiques « feel good ». Un bon point aussi pour les différentes conditions climatiques disponibles : nuit, brouillard, pluie… qui permettent de corser un peu plus les spéciales. La gestion des dégâts est bien évidemment toujours de la partie, qu’ils soient purement esthétiques (il est possible d’arracher à peu près tous les panneaux de carrosserie, vous le constaterez sans doute très rapidement 🙂 ) ou mécaniques (crevaisons, pannes moteur ou de transmission…). Notez que le nombre de « restart » est paramétrable, sachant qu’à chaque fois que vous recommencerez une épreuve votre dotation finale se réduira. En cas de trop gros choc, l’abandon sera automatique.

Pour ce qui est des sons ingame, le travail est de bonne qualité. Les moteurs émettent tous une sonorité propre et reconnaissable, les bruitages d’environnement sont plutôt réalistes, seule la voix du copilote pourrait agacer certains avec son ton particulier et ses annonces parfois très niaises en début et fin de course (« oulala, il faudra rouler vite pour gagner », ou « il va falloir faire quelques réparations, trolilol » après une spéciale plus passée dans les arbres que sur la route). Ceci dit, il donne parfois quelques indications avisées en début d’épreuve, signalant par exemple un changement de météo à venir ou un concurrent arrêté en pleine spéciale. Le rythme de ses annonces est en tout cas paramétrable dans les options, permettant d’ajuster le temps entre ses paroles et l’arrivée effective des virages.

Puisqu’on parle d’options, sachez que les possesseurs d’un volant pourront régler le retour de force aux petits oignons pour obtenir le ressenti voulu, en influant sur les nombreux paramètres disponibles.

Il n’est pas indispensable d’en posséder un pour jouer, DIRT 4 étant largement accessible à la manette (surtout en mode Gamer), cependant je ne peux que vous le conseiller tant le gameplay est beaucoup plus agréable au volant. Il faudra certes du temps pour s’habituer à la conduite en mode Simulation si vous n’avez jamais joué à DIRT Rally, mais l’expérience en vaut le coup (enfin, façon de parler, vu le tarif des volants…), avec une immersion forcément accrue (malgré les graphismes pas glop glop) et une sensation de vitesse bien présente.

Dernier point enfin, concernant le mode en ligne baptisé « Compétition » (très original, je vous l’accorde) : différents défis sont proposés régulièrement et vous permettent de vous mesurer aux joueurs du monde entier. C’est plutôt basique, mais ça a le mérite d’être présent et d’augmenter encore un peu plus la durée de vie déjà conséquente du titre.

Au final, DIRT 4 n’est pas à proprement parler un successeur direct de DIRT Rally, qui reste la référence en matière de simulation, mais plutôt un jeu complémentaire proposant plus de contenu et se voulant plus accessible grâce à 2 modes de conduite bien distincts permettant aux puristes de continuer l’expérience réaliste de DIRT Rally sur de nouveaux terrains et aux novices de se lancer dans le grand bain du rallye sans envoyer valser la manette par la fenêtre après avoir échoué 15 fois à passer le premier virage de la première spéciale !

Le jeu est disponible sur PC, PS4 et Xbox One aux alentours de 55€.