Le Nouvel Automobiliste
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Jeu, set et pub : réflexion sur les Peugeot siglées Roland Garros

Si aujourd’hui les séries de Peugeot à Roland Garros se limitent à des 108 et 208 blanches avec un petit logo « RG » sur les côtés, il fut un temps où les Lionnes pouvaient fièrement parader devant la Porte d’Auteuil. C’était le temps des carrosseries vert Grand Chelem, du cuir Palimbro, et d’une série qui ne se limitait pas aux petites citadines. Mais ce temps n’est peut-être pas si révolu… Saviez-vous qu’il y avait eu des 508 Roland Garros ? Et qu’il y avait même des 408 Roland Garros en Amérique du Sud ?

Les débuts

Tout commence avec une petite série limitée, à peine remarquée : la 205 Lacoste. Nous sommes en 1984 et le Sacré Numéro du Lion est proposé d’abord dans une toute petite série de 1000 exemplaires, puis reconduite deux années de suite en 85 et 86 en 5 mais aussi 3-portes. La version est luxueuse, avec divers équipements (montre analogique, vitres avant électrique), se remarque à sa teinte Blanc Meije, un liseré rouge et vert et le logo au croco de la marque de polos.

La série « Roland Garros » n’arrive officiellement dans les concessions qu’en 1989. L’on peut cependant considérer que la Lacoste, par son aspect luxueux et sa volonté de se différencier par les équipements, en est le prototype. Pour les « Roland », Peugeot choisit une peinture vert bouteille métallisée, originale pour l’époque. Cela devient la marque distinctive de la série, qui aime l’air (toit ouvrant), le chic intérieur (sellerie cuir-tissu) et extérieur (jantes spécifiques). La série ne commence cependant pas qu’avec la seule 205 3-portes : la 405 est là aussi, seulement en version break et moteur essence.

La 205 Cabriolet arrive en 1990 avec une toile beige, limitée à 1000 unités. C’est le premier cabriolet Roland.

Le développement

Le vert bouteille se déploie progressivement dans la gamme Peugeot, en commençant par les plus petits modèles. La petite citadine 106 devient « Roland » compatible dès son lancement en 1993 en remplacement de la 205. Même programme que pour les précédentes, sellerie mixte cuir-tissu, toit ouvrant et vert métallisé. La 306 lui suit en 1994, toujours avec la même recette, et s’y ajoute le cabriolet Pininfarina en 95. La teinte devient à l’occasion plus foncée, c’est le Vert Grand Chelem, accompagné d’un logo spécifique sur les portières. Ce sera au tour du break SW d’arriver en 1998.

L’apogée

En 1997, Peugeot sort en Roland Garros le 806, son monospace. Cette fois, la griffe Roland s’étend presque à toute la gamme, et devient une animation plus que majeure des concessions chaque année. Dans les rues de Paris, les joueurs et VIP, convoyés en Peugeot officielles « RG », se remarquent aisément. L’on peut même dire qu’il s’agit là d’un des premiers partenariats visibles d’un constructeur automobile avec un événement qui dure sur le long terme (auparavant, ils étaient limités à quelques mois comme les séries Albertville de Renault en 91).

Après le 806, c’est au tour de l’autre sacré numéro, la 206, d’être Roland Garros dès son lancement en 1999. Toit ouvrant, sellerie 100% cuir ocre, disponible en CC dès 2002 et aussi en teinte grise… La 206 Roland Garros intègre la gamme à l’année comme degré haut-de-gamme. Autre invitée de la série Roland, la 406 en version SW.

Normalisation et banalisation

Le public est si habitué aux Roland Garros Peugeot que ce n’est plus guère là une événement. Le tennis et son tournoi ne sont plus qu’un prétexte à associer Peugeot au chic de l’épreuve de l’Ouest parisien. Renault se permet même, avec sa Twingo Perrier vert bouteille, de plagier le concept… de façon rafraichissante. Alors, progressivement les Peugeot RG se sécularisent. Ainsi de la 307 SW de devenir à son tour une belle de break. Le cuir Palimbro vient renforcer le sentiment de chic de cette série. Disponible en vert, on la verra surtout… en gris. Mais à côté de cela, la 307 CC ne sera, étrangement, pas réalisée pour la quinzaine de Roland.

L’abandon du vert continue avec la 207, qui en version CC ose le jaune Tacoma ! Oui, un rappel à la balle de tennis, d’accord. Mais où est le vert distinctif ? D’autant que dès 2008, le gris devient la seule couleur proposée !

Fond de court et maigres espoirs ?

Après avoir proposé la série Roland sur la pataude 308 CC restylée, Peugeot l’étend au 3008, mais le charme n’agit plus vraiment. Teinte blanche quasi diaphane, tout petit monogramme, campagne de com’ limitée à la quinzaine du tournoi… Triste fin ?

Il y a pourtant toujours des Peugeot Roland Garros. Mais des petites, comme à l’origine, des 108 et 208. Plus discrètes que jamais, malgré quelques touches oranges, ça et là. Pour l’audace, il faut aller en Chine, où une 508 est proposée, ou en Amérique du Sud, avec des 308 et 408. Cette année 2017 en France, la 108 est la seule nouveauté de la série, avec une toile de toit orange… terre battue.

Il va ainsi d’un partenariat difficile à exploiter pour le Lion, à l’image de Renault pour le Festival de Cannes. « Roland », c’est un rendez-vous internationalement reconnu, pas prioritairement pour l’automobile, mais où les marques françaises se doivent de participer. Elles s’affichent, donc, mais encore faut-il que leur lustre soit au niveau… Or celui du Lion a depuis longtemps baissé, au point de ne plus incarner tant que ça l’exclusivité.

Aujourd’hui, l’image de Roland Garros serait plutôt associée à celle de DS, dans le Groupe PSA. Le Lion, lui, tente d’internationaliser cette image en surfant sur la popularité de Novak Djokovic. Alors, en attendant une remise en question de ce partenariat (qui n’est pas gratuit, loin de là), on continuera à voir circuler dans Paris des Traveller en navette VIP Roland aux mois de mai/juin. Et le reste du temps, on cherchera, des yeux, dans la rue, ces Peugeot de tennis dont la carrière cherche toujours un rebond.

Et avec l’Argus, vous apprendrez qu’il y eut aussi des scooters Roland Garros.