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Cela peut paraître étonnant d’interviewer quelqu’un de chez Decathlon à propos d’un concept-car Citroën. Et pourtant, les deux marques se sont associées sur Elo, un « laboratoire d’idées » qui fait la part belle aux aspects pratiques. Objectif : réinventer le monospace et même, plus globalement, la vie à bord d’une voiture.

Le Nouvel Automobiliste : Pouvez-vous nous rappeler brièvement la genèse du projet, de cette collaboration entre Citroën et Decathlon ?

Philippe Daguillon : Bien sûr ! Une fois n’est pas coutume, ça a été une rencontre de « designer à designer », en septembre 2023, avec un questionnement commun sur le futur de la mobilité. Citroën et Decathlon favorisent tous les deux, à leur manière, la mobilité, et ont en commun l’innovation et la notion de « démocratisation ». Nous nous sommes donc rapidement dit que ce serait super d’imaginer quelque chose ensemble ! 

C’est ainsi que nous avons développé nos échanges afin d’aboutir au concept-car Citroën Elo, prêt depuis l’été 2025 environ.

S’il ne fallait retenir que trois éléments qui ont « structuré » ce projet, ce seraient lesquels ?

Je retiendrais d’abord le fait de faire bouger les gens ! La mobilité, ce n’est pas que la voiture : elle peut aussi être piétonne, à vélo… Or, le Citroën Elo encourage les pratiques sportives « outdoor » : ça se voit notamment à travers l’ordinateur de bord qui, en plus de référencer les bornes de recharge sur le trajet, propose des lieux de randonnées, etc.

Ensuite, je parlerais d’un élément précis, que j’adore, sur cette voiture : les assises amovibles des sièges arrière, comme dans une 2CV ! Les assises peuvent ainsi être utilisées comme des petits « tabourets », pour pique-niquer.

Et enfin, je dirais globalement que l’idée de « réimaginer le futur » a été au centre du projet. Chez Decathlon, on a toujours été beaucoup dans « l’observation » des utilisateurs, et le fait de concevoir des solutions utiles aux utilisateurs avec un acteur comme Citroën, qui exerce une activité très différente de la nôtre, était très challengeant.

Vous parliez des assises amovibles : justement, parmi toutes les « astuces » proposées sur ce concept, quelles sont à vos yeux les plus notables ?

Il y en a tellement ! Mais je vais jouer le jeu, et n’en retenir que trois. Il y a deux sacs à dos à l’avant, qui viennent se clipser / déclipser de la planche de bord. Ils invitent à l’aventure, à l’expédition et je trouve ça super. Par ailleurs, avec la technologie « V2G » (Vehicle To Grid), on peut recharger différents appareils électriques, dont des vélos par exemple, et j’aime beaucoup cette idée que le Citroën Elo peut ainsi « donner du jus » à une autre forme de mobilité. Et puis il y a aussi, globalement, une invitation à découvrir plein de références au monde du sport dans l’habitacle, notamment à travers les matériaux utilisés. En tant que fan de sports « outdoor », je suis fan !

Comment les enjeux de « sustainability », de développement durable ont été intégrés dans le projet ?

Decthalon « éco-designe » tous ses produits, et cela passe notamment par les matériaux. Par exemple, les « bumpers » (pare-chocs) utilisent un matériau éco-conçu, initialement vu dans les casques de vélo.

Dans sa globalité, c’est tout le projet qui a été pensé sous un angle « responsable ». Le Citroën Elo est une voiture qui invite à vivre dedans et en même temps, à prendre l’air ! Et donc, à repenser notre rapport à la voiture.

En parlant de voiture… vous qui n’êtes pas forcément « passionné », au départ, est-ce qu’il y en a une que vous aimez particulièrement ?

Je serais tenté de dire : Citroën Elo ! Mais je vais dire, sans aucune langue de bois, la Citroën 2CV : de par sa simplicité et la sympathie qu’elle renvoie, elle représente totalement ce que doit être, à mes yeux, une voiture. 

Les apports de Décathlon au concept-car Citroën Elo en images :