Le Nouvel Automobiliste
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Interdiction des voitures thermiques à Paris : à vous de jouer !

Non, vous ne rêvez pas, c’est même pour demain avec la dernière proposition de la Marie de Paris. Au programme du plan climat soumis à la population, l’interdiction de TOUS les diesel en 2024 et de TOUS les véhicules essence en 2030. De lointaines perspectives ? Oh que non : mise en perspective.

Une votation ? Quelle votation ?

C’est sur le site idee.paris.fr que la Ville de Paris vous propose son Plan Climat. Au programme ? A boire et à manger. Des idées plus ou moins bonnes, plus ou moins mauvaises. Mais c’est un tout. A prendre ou à laisser. Et parmi les propositions, une des plus marquante, vous vous en doutez, consiste à interdire les voitures thermiques à brève échéance ! Et ça, c’est pas cool, s’agissant du deuxième poste de dépense des foyers… Et accessoirement de l’unique moyen de mobilité acceptable pour des centaines de milliers de franciliens pour lesquels l’offre en transports publics (déjà saturés) ne constitue pas une alternative acceptable. Alors, que faire ? Voter, pardi. Et avant dimanche 3 juin. Mais avant de voter, autant savoir pourquoi et pour quoi voter.

Mise en perspective

Interdiction des véhicules diesel en 2024. C’est dans à peine plus de 5 ans. C’est loin ? Interdiction des véhicules thermiques en 2030… C’est dans 11 ans et quelques mois. Une éternité ? Pas si sûr. Pour plusieurs raisons.

La première est l’âge moyen du parc automobile : 9 ans. Autrement dit, en 2024, en suivant la tendance, la moyenne des véhicules diesel datera d’avant 2015 ! Même calcul un peu grossier pour l’ensemble du parc en 2030 : la moyenne des véhicules aura été achetée avant 2021. Soit dans moins de 3 ans. Autrement dit, vous avez probablement déjà réalisé une acquisition invendable ou inutilisable. Chouette perspective, non ?

La seconde raison est l’alternative qui s’offre à vous, à savoir l’offre ne véhicules électriques : une offre pas si abondante, ne couvrant absolument pas tous les usages. D’ailleurs, le marché ne s’y trompe pas : malgré d’importantes subventions, la part de marché des véhicules électriques en France est de 1,2 %. Autrement dit, si les gens n’en font pas l’acquisition en dépit des aides étatiques, c’est qu’ils n’y trouvent pas leur compte, faute de temps de recharge acceptable, d’autonomie confortable ou de réseau de charge décent. Et à moins d’une rupture technologique dans les 2 ans à venir, la plupart des gens n’a aucune raison de basculer à l’électrique. Au prix que coûte l’automobile pour un foyer, les gens sont en droit d’avoir un minimum de polyvalence et de commodité, aujourd’hui peu satisfaisante pour 99% du marché.

La troisième raison : le taux de motorisation des parisiens. 36%. C’est dire à 36% des parisiens qu’ils vont devoir trouver une solution pour se passer de leur véhicule thermique pour faire plaisir à une minorité extrémiste. Sans parler des banlieusards et autres touristes, dont les usages ou les moyens ne permettent pas l’achat d’un VE.

La quatrième raison, c’est le plan BUS de la RATP qui n’est absolument pas en phase avec cette lubie de la municipalité : prévu pour rentrer en application en 2025, il s’oriente vers un parc de 20% de bus roulant au GNV. Des bus bons pour être mis à la benne au bout de 5 ans ! Vous pouvez d’ores et déjà dire adieu à la promesse des transports gratuits… Et oui, une fois de plus, les faits sont têtus. Mais le plan BUS n’a pas été décidée par la Petite Maire des Peuples, alors, quelle importance peut-il avoir, je vous le demande ?

La cinquième raison ? C’est l’automobile, toujours l’automobile. Aucun problème pour fumer en terrasse chauffée par des braseros, tant que vous vous pointez du doigt l’horrible pollution des vilaines automobiles. C’est ça, l’écologie parisienne. Aucun problème pour emprunter un VTC tant que vous empêchez le banlieusard de fouler votre sol à bord de sa voiture payée à crédit. C’est ça l’écologie parisienne. Aucun problème pour faire circuler des péniches aux rejets de souffre considérables, aucun problème pour entraver la circulation en générant d’importants embouteillages alors même que la quantité de voiture diminue depuis plusieurs années (bel exploit !), non, aucun problème, à partir du moment où vous blâmez l’automobile. On connaissait les malheurs de Sophie, Anne a les siens et ils sont motorisés. Et si possibles banlieusards.

Sixième raison, s’il faut encore le marteler : l’automobile est loin de représenter la majeure partie de la pollution en Ile de France ou à Paris. Mieux encore, les automobiles sont de plus en plus propres. Nous vous renvoyons à cette série de 3 articles détaillés sur la pollution automobile : la pollution et la dépollution, les protocoles d’homologation des véhicules, et les idées reçues.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Bonne question. A cela, plusieurs réponses :

  • Inscrivez-vous sur le site idee.paris.fr pour voter contre le plan climat. C’est simple comme bonjour : il suffit de dire que vous avez plus de 15 ans et que vous habitez Paris. En l’absence de contrôle quelconque, vous comprenez déjà que cette votation est une farce, alors autant se donner à cœur joie pour faire voter votre famille et vos amis. Suffit de voter NON et ça sera un bon pied de nez à l’absurdité ambiante.
  • Suivez l’actualité de nos amis de la FFAC qui luttent au quotidien contre les restrictions de circulation qui sont déjà en place à Paris, en Ile de France (périmètre de l’A86) ainsi que dans d’autres endroits de France. N’hésitez pas à aller à leur rencontre ou à les soutenir sur Facebook ou sur leur site : https://www.ac.ffac-citoyens.fr/page/81077-presentation

Vous l’aurez compris, il ne tient qu’à vous de montrer que les dogmes et la stigmatisation n’ont pas leur place dans un pays qui a pour devise Liberté, Egalité, Fraternité. Au nom de quoi devrions-nous interdire les gens de pouvoir circuler si leurs moyens ou leurs usages ne leur permettent pas de s’offrir un véhicule électrique flambant neuf ? Au nom de l’écologie ? L’électricité et les batteries ne sont pas le fait du Saint Esprit mais d’une industrie polluante. Alors pollution pour pollution, autant cesser l’hypocrisie.