Le Nouvel Automobiliste
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Histoire de la Renault Clio [4/4] : 2012, une Clio nommée DeZir

Cette année 2016, la Renault Clio fête ses 26 ans. Pour célébrer ce passage au-delà du quart de siècle, la rédaction de The Automobilist a décidé de revenir sur les quatre générations de la citadine dans leurs époques, sur l’histoire d’une muse automobile au style en mouvement, et sur la culture publicitaire ainsi que son destin commercial. Quatrième et dernier épisode de notre tétralogie avec l’histoire de la Clio IV (depuis 2012), la Clio contemporaine dont l’ambition et la mission ne sont autres que de (re)faire tomber amoureux les automobilistes avec Renault.

Changement d’époque, changement d’identité

De la première Clio, voiture à vivre conçue en qualité totale, à la troisième, dernière Renault de l’ère Schweitzer et insuffisamment rentable, en passant par la Clio II sage sous son bio-design mais pionnière de l’internationalisation du Losange, chaque Clio fut l’ambassadrice d’un moment de l’histoire de Renault. Lorsque le moment arrive de renouveler la Clio pour un quatrième opus, l’époque a à nouveau changé.

La fin des années 2000 est marquée par la crise économique née aux États-Unis et qui s’est transmise aux pays européens, le berceau originel de la Clio. Incités à changer leur voiture à coup de prime à la casse, les clients dépassionnent leur achat automobile. Sous la direction de son nouveau P-DG, Carlos Ghosn, Renault veut proposer des produits rationnels et pragmatiques, et tant pis pour le charme esthétique.

Côté design, l’on assiste dans les dernières années de l’ère Patrick Le Quément à une absence de leadership et d’orientation claire : celui qui avait forgé le Renault des « Voitures à vivre » dans les années 90 s’est vu contester l’esthétique du haut-de-gamme du début des années 2000, lui imputant une part de leur échec commercial. A la fin des années 2000, si le monde tousse, Renault est enrhumé et manque de visibilité.

L’entreprise a besoin d’un nouveau souffle et c’est en partie par le design que l’élan est trouvé. Le successeur de M. Le Quément présente un CV qui n’est pas sans rappeler le cosmopolitisme de M. Ghosn : néerlandais, il travaille autant en Italie qu’aux États-Unis, et se trouve en 2009 au Japon à la direction du style de Mazda. Là-bas, il y a installé les bases d’un design plus dynamique, plus jeune. Bon communicant, l’homme sait incarner une marque. Cet homme, c’est Laurens van den Acker.

2009 : aux origines d’un design dezirable

L’arrivée du nouveau Directeur du style de Renault en 2009 amène un nouveau souffle chez Renault. Loin du constructeur « créateur d’automobiles », Laurens van den Acker identifie dans l’ADN de Renault la capacité à faire des voitures populaires, innovantes, tel un retour aux sources des « voitures à vivre », auxquelles il veut ajouter un élément : le charme, l’amour, le sex-appeal.

La première pierre de ce renouveau est posée très tôt, un an seulement après on arrivée, au Mondial de l’Automobile 2010 avec la présentation du concept-car DeZir. Avec cette étude 100 % électrique de petite berlinette, Renault veut faire tomber amoureux les français. Et tout inspire le charme dans ce concept codé Z24 : le design dépourvu d’arêtes saillantes, l’intérieur organique avec un éclairage tel un cœur qui bat, et la couleur Rouge flamme.

Ce coupé-berlinette au rouge ardent arbore des formes très organiques et sensuelles, au regard de l’épaulement conséquent et de ses hanches très marquées. La face avant se caractérise notamment par une calandre qui suit les feux sur toute la largeur, où trône en son centre un logo surdimensionné. Van den Acker justifie d’ailleurs ce choix par la volonté « d’être fier de rouler en Renault ».

La DeZir est le premier acte d’une hexalogie fondatrice pour Renault : un retour aux sources qui associe à une couleur un type de véhicule, le tout étant fondé dans un cycle joliment baptisé « marguerite du cycle de la vie ». Pour tirer un trait sur le passé et l’époque Le Quément, Van den Acker décide de créer une ligne de 6 concept-cars relatant 6 moments de la vie : Love, Explore, Family, Work, Play, Wisdom, soit Amour, Exploration, Famille, Travail, Jeu, et Sagesse.

Clio IV : vers une nouvelle ère

Si la première Renault à porter le gimmick LVDA, le « nœud papillon » en calandre, est la Twingo II restylée en 2011, le premier modèle à 100 % imaginé sous la direction du nouveau patron du design est la Clio IV. Pour y parvenir, DeZir et Clio sont fraisés dans la même pièce, côte-à-côte.

Pour autant, la Clio IV, sous le nom de code de projet X98, a vu sa genèse commencer un peu avant, sans donc le « nœud papillon ». Cependant, elle l’intègre suffisamment tôt dans son style pour qu’il ne fasse pas rapporté. En famille, Clio et DeZir n’ont cependant pas les mêmes pères : c’est Yann Jarsalle qui signe ainsi que la coque de la DeZir, quand Anthony Villain supervise le design de la Clio IV et que Yohann Ory signe, lui, la Clio IV Estate.

La Clio entre dans une nouvelle ère. Inspirée par le concept-car DeZir, présenté deux ans plus tôt, la Clio devient donc le premier modèle conçu à 100 % sous l’ère Van den Acker. Elle devient ainsi, avec sa cousine technique et d’usine la Zoé, l’ambassadrice du renouveau de Renault. A son lancement, la Clio IV mise, comme avec le concept DeZir, à nouveau sur le rouge et le charme.

La gamme est simplifiée : il n’y a pas de version tricorps, la variante 3 portes est abandonnée, il n’y a -toujours- pas de déclinaison cabriolet. Un maximum de pièces est mis en commun entre les Clio, Zoé, mais aussi la future Nissan Sway/Micra, toutes fabriquées notamment en l’usine de Flins, même si la Clio sort de plus en plus des lignes de Bursa (jusqu’à 4/5 Clio des produites, et 100 % des Estate et conduites à droite). Quant aux prototypes, ils roulent d’abord sur base de Clio III avant de recevoir un camouflage d’autocollants qui brisent notamment la lecture visuelle des lignes de la voiture.

La mise au point faite sur ses origines, allons découvrir la gamme de cette Clio IV en page suivante.