Le Nouvel Automobiliste

Genève 2019 : DS Automobiles dans la valse des défections ?

Les salons automobiles c’est has been… Et si ça ne l’est pas vraiment encore c’est, à tout le moins, en perte de vitesse. Qu’on soit d’accord ou non avec cette affirmation il reste que la participation des marques aux grands rendez-vous que sont les salons automobiles est chaque année un peu plus remise en question. Le Mondial de Paris en a beaucoup souffert, a été raillé de tout côté, s’est transformé assez sensiblement et s’en est sorti avec les honneurs mais, n’en déplaise aux spécialistes de la critique, cela n’a rien à voir avec Paris. Genève, considéré jusque ici comme le salon le plus solide, se retrouve lui aussi dans la tourmente et, après celles de Ford, Volvo et JLR, pourrait enregistrer une nouvelle défection : celle de DS Automobiles.

Pas une première

DS Automobiles absent du salon de Genève 2019 ? C’est semble-t-il une éventualité de plus en plus probable. Mais ce n’est pas la première fois que la jeune marque premium du groupe PSA ferait faux bond au rendez-vous genevois du début du printemps. Car si DS fut bien présente à Genève en 2016 où elle présenta son concept E-Tense puis en 2017 ou elle dévoila son DS 7 Crossback, ce ne fut en revanche pas le cas en 2018 où elle avait préféré se concentrer sur son salon national, à Paris pour y révéler sa DS 3 Crosback.

Une absence qui fut d’ailleurs perçue différemment selon les observateurs, anecdotique pour les uns, la marque n’étant que très peu implantée pour le moment, symptomatique pour les autres, la marque étant encore très peu implantée pour le moment… et ayant donc tout à démontrer en commençant par se faire mieux connaitre et reconnaitre, notamment sur un marché helvétique où le premium réalise des parts de marché conséquentes. On vous laissera juger de la pertinence des deux points de vue par vous-même.

Les raisons ? Toujours les mêmes

Mais alors pourquoi DS Automobiles (et les autres) ne participerait pas à un salon important comme Genève ? Si l’on en croit L’Argus, à l’origine de cette rumeur, le constructeur français pourrait faire défection pour une raison majeure : l’absence de nouveauté à exposer. Si l’on rajoute le fait que le catalogue de DS est toujours pour le moment assez famélique et que la prochaine nouveauté à venir, la DS 8, fera sa première apparition sur un salon, et donc un marché, bien plus adapté à ses prétentions (Shanghai) on peut comprendre que DS (enfin PSA…) n’ait pas trop envie de sortir le carnet de chèque pour aller sur les bords du Léman.

Les vraies raisons ? Toujours les mêmes

Et ce sont finalement bien là les vraies raisons qui poussent DS et les autres à bouder tel ou tel salon. Outre la volonté comme chez Ford de privilégier un autre mode de communication via des événements annexes sur lesquels la marque garde un contrôle total, il y a une notion de coût essentielle. Ce d’autant plus quand on est une marque naissante dont les résultats économiques sont encore fort timides.

Mais il y a aussi, et surtout, un redéploiement global des stratégies commerciales des constructeurs pour lesquels il devient difficile, voire impossible, de participer à un si grand nombre d’événements couteux de par le monde. C’est bien simple, le calendrier des salons auto qui comptent s’étoffe d’année en année et il y a de moins en moins de temps mort : Détroit, Genève, New York, Pékin ou Shanghai, Paris ou Francfort, Los Angeles et, selon les cas, les salons high-tech comme le CES de Las Vegas où les maques automobiles sont de plus en plus présentes se succèdent à un rythme effréné et avec une concurrence de plus en plus accrue. Bien difficile de briller dans cet univers quand on n’a pas grand chose à dévoiler au public. Autant donc ne pas être présent.

L’absence de DS Automobiles à Genève n’est pas encore officiellement confirmée mais elle est fort probable et, avec les autres marques suscitées qui déserteront la cité helvétique, le GIMS 2019 se retrouvera semble-t-il confronté aux mêmes difficultés que le Mondial de Paris 2018. Un problème que rencontreront à plus ou moins court terme la plupart des grands salons internationaux.

Via L’Argus