Le Nouvel Automobiliste
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Genèse design : le concept Renault TreZor expliqué par Laurens van den Acker

Six ans après le concept-car DeZir, programmatique de la gamme actuelle de Renault, Laurens van den Acker présente au Mondial de l’Automobile une nouvelle étude de style pleine de charme : la Renault TreZor. Nous l’avons découverte en sa compagnie pour qu’il nous livre quelques détails sur son design.

En page 2, retrouvez les galeries complètes de nos clichés et des photos prises durant la genèse du projet.

Renault a enflammé son stand du Mondial de l’Auto 2016 avec un concept comme on n’en fait presque plus : une pure étude de style, sans lendemain, mais qui permet de rêver et laisse enthousiaste. A mille lieux des maquettes adaptées de véhicules de série, la Renault Z32, baptisée TreZor, est 100 % libre, donc 100 % intéressant en termes de prospective design sur les futures lignes du Losange.

Une Renault TreZor objet de DeZir

Cette fantaisie prend la forme d’un long coupé biplace typé grand tourisme, à l’image du Maybach Vision 6 : long capot, cellule de vie tout à l’arrière. Et une teinte, le rouge, pour reprendre le cycle de la vie du début. Car la TreZor, jusqu’au Z de son nom, est tout sauf un exercice sans perspective : elle s’inscrit dans la veine de la DeZir, dont elle reprend le rouge flamme sur son vitrage, et elle initie un nouveau cycle de vie qu’indique la marguerite collée sur sa lunette arrière.

Comme le dit LVDA, « TreZor, c’est le début du deuxième Cycle de la vie que l’on veut commencer (…) Cette deuxième génération est en forte continuité avec la première. Les fondations sont solides, donc ce n’est pas une révolution, nous n’allons pas trop vite. TreZor est comme DeZir l’était il y a 6 ans, une déclaration d’amour. Avec DeZir, c’était un coup de foudre ; avec TreZor, c’est un amour plus mûr, le temps d’un week-end ensemble dans une GT romantique. »

Féminin et masculin

Cet amour plus mûr, il est marqué de deux alliances enserrées l’une à l’autre sur les sketchs du projet. Et les teintes sont choisies à l’aloi : l’aluminium masculin, le rouge féminin, les deux mêlés tels le Yin et le Yang. Large de plus de 2m (2,18 m exactement) et longue de 4,70 m (un de moins que la Maybach), la TreZor dispose d’un empattement à la mesure de son profilage, 2,77 m, qui a une fonction également pratique : caser les composants électriques notamment les batteries, une à l’avant et une à l’arrière. L’aérodynamisme est soigné : le Cx est de 0,22, sans le moindre aileron, tandis que la voiture culmine à 1,08 m.

 « L’esprit de TreZor est à la fois féminin, avec des formes lisses, douces, allongées, mais aussi masculin avec des facettes en aluminium satiné.  On a pu les réaliser grâce au design paramétrique, qui permet par conception 3D de créer des formes inimaginables manuellement. » Renault profite ici de l’avancée de la CAO, et suit un chemin déjà emprunté par DS sur son étude E-Tense qui recourt aussi au design paramétrique.

Autre élément de modernité –et c’est une première pour Renault, les optiques au laser, à l’initiative de Stefano Bolis. Ils reprennent, en la complexifiant, le thème de signature lumineuse du Losange, avec de larges C frontaux, et une longue barre horizontale d’un bord à l’autre pour les feux.

« L’important c’est qu’on puisse reconnaître du premier coup d’œil que c’est une Renault. Donc on mature le style, on cherche à garder l’esprit. Ça n’avait pas d’intérêt de changer ce qui a l’air de marché commercialement. Et puis la Russie, le Brésil, la Chine doivent aussi découvrir ce style qu’ils n’ont pas encore beaucoup vu. Audi, par rapport à nous, a plus envie de changer. »

Tradition et modernité

Après le design figé sous les traits voulu par Yann Jarsalle sur un premier projet d’Anton Shamenkov, c’est Stéphane Janin, le nouveau responsable des concepts-cars, qui passe à la réalisation. Ayant déjà officié sous Le Quément, il a pu s’adonner à la réification d’autres beaux coupés du Losange, les Fluence, Nepta et Laguna Coupé. Grâce à la coque carbone choisie pour la structure et la carrosserie en aluminium, la TreZor ne pèse que 1600 kg.

Complexité dans le façonnage du modèle, l’absence de portières qui impose la création d’une lunette-toit intégré qui s’ouvre pour pénétrer à bord. « Elle s’ouvre, comme un coffret à bijoux, on glisse dedans pour monter à bord. Ce n’est pas pratique oui, mais l’amour ne l’est pas non plus ! » explique LVDA. La vie pratique en revanche est offerte par la technologie embarquée, avec un double-écran tactile qui coulisse côté passager et qui est connecté aux smartphones branchés à bord.

Devant l’habitacle imaginé par Laurent Negroni prennent place les bagages, réalisés sur mesure pour la voiture. Pour le Directeur du Style Renault, « il y a à bord un contraste entre la modernité de l’aluminium et les matériaux nobles comme le bois et le cuir tanné des bagages ». Les bois en question sont des lamelles de frêne teintées de rouge qui tapissent l’habitacle.

Électrique et autonome

Côté conduite, tout est donc pensé pour le plaisir du pilote et de son passager. Pourtant, la TreZor est aussi autonome. « Sur TreZor, on déploie des technologies autonomes et électriques que le Groupe maîtrise déjà : le volant s’écarte alors et se divise, les appuie-tête s’ajustent, et les losanges latéraux et arrière s’allument lorsqu’on est en conduite autonome. »

L’on peut ainsi regarder un film tout en se laissant conduire… mais l’esprit reste différent de la Rolls-Royce ‘Next 100 Years’ : « Tout est dédié au plaisir de conduite avec 350 ch pour le moteur et un pédalier qui ne disparaît qu’en mode autonome. » Dans ce monde de modernité, la jauge de batterie reste, elle, analogique.

Ce moteur de 350 ch, la TreZor le reprend de la monoplace de Formule E. Totalement électrique, les batteries installées à l’avant s’accompagnent d’une absence de calandre frontale, façon Tesla, mais aussi d’une compensation nécessaire : « La voiture respire avec sur le haut du capot des alvéoles en nid d’abeille pour rafraichir les batteries, sans avoir de calandre pour autant. » A l’arrière, la lunette s’achève en pointe, comme feu le concept Initiale de 1995, avec deux encoches pour refroidir le moteur.

Conclusion : TreZor d’avenir

Dans les prochaines années, pour animer une actualité Renault qui offrira moins de lancements après ces derniers mois frénétiques, les concepts-cars seront nombreux. « Au Mondial de l’Auto, on a fini de présenter toute la première série, et on en lance une suivante, même si ça prendra du temps, 2 ans au moins, avant de pouvoir tout voir ». Cette nouvelle marguerite qui s’ouvre couvrira tous les segments (le travail, l’exploration, la famille, la sérénité, le jeu…) pour une hexalogie stylistique se traduisant, en série, seulement à l’horizon des 6 à 7 prochaines années.

TreZor inaugure donc une nouvelle marguerite et un nouveau cycle complet. A ceci près que désormais, une nouvelle marque sera présente dans le Groupe Renault : Alpine. Cette GT ne marche-t-elle pas sur ses platebandes ? Pour LVDA, « Alpine n’était pas là au Mondial. Alors, sur le stand du salon, on a joué sur des codes assez proches, sport, beauté, charme, c’est plus ou moins pareil, mais Renault a d’autres idées et d’autre codes qu’Alpine ». A un détail près : l’Alpine verra le jour en 2017 ; la TreZor ne devrait pas dépasser le stade du rêve.

Et pour bien rêver, quoi de mieux qu’un plein d’images ? En page 2, retrouvez nos galeries complètes sur l’histoire du concept-car et des clichés dans les moindres détails.