Le Nouvel Automobiliste
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Genèse Design : Et le Renault Scénic IV fut !

C’est toujours surprenant de découvrir des clichés de la conception d’une automobile, notamment pour sa partie esthétique. A l’image de ce que nous avions pu découvrir l’été dernier avec la Citroën C4 Cactus, voici quelques éléments pour comprendre ce qu’il est advenu de la quatrième génération du Scénic.

Ces premiers documents des origines du design du nouveau Renault Scénic, photos comme roughs ou sketchs, nous sont parvenus sur la page Facebook de CarDesignRessource.

Souvenons-nous d’abord que le Scénic est issu d’une réflexion en profondeur sur la place du monospace dans la gamme Renault et dans la société. Dans la première, l’Espace ne doit sa survie qu’à sa transformation en crossover ; dans la seconde, le passage justement aux crossovers et autres SUV a grignoté les parts de marché d’un Scénic se retrouvant en concurrence de positionnement avec un Kadjar, à cible clientèle équivalente. Le salon de Genève 2011, où trônaient sur le stand Renault les concepts Captur et R-Space, illustrait bien le pas de deux compliqué de Renault, partagé entre la nécessité de suivre la tendance du marché mais aussi de ne pas abandonner un segment dont il est précurseur.

Scénic et R-Space partageant beaucoup de traits communs, c’est sans surprise qu’on retrouve dès les premières maquettes du projet JFA (nom de code interne au Scénic) les gimmicks du concept-car traduits sur un véhicule préparé pour la série. Le décroché latéral, la calandre large déployée du logo aux optiques, ainsi que les rondeurs de la carrosserie montrent une filiation certaine. Pour autant, l’ensemble n’apparaît pas aussi séduisant que sur le concept ! Peut-être une des raisons qui ont voulu que ces lignes ne soient pas gardées.

En revanche, ce qui semble être présent très en amont du projet ce sont les fameuses roues de 20 pouces à pneu tall & narrow. On les retrouve tout au long du projet, sur des maquettes plus proches du modèle définitif et dont certains traits dans les optiques les rapprochent de la Clio IV, de l’Espace V, ou de la Mégane IV via une tentative d’adaptation de la signature à diodes en C dépassant des optiques sur le bouclier.

Une fois les traits formalisés sur l’allure actuelle vient un travail de fond pour affiner les détails. L’objectif, sur les ordinateurs et leurs palettes graphiques comme sur les maquettes en clay, c’est d’obtenir les lignes définitives, industrialisables, sans qu’elles ne perdent de leur force esthétique. Cela peut paraître long au regard des canons actuels de conception d’automobiles, mais seules 5 années séparent le concept R-Space du Scénic final. Renault fut, historiquement et avec Jean-François Venet, un des précurseurs de la Conception Assistée par Ordinateur.

L’intérieur porte également toutes les attentions, plus encore car il s’agit d’un monospace et que Renault a su, à travers le temps, concevoir des intérieurs « à vivre » comme le disait le slogan. Pour le Scénic IV, comme l’expliquait Laurens van den Acker, on revient à un cockpit qui n’oublie pas le conducteur. Adapté aux canons récents de Renault bâties sur plateforme CMF C/D, le Scénic a droit à la dalle tactile R-Link2, tandis que le tout ressemble à un intérieur d’Espace V en réduction.

Et à la fin, l’on obtient le produit final : un véhicule de série aux lignes assez proches du concept tout en étant cette fois totalement réaliste puisque réalisé en usine. Un bond important est marqué par rapport à un Scénic III au profil de boîte à chaussures, et à un tout premier Scénic à la silhouette ovoïde. Reste maintenant à espérer que tous les paramètres suivent : fiabilité, positionnement commercial, performances mécaniques, durabilité… Mais tout ceci n’est plus le domaine des Designers qui bientôt, réfléchiront peut-être à un Scénic V.

Via CarDesignRessource