Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Genèse design : Et la DS 7 Crossback fut !

Nous parlons régulièrement de la DS 7 Crossback qui est annoncée pour être le modèle du renouveau de DS. Après l’avoir découverte dans tous ses détails, puis avoir rencontré ses potentiels premiers clients, ainsi qu’avoir décortiqué sa transformation présidentielle pour Emmanuel Macron, parlons maintenant du projet X74. Car tel fut le code de projet qui donna naissance au DS 7 Crossback.

La première DS 100% conçue comme telle

Première d’une nouvelle gamme, la DS 7 Crossback est aussi la première DS conçue 100% comme appartenant à la marque premium de PSA. Les précédentes DS 3/4/5 en France avaient d’abord vu le jour comme Citroën, tandis que la gamme chinoise était née alors que la marque ne devait être séparée des Chevrons que dans ce pays précis. Ainsi, pour le monde entier, l’acte d’indépendance de DS fut la présentation, au Mondial de l’Automobile 2014, du concept Divine DS.

Sur un stand qui entérinait la séparation de Citroën, Thierry Metroz, directeur du style de DS, exposait ce que devait être une DS : précise dans ses détails, originale mais pas trop non plus, et avec une face avant imposante.

Ces gimmicks ont depuis été repris par l’autre grand concept-car de DS, l’E-Tense présentée au Salon de Genève 2016. Toutefois, c’est bien de la Divine DS que naît l’inspiration du DS 7 Crossback, ainsi que les deux clichés suivant vous le montrent. Les faces avant sont proches l’une de l’autre, et l’intégration des feux est tout à fait similaire notamment.

Des sketchs pour donner du dynamisme au style

En croissance permanente et de diffusion mondiale, rien ne semble pouvoir arrêter le segment des SUV. Il est évident qu’il faut en avoir dans sa gamme et DS s’y plie, pour mieux convenir au marché. Pour correspondre à son positionnement au sein de PSA, ce SUV, qui s’appellera Crossback comme la compacte crossoverisée éponyme, doit être au-dessus des 3008 et C5 Aircross, ou même du futur Opel Grandland X (P1UO en langage PSA/Opel), tous basés sur la plateforme EMP2.

Si bien que les équipes de Thierry Metroz vont s’attacher à faire du DS 7 Crossback un modèle au style propre, malgré une commonalité de conception partagée. Il en ressort un style avec une hayon très incliné, une calandre verticalisée, et de larges jonc chromés. Les critiques diront que le profil rappelle celui d’un Lexus RX, et les optiques le monde Audi. Reste qu’il n’a plus rien à voir avec les DS précédemment lancées en Europe ou même en Chine, et c’était aussi bien là l’ambition.

A l’intérieur, l’œuvre se fait encore plus identifiable avec des éléments propres à donner de la valeur au client. De cette idée découlent le parement de cuir ou bois de Macassar en parties hautes, la montre BRM. Même raison pour le guillochage des habillages, l’écran 12″ et la sellerie cuir à bracelet. Du 100% DS donc, pour insuffler le « wow effect » nécessaire à la carrière commerciale du modèle.

Un long travail de conception

La décision sur le design du projet X74 arrive à la croisée des chemins entre les gammes européennes et chinoises de DS. Les forces de la jeune marque sont en effet inégalement réparties. Ainsi le SUV DS 6 n’est proposé qu’en Chine -et depuis en Iran. La DS 5 au format hatchback très européen a assuré le lancement de la marque en 2011 en Chine… qui préfère les tricorps. Elle est depuis à la peine, tandis que la gamme europenne n’est portée en réalité que par la DS 3. Les ventes des DS 4/Crossback et 5, malgré leurs restylages, sont en difficulté en raison d’un positionnement pas assez clair.

X74 ou X84 ?

C’est sur le constat que Chine et Europe devront avoir la même gamme, fabriquée à deux endroits de la planète, que naît le projet X74. Ou peut-être doit-on l’appeler X84, ce qui théoriquement est le code projet d’un plus gros SUV de DS… Mais qui apparaît sur les plaques de reconnaissances prototype. En tout cas les maquettes dont ont filtré les images montrent un véhicule en droite ligne avec les sketchs ci-dessus. Cela semble être loin de la longue réflexion sur le style contrairement au projet P84, c’est-à-dire le Peugeot 3008. Certains éléments n’ont pas été gardés en série comme la custode de montant C chromée. Même sort pour les « DS Wings de calandre dépassant les optiques. Et remarquez les jantes, parfois reprises de la gamme actuelle en attendant les modèles définitifs.

De légères adaptations

A la marge, les hésitations ont résidé dans le regard du SUV. Devait-il être agressif ou arrondi sur ses angles ? C’est le premier choix qui fut fait, tandis qu’à l’arrière les boomerangs des feux ont été simplifiés. Idem pour les sorties d’échappement, verticalisées plutôt que doublées et horizontales. Les X84 ont été photographiés à Vélizy à l’ADN tandis que les X74 semblent avoir été immortalisés à La Ferté-Vidame, le centre d’essai de PSA. Les barres de toit n’y étaient pas encore pleines, de même que le choix des rétroviseurs. Ces détails n’ont été modifiés qu’à la fin du projet. Idem pour les diodes du pare-choc et le bouclier tout entier, qui n’étaient pas encore totalement figés dans leur style.

Aujourd’hui, le DS 7 Crossback est devenu une réalité de salon et le sera bientôt en concession. Rendez-vous en janvier 2018 en Europe, mars 2018 en Chine, pour découvrir ce SUV. Un modèle du renouveau dont le design a lui seul présente les bases sur lesquelles se bâtit la seconde génération de la gamme DS.

Si vous aimez ce type d’article, vous aimerez nos autres genèses design :
Renault Scénic
Citroën C4 Cactus
Peugeot 3008
Bugatti Chiron
Ford Fiesta
Renault Trezor

Sources : Gotmdm – Design Moteur (sketchs), LinkedIn Thierry Metroz (DS Divine), WorldScoop (maquettes)