Le Nouvel Automobiliste
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Ford Fiesta 2017 : Potion technologique pour rester leader européen (galerie, vidéos)

S’il y a débat pour savoir s’il s’agit de la Fiesta 7, 8 voire 9 -c’est selon la façon qu’a Ford de les compter-, il est un sujet qui fait consensus : la nouvelle Fiesta applique la maxime de Lampedusa, tout changer pour que rien ne change. Tout changer, à l’intérieur et dans le positionnement marketing voulu plus huppé pour un meilleur bénéfice ; pour que rien ne change, sa position de numéro 1 du segment des citadines en Europe. Après l’avoir découverte en live au Go Further de Cologne, voici de plus amples détails sur cette Fiesta… nouvelle génération.

Une question de choix

Commençons par ce qui se voit : pour ses 40 ans, la Fiesta s’offre le choix de 4 versions différentes et aisément reconnaissables par leur style : Titanium pour le chic, Vignale pour le luxe, ST-Line pour le sport, et Active pour l’aventure. Un niveau Trend d’entrée de gamme, une version entreprise (à TVA remboursable) et une vraie version ST arriveront aussi au fil de la carrière de la voiture.

C’est la présence de l’Active qui surprend le plus, l’EcoSport existant déjà comme SUV sur le segment B, mais la marque souhaite ratisser encore plus large et des marchés scandinaves sont friands de ces carrosseries surprotégées (c’est même Volvo qui en fut l’initiateur avec ses CrossCountry/XC à base de V70 puis de V40). Voici donc, avec l’Active, un nouveau chapitre dans la saga des citadines baroudeuses, dans un livre qui voit des devancières au passé peu brillant -Rover Streetwise, VW CrossPolo, Citroën C3 XTR… A voir si l’année 2017 verra enfin l’avènement de ce genre de modèle.

Tout en conservant ses version 3 et 5-portes, un cas rare dans les citadines, Ford signe avec cette Fiesta une gamme large, très large, et à contre-courant des concurrents qui jurent tous que la rentabilité de ce segment ne peut être atteinte qu’en rationalisant les catalogues. Certains, français surtout (coucou PSA et Renault), disent aussi ne plus pouvoir les produire en Europe de l’Ouest. Ford produira en tout cas ses Fiesta européennes à Cologne, en Allemagne. Toujours une question de choix.

Quatre variantes

La Fiesta « normale », la carrosserie Titanium, se veut sage et dans la droite ligne de l’actuelle. Évolution en douceur d’un style qui a très bien vieilli extérieurement, la Fiesta 2017 se remarque aux feux horizontaux, aux flancs plus lisses, et aux phares plus petits. La version ST-Line y ajoute une calandre à nid d’abeille, des jupes latérales, des jantes 18″, et des antibrouillards horizontaux. A l’intérieur, un pédalier en alliage, un volant à méplat et des sièges typé sport sont présents, pour mieux correspondre avec les réglages de suspensions raffermis et le rabaissement de 10 mm en garde-au-sol.

Pour plus de douceur, la griffe Vignale arrive sur la Fiesta après les hauts de gamme de Ford (Mondeo, Edge…) et reprend la recette sellerie cuir Windsor + jantes alu satiné qui permet de les identifier. Sa meilleure ennemie sera la Clio Initiale Paris. Pour plus d’évasion, l’Active est donc proposée avec ses protections plastique grisé sur la carrosserie, ses barres de toit affinées et sa hauteur de caisse supplémentaire.

Ceux qui voudront une Fiesta accessible et dépouillée seront priés de se tourner vers la nouvelle proposition de Ford en entrée de gamme, la Ka+. Un duo à la Sandero/Clio sous le même logo donc, mais qui permet de cibler deux publics différents : Ford le proclame, son actuelle Fiesta s’écoule à 60 % en haut-de-gamme. Et la séparation des cibles, avec une disparition du produit généraliste pur de milieu de gamme et une croissance sur le segment B chez les « low cost » (11 %) et les « premium » (24 %), justifie un tel choix qui, sur le papier, paraît logique. A voir si la clientèle adhère, comme Clément.

Design légèrement retouché

En format, la Fiesta passe le cap des 4 mètres et atteint 4,04 (7,1 cm de plus) en longueur, 1,72 (+1,2 cm) en largueur. C’est suffisant pour que le profil un peu sauterelle de la Fiesta devienne plus posé. En ST-Line, le becquet arrière inspire déjà le côté sportif voulu (en plus du centimètre de garde-au-sol perdu). Le directeur du projet a cité en référence « sportive » la petite Puma de 1997, dont il dirigea le projet. Une allure qu’inspirent aussi les feux horizontaux, et les jantes de 18″ des modèles présentés dans cette première communication officielle.

La Fiesta Active est un peu plus haute et large que les autres, grâce à ses barres de toit et ses protections. Plus lisse, la carrosserie décroche un Cx de 0,287, un des meilleurs du segment B. Si les lignes sont proches de l’actuelle Fiesta, Joel Piaskowski, chef designer de la Fiesta, a précisé que « redessiner une Fiesta n’est pas facile : j’ai suivi la création des 3 dernières, et tout le monde a quelque chose à dire sur son dessin ».

Nouveauté extérieure encore de cette Fiesta, le toit qui en option devient vitré, panoramique et ouvrant ! Il peut être, sur d’autres degrés, peint en noir, en blanc, en « Bohai Bay Mint » ou en « Chrome Copper », aussi, façon DS 4, une teinte qui se retrouve alors aussi sur les coques de rétroviseurs. Les couleurs, qui reprennent le teintier de la génération actuelle, s’enrichissent d’un Bleu Wave, tandis que la Vignale propose un « Milano Grigio ».

Nouvel intérieur

C’est à bord que les connaisseurs de la Fiesta seront les plus déroutés. Si le style habituel de Ford, qui complexifie les lignes, est là, l’IHM est considérablement simplifiée par l’écran tactile 8 pouces. Ne restent avec des boutons que la clim (positionné un peu bas, à voir si c’est gênant au roulage) et le bouton, qui en propose presque un peu trop (à voir là encore en essais). La réactivité de l’écran nous a semblé bonne, et avec des graphismes modernes. Le système SYNC 3, inédit, met le paquet sur les commandes vocales : on peut désormais prononcer des phrases pour que le SYNC analyse le besoin et y réponde. « J’ai besoin d’un café » ou « de carburant » ou « d’un parking » et le GPS indiquera les solutions les plus proches, avec compatibilité Android Auto et CarPlay.

Sur les versions plus modestes, l’écran 8 » est remplacé par un 6,5 « , taille déjà honnête. Les informations de conduite sont transmises entre les compteurs sur un écran TFT de 4,2 « , derrière le volant. Le lecteur CD est en option, tandis que la partition audio est exécutée par B&O Play, à 10 haut-parleurs pour la première fois installé dans une Ford. Ayant plus fière allure qu’avec les boutons de l’actuelle, l’environnement gagne un côté un peu cocon dans la forme de la coiffe de planche, disponible en Tep sur la Vignale. Les passagers arrière gagne 1,6 cm de rayon au genou, et une assise plus creusée. Le volume du coffre n’est pas renseigné mais devrait être similaire à l’actuelle, 290 litres. La largeur du hayon augmente, ainsi que le volume de la boîte à gants et celui des contreportes.

Panel de technologies

C’est sur la sécurité que la Fiesta veut faire la différence, passive d’abord. Par sa structure, qui possède 36 % d’acier boré plus résistant en cas de choc notamment sur le piller B, dessiné en forme de T pour résister aux impacts latéraux. Les portières disposent de capteurs qui anticipent de quelques millisecondes le déclenchement des ceintures et des airbags. L’airbag passager frontal couvre l’ensemble du tableau de bord et non plus seulement la zone en face du siège, pour éviter les contacts avec les angles de l’écran de console. Les ceintures retiennent mieux le bas du corps, ce qui permet d’éviter le recours à l’airbag genoux pour le conducteur.

Sécurité active, ensuite. Il suffit de voir le nombre d’équipements électroniques recensés : 15 assistances à la conduite, 2 caméras, 3 radars, 12 capteurs à ultrasons, le tout pour devenir la citadine la plus technologique. La voiture scanne la route à 130 mètres à la ronde ! De quoi mieux anticiper les freinages d’urgence avec détection de piéton, alerte de franchissement de ligne, reconnaissance des panneaux, éclairage actif de la route pour ne pas éblouir les usagers, régulateur adaptatif, alerte de vigilance conducteur, alerte anti-collision, surveillance des angles morts, et alerte de véhicule en approche (cross traffic alert) pour vous prévenir, lorsque vous sortez d’un garage ou qu’un obstacle surgit hors de votre champ de vision. Pour du segment B, c’est une première car nombre de ces technologies ne sont même, pour certaines, pas dispo sur les segments supérieurs !

Le stationnement semi-automatique est aussi proposé (créneau ou bataille, mais pas épi) et active les freins. Côté vie pratique, l’on peut parler des protections de portière lors de leur ouverture (une petite languette qui se déploie pour protéger contre les chocs), hérité de la Focus. Point à ne pas négliger, l’isolation phonique est annoncée en progrès (7 % de bruit en moins à 100 km/h).

Offre moteur large, mais pas encore de ST !

De 70 à 140 ch en essence, l’offre propose 2 blocs : 1,1 l TiVCT, en 70 et 85 ch, et l’EcoBoost 1,0 en 100, 125 et 140 équidés. Le 1.1 L TiVCT est un nouveau 3-cylindres prend au sein des groupes propulseurs d’entrée de gamme la place de l’ancien 1,25 L atmo en terme de puissance (nous avons redécouvert ce bloc disponible en 70 et 85 ch dans l’essai par Frédéric de la nouvelle Ka+). Par contre, ce nouveau moteur dispensera plus d’agrément mais aussi moins de CO2.
La boîte automatique n’est dispo que sur l’essence 100 ch. En Diesel, bonjour le 1,5 l TDCi 120 ch, pour la première fois sur la citadine, en 85 et 120 ch, avec des émissions de CO2 en cycle NEDC commençant à 82 g/km. Pour les 1,0 EcoBoost et TDCi 85, une calandre active sera proposée afin de réduire la pénétration aérodynamique. Un mode Eco sera également proposé pour réduire les conso.

Point de blocs hybrides ou électrique à attendre, ce n’est pas au programme, malgré une concurrence existante. Un peu en retard sur ce point, Ford investit dans l’électrique pour les années à venir. Il le faudra pour assurer le succès complet de la Fiesta face à des centre-villes anti-thermiques et un marché (Renault Zoé, future e-DS 3) qui se crée au fur et à mesure.

Pour autant, Ford pose avec cette Fiesta les jalons pour assurer la continuité de son règne sur le segment B. Avec 4,8 millions de ventes sur 14 millions d’autos écoulées dans 29 marchés, les citadines demeurent le premier segment européen. Face à une pénétration de 25 % des carrosseries SUV, la Fiesta Active sera là pour répondre aux demandes, et sera la première « Ford Active » d’une gamme que l’ovale veut déployer à travers ses gammes dans les années à venir. Une Focus Active, une Mondeo SW voire un S-Max Active pourraient donc voir le jour, dans quelques années.

Voulue plus premium, la Fiesta demeure choisie à 40 % pour son design, premier critère des clients. Et face à un prix en hausse, Ford invoque la Ka+, notamment en Grande Bretagne, Italie et France où les ventes sont espérées les meilleures.

Pour découvrir la New Ford Fiesta 2017 en vidéo, c’est par là :

En 40 ans, la Fiesta aura mué près de 10 fois (les Fordistes n’étant pas tous d’accord sur le nombre de générations exact) : 2017 verra l’avènement de cette nouvelle génération. Les essais auront lieu au printemps, pour un lancement dans le courant du premier semestre.

Via Ford, Youtube.