Le Nouvel Automobiliste
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Ford : 40 ans de succès pour une quadra nommée Fiesta (galerie, vidéos)

21 juillet 1976. Ford présente pour la première fois une petite voiture, citadine, censée jouer des coudes avec les Fiat 127, Peugeot 104, Citroën Visa, et autres Renault 5. Aujourd’hui, la Ford Fiesta fête ses 40 ans cette année. C’est l’occasion parfaite pour revenir sur les 4 décennies d’un des plus gros best-sellers de la marque à l’Ovale bleu.

La Fiesta, ou Bobcat en interne, représente un enjeu de taille pour la marque américaine : citadine, traction avant, réalisée de A à Z en partant de rien, dans un contexte technique bordélique (3 bases : Dearborn, Dunton et Merkenich, usines européennes surpeuplées, processus de réunification en cours), elle n’avait pas le droit à l’erreur.

Et puis vint la Fiesta.

La Fiesta, pourtant considérée comme une « sous-Escort », va être un symbole d’entente et de rassemblement économique et technique pour la marque américaine : les bureaux de recherche anglais et allemand s’entendront pour le lancement du modèle, et une nouvelle usine sera construite rien que pour elle, en Espagne ! Sortie des usines de Saarlouis en Allemagne, de Valence en Espagne, et de Dagenham en Angleterre, elle sera très bien accueillie à sa sortie, célébrant en 1979 le millionième exemplaire.

3 moteurs essence seront proposés : un 1.0 de 40 ch (base), et un 1.1 de 45 (L) ou 53 ch (Ghia), aux roues avant. Une première pour la marque sur un véhicule de grande diffusion, vue comme « le premier véhicule universel de Ford depuis le Model T ».

L’année 1981 vit l’apparition de la première version sportive de la citadine américaine : la XR2. Dotée d’un moteur 1.6 de 84 ch, elle tentera de jouer des coudes avec la Peugeot 104 ZS, la Renault 5 Alpine.

La seconde génération de la Fiesta sort en 1983. Elle sera la première génération à proposer un moteur diesel, un 1.6 délivrant 54 ch. En essence, on note l’arrivée d’un nouveau moteur 1.1 développant 69 ch. Côté sportives, Ford reconduit la XR2, désormais forte de 96 ch.

https://www.youtube.com/watch?v=400QNUii22g

Ford lance la troisième génération en 1989, forte d’un nouveau design aux lignes adoucies et d’une nouvelle déclinaison 5 portes. Elle gagnera notamment 3 versions sportives, la XR2i, dotée d’un moteur 1.6 de 110 ch (ou 1.8 de 130 ch à partir de 1992), mais surtout, la démoniaque RS Turbo, et son moteur poussé à 133 ch aux roues avant grâce à son turbo Garrett T3. Côté mazout, le turbo diesel fait son apparition dans la gamme, où un bloc 1.8 de 75 ch est lancé en 1992. A noter que son lancement sera marqué par le meilleur départ de son histoire depuis 1976 avec près de 500 000 ventes en un mois seulement !

Et un petit coup de XR2i, ça détend !

1995 verra le lancement de la quatrième génération de la Fiesta. De nouveaux moteurs essence Zetec conçus en partenariat avec Yamaha seront lancés, dont un 1.6 de 100 ch implanté dans la version S à tendance sportive de la gamme à partir de 1999. Sur le plan technique, elle n’est pas considérée par Ford comme une génération de Fiesta à part entière. En cause, le châssis datant de la précédente génération, et conservant les côtes de 1989, aujourd’hui considérées comme trop étroites pour la clientèle visée. Autre curiosité de la gamme, la version Elance. Considérée comme l’équivalent d’une Renault Clio Baccara ou d’une Volkswagen Polo Carat, elle était suréquipée : cuir, fermeture centralisée, climatisation, ronce de noyer sur le tableau de bord. Une trousse de maquillage a même fait son apparition en lieu et place du vide-poches pour ces dames ! Enfin, la Fiesta gagnera une version coupé, la Puma, motorisée par des blocs Zetec 1.4 et 1.7 de 90 à 125 ch (155 ch pour la Grande-Bretagne).

La cinquième génération arrive en 2002 et se remarque par son entière nouveauté. Châssis, design, moteurs, tout a changé pour mieux s’accorder à la concurrence, Peugeot 206, Renault Clio et Opel Corsa en tête. Proposant des blocs allant de 68 à 90 ch pour la gamme classique, la Fiesta gagnera deux versions à tendance sportive : la S, et son bloc 1.6 de 100 ch ; et la ST et son 2.0 de 150 ch. Elles auront en ligne de mire les Citroën C2 VTR (1.6 110 ch) et VTS (1.6 125 ch).

Ford la lancera également en rallye pour la première fois dans des formules à bas coût et des programmes de détection de jeunes pilotes à partir de 2005.

Un p’tit coup d’oeil sur la Fiesta tricorps qui était alors proposée sur le marché indien;

Enfin, la sixième génération, lancée en 2008, change du tout au tout. Finie la silhouette cubique, la Fiesta est polyvalente et a une identité forte, comme en témoigne son design. Côté moteurs, la Fiesta s’articule autour de 2 moteurs essence 1.25 de 60 ou 82 ch, et 1.4 de 96 ch ; et un moteur diesel 1.4 TDCi d’origine PSA pour commencer. Elle s’étendra avec l’arrivée d’un moteur diesel 1.6 de 95 ch, et surtout, d’un bloc 1.6 de 134 ch présent uniquement dans une version spécifique dénommée « Sport Platinum ». La version ST arrivera plus tard, en 2013, dans la version restylée de la Fiesta. Arrivée en même temps que la nouvelle génération de moteurs EcoBoost (doute : moteur EcoBoost arrivé en 2011, non?), maintes fois primée, la Fiesta ST embarque sous le capot un moteur 1.6 de 182 ch avec overboost délivrant jusqu’à 200 ch pendant 10 secondes. Ce même bloc sera poussé jusqu’à 200 ch sans overboost (220 avec overboost) cette année.

La rumeur persiste sur la supposée présence d’une Fiesta RS, label que l’on a plus revu depuis la troisième génération.

Ford poursuit le programme de détection de jeunes pilotes en JWRC mono-modèle, et développe une nouvelle gamme de Fiesta adaptée au règlement rafraîchi de la FIA. Finies les catégories S1600 et S2000, place au JWRC, R5 et au WRC avec ses véhicules de gamme inférieure !

Quelques séries limitées connues du public seront présentées durant la vie du modèle : Fun, Senso, Viva, Steel. Dans le détail, la Magic, sortie en 1994, avait la particularité de présenter un kit carrosserie spécifique qui donnera une allure plus ronde et plus moderne à la caisse, évoquant par ailleurs son ainée, l’Escort, tout fraîchement restylée la même année. Un fait rare pour une série spéciale, malheureusement réservée au marché helvétique. La GT rendra hommage en 2005 au retour de la supercar éponyme, avec un kit carrosserie spécifique, plus agressif, et la fameuse nuance blanche à double bandes bleues vue sur son inspiratrice.
Et enfin le duo Red/Black Edition sortira en 2015 et se positionnera en GT un cran en dessous de la ST avec une présentation bicolore spécifique, des jantes de 17 pouce, un châssis réglé aux petits oignons et un moteur inédit, le toujours  agréable 1.0 EcoBoost, poussé à 140 chevaux.

Au total, ce seront une conception réussie dans la plus chaotique des conditions de l’époque, un marché ultra-réceptif dès le départ, et plus de 15 millions d’exemplaires toutes générations confondues à travers le monde qui feront de la Ford Fiesta une référence internationale dans sa catégorie, elle, qui est en train de se préparer pour un septième opus en 2017, est et reste la référence et la reine du segment B en Europe depuis 2012.

Via Ford, Youtube.