Le Nouvel Automobiliste
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Essai Volkswagen Golf GTE : verte tueuse ?

Quand on annonce, comme Volkswagen le fait au sujet de cette Golf, une consommation officielle de 1,5l/100 pour 35 g de CO2/km, que, dans le même temps, on prétend offrir les performances et le plaisir de conduite d’une GTi et qu’on habille sa voiture en conséquence, on prend le risque de s’exposer à un diagnostic médical sévère, du genre schizophrénie aiguë… Mais, que  vous parveniez à relever un tel challenge et, en un éclair, vous passez du statut d’illuminé à celui de génie visionnaire porté aux nues. C’est en tout cas la promesse un peu folle que nous fait Volkswagen avec sa GTE : le progrès ET le plaisir, l’« écologie » ET la sportivité, le fromage ET le dessert, le beurre ET l’argent du beurre. Impossible de ne pas céder à la tentation dé vérifier tout cela…

Au sommaire de cet article :

page 1 : Présente moi ta GTE que je me fasse une idée

page 2 : Et en plus elle roule

page 3 : A lire impérativement avant de passer chez votre banquier (ou chez vous puisque, si ça se trouve, votre banquier c’est vous)

Que ce soit bien clair : la voiture que vous avez sous les yeux est noire et bleue (et non blanche et dorée)

C’est d’ailleurs une alliance assez réussie qui permet à cette Golf de rester une Golf tout en se singularisant, très légèrement, par quelques petits détails spécifiques. A Wolfsburg on a volontairement fait le choix de ne pas démarquer particulièrement cette voiture du reste de la gamme et l’on a opté pour une formule simple : GTi/GTD + e-Golf = GTE et le résultat est, comme il se doit, un « hybride » des trois véhicules…

A l’avant on retrouve ainsi les très réussis feux de jour de la e-Golf qui, par rapport aux autres déclinaisons de la compacte, migrent des optiques vers le bas du pare-chocs en formant un C de chaque côté. Ces DRL sont par ailleurs reliés, dans leur partie inférieure, par une ligne de chrome élargissant ainsi visuellement le véhicule et lui conférant une vraie personnalité et une identification très aisée dans le trafic. Mais c’est à peu près la seule distinction notable de cette hybride, pour le reste, la GTE s’habille exactement chez le même tailleur qu’une GTi ou une GTD : bas de caisse, double sortie d’échappement (à gauche comme sur GTD et non de part et d’autre du diffuseur comme sur GTi), feux arrière à LED, petit spoiler sur le hayon, rien ne manque, et seules les touches de rouge ou de gris des deux cousines GT se remaquillent pour adopter la couleur bleue. Cette couleur, sensée évoquer l’électricité, se retrouve sous la forme d’un liseré traversant toute la face avant (phares compris), sur les logos VW du capot et du hayon, sur les quatre monogrammes GTE appliqués sur les quatre cotés de la voiture, et, plus original et surtout plus évocateur, sur les étriers de frein qui, avec la monte 17 pouces optionnelle de notre véhicule se remarquent au premier coup d’œil et font leur petit effet. A 405 €, je ne saurais d’ailleurs trop vous conseiller d’en équiper votre véhicule car les jantes de série de 16 pouces, quasi pleines et identiques à celles de la e-Golf sont assez… euh… spéciales…

Le fil rouge sur le bouton rouge, le fil vert sur le bouton vert… et le fil bleu sur le volant noir

Cette couleur bleue positionnée par petites touches sur la carrosserie se retrouve également, comme un fil rouge, dans l’habitacle. Bon, soyons honnête, à l’instar de l’extérieur ce n’est pas la couleur dominante et comme nombre de Volkswagen en pénétrant dans l’habitacle on a toujours un peu le sentiment de passer du côté obscur de la force… Pour le folichon il vaut mieux aller voir ailleurs car les seules marques de gaieté sont justement les petites touches de notre bleu électrique positionnées de ci de là, essentiellement sous la forme de surpiqûres : sur la belle sellerie cuir (en option à 1920 €), sur le très agréable volant sport à méplat ou encore sur le soufflet de la boîte de vitesse. Un peu de bleu encore sur le pommeau (en vrai faux alu) de cette même boîte ou, de nuit (boîte de nuit ah ah…), avec l’ambiance « électrique » du tableau de bord qui se poursuit via des guides de lumière sur les contre-portes (mais à l’avant seulement c’est bien dommage) et même sur le seuil de portière… Ça en jette d’entrée.

Il n’empêche que tristoune ou pas il sera bien difficile de critiquer quoi que ce soit dans cet habitacle qui, et c’est un peu une tradition maison, affiche une qualité perçue de tout premier plan. Matériaux bien choisis, grain mat et très valorisant des plastiques (qu’ils soient rembourrés ou non), ajustements nets et précis, pelliculage agréable des boutons de commande avec des « clics » doux et peu sonores, moquette dans les bacs de portière, etc. Autant de détails aussi sérieux que soignés qui font qu’on apprécie vite cet habitacle, la Golf restant un incontestable benchmark dans ce domaine.

Et c’est d’autant plus vrai que la présentation de cette planche de bord est moderne et parfaitement pensée d’un point de vue ergonomie et lisibilité. On rajoutera à cela que l’habitacle dispose de nombreux espaces de rangement de différentes tailles eux aussi bien conçus avec, par exemple, pour celui situé derrière le levier de vitesses, une belle profondeur et un revêtement antidérapant efficace. Et en prime l’espace à bord est tout à fait satisfaisant, à l’avant comme à l’arrière, 4 adultes s’y sentiront très à l’aise et le cinquième n’aura même pas vraiment de quoi se plaindre, sauf si on le met dans le coffre qui, batteries obliges, se voit assez sérieusement grevé par rapport à une Golf classique. Mais, qu’on se rassure, ces batteries ne génèrent pas que des inconvénients, d’ailleurs vous allez vous en rendre compte dès la page suivante.