Le Nouvel Automobiliste

Essai Suzuki Swift Sport : la GTI des temps modernes

Avec ses 970 kg à vide sur la balance et ses 140 chevaux sortis d’un moteur 1.4 l turbocompressé, la Suzuki Swift Sport semble alléchante sur le papier. Mais face à des super GTI qui profitent de près de 200 chevaux, voire plus, sait-elle encore tenir tête à ces puissantes bombinettes ? Réponse dans cet article qui nous emmène sur les routes bretonnes, en mêlant parcours sinueux, voies rapides et autoroutes. Et pour jouer à fond la carte GTI, nous n’avons pas opté pour la version hybride SHVS mais pour la motorisation 100 % thermique, tout récemment retirée du catalogue.

Un look sportif mais pas trop exagéré

Avant de parler de cette troisième génération, commençons par un peu d’histoire. Tout débute en 2007 lorsque la marque japonaise dévoile sa première Suzuki Swift Sport et ses 125 chevaux. Le succès est au rendez-vous ; le retour des clients est plus que positif. Le look sans fausse note, le moteur puissant et le châssis aux petits oignons font de cette version un joujou extra qui fait crac boum hue… Et en plus, lorsque Suzuki présente sa Swift Sport 2 en 2012, la pression ne retombe pas. Avec ses 136 chevaux et son look toujours aussi plaisant, les clients sont fiers de leur monture. Puis, afin de convenir aux normes d’émissions de CO2, Suzuki décide en 2020 de modifier, un an à peine après son lancement, la motorisation de la Swift Sport pour lui donner une version hybride SHVS avec une micro-batterie de 48 volts. La version 100 % thermique de cet essai est donc quasi collector, puisque retirée du catalogue mais pas introuvable sur parc ou en occasion récente. Mais avant de parler sensations, parlons design : cette 3ème génération de Swift Sport en version pure thermique, est-elle toujours aussi agréable à regarder ?

Au premier coup d’œil, c’est immanquable : cette Suzuki Swift Sport donne le ton. Avec son spoiler avant retravaillé avec du faux carbone ou bien ses jupes latérales du même traitement, elle ne cache pas son statut de sportive. De même avec son pare-chocs arrière avec double sortie d’échappements et son becquet arrière.

De la même trempe, ses jantes diamantées de 17 pouces lui vont bien et apportent une certaine homogénéité à l’ensemble. Sans compter sur sa teinte de carrosserie, dénommée Speedy Blue Metallic, qui renforce son côté acidulé ou plutôt déluré, n’est-ce pas ?

Grâce à toutes ces petites touches de peps, cette Suzuki Swift Sport arrive à se démarquer de la version de base tout en offrant le juste nécessaire. Après, tout est affaire de goût mais son dessin est bien dans l’esprit des GTI des temps modernes.

Un peu de sport dans l’habitacle mais sans plus

Il faut tout de suite le dire, l’intérieur de cette Suzuki Swift Sport s’apparente beaucoup à la version de base. On retrouve ainsi le tableau de bord avec les compteurs analogiques ou encore l’écran de la console centrale et sa panoplie d’info-divertissements.

Toutefois, pour se distinguer, l’habitacle de cette finition Sport ajoute quelques touches de sportivité. On pourra ainsi remarquer les inserts décoratifs de couleur rouge ou bien les surpiqures des sièges avant. Afin de renforcer son côté sportif, le compte-tours se pare d’un fond rouge et l’ambiance lumineuse du combiné d’instrumentation passe à la même couleur.

Côté environnement sportif, cette Swift Sport adopte des sièges avant semi-baquets. Même si ceux-ci se révèlent du plus bel effet, ils se montrent assez vite inconfortables au quotidien. Tout particulièrement sur de longs trajets. À l’arrière, les personnes de plus de 1,80 m se trouveront très vite engoncées. La hauteur sous pavillon reste assez faible et la largeur aux coudes est trop juste pour accueillir 5 personnes. Seule la longueur aux jambes est appréciable.

Autre revers de la médaille d’une « petite » voiture, la Suzuki pêche un peu niveau coffre. Avec seulement 265 litres, il peut se révéler un peu juste, même pour des éléments du quotidien comme les courses. Pour partir en voyage, il vous faudra vous armer de patience pour trouver la bonne combinaison au jeu de LEGO.

Le plein d’équipements

Un point sur lequel la marque japonaise reste intransigeante, c’est la sécurité et les équipements. Le système d’info-divertissements qui trône en haut de la planche de bord regroupe toutes les informations nécessaires. Après un petit temps d’adaptation, il se montre facile à utiliser. Le système GPS se montre efficace comparé à d’autres. Grâce aux technologies Apple CarPlay et Android Auto, vous pourrez plugger facilement votre téléphone portable.

Niveau équipements de sécurité, tout y est ou presque et ceci de série sur toute la gamme. On retrouve ainsi le régulateur de vitesse adaptatif, les feux de routes automatiques, la lecture des panneaux ou encore l’avertisseur de collision avec assistance au freinage d’urgence. D’ailleurs, il est à noter que ce dernier équipement se montre un peu trop réactif. Il s’est mis très facilement à bipper alors que le risque de collision était quasiment nul dans certaines conditions. Un peu énervant dans le flot de la circulation.

Un moteur peu expressif mais une mécanique bien huilée

Alors que les précédentes génération avaient droit à un moteur 1,6 l atmosphérique, cette nouvelle génération opte pour un moteur 1,4 l turbocompressé pour répondre aux exigences des nouvelles normes de pollution en vigueur. Bien que profitant de 140 chevaux, ce moteur se montre assez vite essoufflé dans les hauts régimes. Cependant, et en contrepartie, il faut souligner que dans les bas régimes et jusqu’à 5 000 tr/min, il ne manque pas de caractère. Les accélérations sont efficaces et la poussée du turbo reste agréable. On aurait néanmoins apprécié un tempérament plus expressif sur toute la plage d’utilisation du moteur, défaut qui peut avoir été corrigé par la nouvelle version hybride dont l’unité électrique s’exprime à bas régime justement.

Il faut aussi ajouter que cette Suzuki Swift Sport adopte une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports très bien étagés. Que cela soit en conduite normale ou sportive. Un point à souligner lorsque la plupart des GTI de ces derniers temps se parent de boîtes à double embrayage qui font parfois perdre un peu de saveur et de sportivité à la conduite.

Mais là où la Suzuki Swift Sport manque le coche, c’est sur la sonorité. Vue la dimension des pots d’échappement, on aurait pu s’attendre à une explosion de son. Malheureusement, c’est le silence absolu. Même en essayant de monter dans les tours, elle se montre littéralement aphone. Dommage pour une petite GTI…

Un léger manque de précision face à sa devancière, et une autonomie faible

Malgré de bons points côté mécanique, reste un petit bémol : la direction un peu floue. Lorsque l’on achète un véhicule à caractère sportif, c’est, entre autre, pour la précision et le placement en virage. Las, force est de constater que cette Suzuki Swift Sport souffre d’un léger manque de rigueur dans sa direction, notamment pour le placement en entrée de virage. On est sans cesse en train de chercher le point de corde. Un poil embêtant pour un véhicule sportif.

Cependant, côté confort, celui-ci est roi. Les suspensions sont bien calibrées et rendent les aspérités de la route presque invisibles. On n’ira pas jusqu’à la considérer comme une Rolls-Royce tout de même, mais face aux précédentes générations, le niveau a nettement progressé. Un bon point pour une petite sportive de cet acabit vu l’état de plus en plus dégradé de nos routes françaises.

Par contre, niveau autonomie, c’est un peu décevant. Avec seulement 37 litres, le réservoir se vide pratiquement à vue d’œil. On se surprend du coup à régulièrement surveiller la jauge de carburant et on prend soin tout de même de vérifier que l’on n’est pas trop loin d’une station-service. La raison de cette petite inquiétude récurrente vient du fait que la consommation de la bombinette est assez élevée. Nous l’avons relevée à une moyenne de 10 litres aux 100 km, ce qui pour une petite citadine, certes de 140 chevaux (seulement) est un peu beaucoup. Du coup, ne vous inquiétez pas, votre pompiste favori deviendra votre nouvel ami.

Une concurrence ? Mais laquelle ?

Sur ce terrain, on pourrait quasiment dire que la Suzuki Swift Sport est seule au monde. Impossible de la comparer à une Renault Clio R.S. ou une Peugeot 208 GTI, non renouvelées l’une et l’autre et dont les puissances étaient beaucoup plus élevées. Mais en cherchant bien, on trouve quand même quelques rivales.

La Ford Fiesta avec son moteur EcoBoost de 140 chevaux en fait partie. En finition ST-Line, elle peut facilement se mesurer à la Swift Sport. L’esprit est identique, les performances similaires mais la Ford offre une qualité perçue bien supérieure et se montre aussi plus habitable. Le tarif est de plus très proche (20 400€ pour la Swift contre 20 100€ pour la Fiesta).

À côté, on peut également la confronter à une Volkswagen Up! GTI. Concernant cette micro GTI, même si celle-ci se montre plus petite, moins chère (16 800€) et moins puissante (115 chevaux), l’esprit GTI reste présent.

Le choix raisonnable ?

Au Nouvel Automobiliste, on a plutôt bien aimé cette Suzuki Swift Sport. Avec son kit carrosserie avenant, sa présentation sans trop de fausses notes, elle fait tourner les têtes dans les rues. Mais il y a quelques bémols. Son moteur de 140 chevaux trop fade, ses sièges avant inconfortables et le manque de précision de sa direction nous ont laissé sur notre faim. Sans compter son autonomie trop faible (presque un plein pour faire à peine 350 km, c’est trop peu). Des éléments qui sont peut-être corrigés sur la dernière version de la Swift Sport, dotée d’une hybridation légère SHVS de 48 volts qui octroie un surplus de vivacité à l’accélération et baisse les consommations. Reste que c’est à présent sur parc 0 km ou en occasion récente que vous pourrez trouver cette version non-hybride.

Malgré cela, pour ceux qui cherchent une petite sportive polyvalente et 100 % thermique au quotidien, le choix est raisonné. Vous pourrez vous faire plaisir aux feux rouges. Mais pour les personnes ayant aimé le caractère explosif des anciennes générations, ceux-ci seront déçus et devront soit comparer avec la version SHVS désormais au catalogue, soit se tourner vers la concurrence.

Texte/Crédits photos : Christian CONDÉ/Le Nouvel Automobiliste