Le Nouvel Automobiliste
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Essai : Suzuki Baleno BoosterJet – l’EcoBoost a du souci à se faire !

Après une Baleno ayant mise toute la presse auto d’accord et un Vitara en pleine forme, Suzuki équipe ces deux modèles d’un moteur turbo-essence au doux nom de BoosterJet : est-ce réellement mieux ?

1 – La conduite, en mettant le  turbo !
2 – Vivable au quotidien ?
3 – Infotainement
4 – Dissection du BoosterJet & tarifs

Un nom, deux moteurs

Suzuki délivre deux versions du BoosterJet : 1,0 litre et 1,4 litres pour respectivement 111 ch / 170 Nm et 140 ch /220 Nm. Le premier équipe le poids plume qu’est le Baleno, tandis que la plus grosse cylindrée est réservée au Vitara. Reste à voir si le turbo ne grève pas le plaisir procuré par un moteur atmosphérique, et si les gains perçus sont réellement percevables au quotidien.

Alors, bien sur la route avec ce nouveau moteur ?

Commençons donc par la Suzuki Baleno équipée d’un tri-cylindres et d’une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. D’entrée de jeu, elle est facile à prendre en main : la position de conduite est bonne, l’instrumentation complète, et le guidage de boîte suffisamment précis pour vous informer que votre rapport est bien enclenché. Les accélérations jusqu’à 80 km/h sont sérieusement rapides (ce qui est moins le cas entre 80 et 100 km/h, ce qui grève le résultat du classique exercice du 0 à 100 km/h à 10 secondes), et cerise sur le gâteau, on a la réelle sensation d’être poussé à chaque accélération. La Baleno n’est donc pas avare en sensation et saura vous faire sourire même si vous n’aurez pas réussi à pécho un soir !

Mener la Suzuki Baleno à un rythme infernal sur route mouillée (Bretagne oblige !) est un exercice qui est à répéter régulièrement tellement elle est agréable à conduire. Le châssis a un comportement exemplaire sur les petites routes, le sous-virage est très peu prononcé, voire inexistant, et malgré les pneus Bridgestone Ecopia, la voiture a quand même de quoi tartiner dans les diverses courbes et virages.

Pour montrer à quel point la configuration des suspensions est exemplaire, il suffit de tirer le frein à main en plein virage et sentir à quel point la Baleno reste stable, contrôlable et surtout, très prévenante (on sent où on pose les roues et ce que va faire la voiture). Le problème est que ce genre de comportement est un tantinet addictif…

Le talon-pointe s’exécute sans le moindre souci et le double débrayage est facile grâce à un moteur suffisamment réactif.

Le freinage est bon et endurant (merci le poids plume !), mais manque malheureusement d’un peu de mordant : la sensation est légèrement floue dans la pédale de frein lorsqu’on l’attaque avec vigueur. Cependant, il est impossible de lui en vouloir sur ce point car il s’agit avant tout d’une petite citadine du segment B !

NDLA : pour rappel, le segment B comprend les véhicules bi-corps dont la longueur est comprise entre 3700 mm et 4100 mm.

Côté confort, l’amortissement est légèrement trop ferme par moment, avec une compression ferme des amortisseurs mais une détente douce : l’impact sur un dos d’âne se fait très bien ressentir, mais à l’inverse, la sortie est douce. Pas très dérangeant pour le conducteur qui aura normalement le sourire (sauf peut-être après quelques heures), mais pour les passagers, ce n’est pas forcément cool.

Une fois la vitesse stabilisée, la sensation de vitesse disparaît totalement et vous serez entre 20 et 30 Km/h au-dessus de ce que vous pensez être. Le plaisir procuré par l’accélération et la rapidité à laquelle on atteint les 80 Km/h est piégeuse : attention à votre permis de conduire en ville pour peu que vous fassiez parti de ceux regardant la route plutôt que les compteurs !

En ville

En parlant de ville, il est à noter que son diamètre de braquage ridicule lui permet de se faufiler au milieu des ruelles les plus étroites sans effort, le tout épaulé par une direction relativement souple donnant de bonnes remontées d’informations. Cette souplesse est d’ailleurs un point faible lors d’une conduite sportive, mais encore une fois, la Baleno, même équipée d’un moteur BoosterJet, n’en est pas une !

Un point est par contre réellement gênant : le radar anti-collision. Sa sensibilité est telle que même dans le mode le plus faible « Near », il s’excite gravement. Ne parlons même pas du mode « Far » où vous aurez une certaine envie de mettre votre poing dans le volant. Il semble tout simplement que le capteur ne prenne en compte que la distance sans vraiment considérer que la vitesse à laquelle on roule tout comme l’angle de braquage son également des facteurs qui influent grandement sur s’il devrait sonner ou non.

Fort heureusement, une pression de littéralement 5 secondes sur le bouton de désactivation du radar anti-collision permet la désactivation de celui-ci. À noter qu’il se réactive automatiquement à chaque démarrage du véhicule.

La boîte automatique à 6 rapports est potable ?

Je dirais même plus que digeste ! Pour faire simple : les rapports sont très bien étagés, mais le vrai point fort est l’agrément de conduite procuré par cette boîte qui répond au doigt et à l’œil. Le temps de réponse avec les palettes au volant (!) est d’ailleurs tellement court que le moteur n’est pas assez rapide pour se caler au régime demandé !

Quoi qu’il en soit, les passages de rapports sont majoritairement doux, mais peut être légèrement plus brutale (sans excès) si vous écrasez la pédale d’accélérateur, qui soit dit en passant n’a pas de « clic » pour annoncer que vous amorcez le kickback (rétrogradage de la boîte auto).

Pour résumer : on valide totalement cette boîte de vitesse automatique qui rappelle l’efficacité d’une certaine EAT6 du groupe PSA, mais avec une certaine touche qui fait qu’on a moins l’impression qu’une pédale d’embrayage est très légèrement pressée à basse vitesse…

1 – La conduite, en mettant le  turbo !
2 – Vivable au quotidien ?
3 – Infotainement
4 – Dissection du BoosterJet & tarifs