Le Nouvel Automobiliste
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Essai Seat Arona FR 1.5 TSI Evo ACT 150 ch : Arona Therapy

Essai Seat Arona FR 1.5 TSI

Toujours en pleine forme, le marché des SUV urbains ne désemplit pas et chaque marque y va de son modèle. Avec son Arona, Seat est l’une des dernières marques à rejoindre la danse. Dans cette catégorie qui commence à saturer, on ne saurait se contenter de nouveaux prétendants qui ne se distinguent pas de la concurrence. C’est bien là le challenge que doit relever ce nouveau Seat Arona, positionné comme SUV urbain, mais en mesure d’offrir une réelle alternative pour sortir de ville avec cette motorisation 1.5 TSI de 150 ch, exclusive à la finition FR.

Face aux leaders -vieillissants- que sont Peugeot 2008 et Renault Captur, ainsi qu’aux références montantes que sont les Citroën C3 Aircross et Kia Stonic, le Seat Arona saura-t-il apporter un vent de fraîcheur sur le segment ?

Seat Arona et Ibiza : Les faux jumeaux

Encore un SUV ? Il est vrai qu’après le C3 Aircross que nous avions essayé ou encore le récent Volkswagen T-Roc, ce n’est pas nécessairement le genre de véhicule qui m’attire. Mais force est de reconnaître leur réussite commerciale. Pour se démarquer, Seat compte sur son coup de crayon, qui a attiré mon attention sur ses dernières productions. Parmi celles-ci, ce nouvel Arona.

Dès le premier coup d’œil, la filiation avec une Ibiza est naturelle. Normal me direz-vous, étant donné que les deux partagent la même plateforme MQB AO, mais aussi des traits de style particulièrement proches. De ce fait, il n’est pas surprenant d’y voir une version surélevée de 5 cm et bardée de tous les attributs esthétiques d’un SUV.

Le Seat Arona reprend les codes stylistiques de l’Ibiza… et les surélève !

Les caractéristiques stylistiques de l’Ibiza sont donc reprises dans leur globalité, avec cette calandre en deux parties et des ouïes latérales tracées au scalpel. Mais à l’inverse de la citadine, la signature lumineuse devient ici encore plus tendue, dépourvue de courbe.

Parée d’une teinte Rouge désir attirant le regard et d’un toit Noir Minuit, la finition FR, qui représente jusqu’à présent la plus haute définition de ce modèle, se pare d’attributs qui viennent compléter parfaitement cette configuration. Entre autre, une double – et factice – sortie d’échappement, une grille de calandre noire, ainsi que la présence de la motorisation 1.5 TSI 150 ch qui lui est exclusive.

La finition FR se distingue par sa calandre spécifique avec son badge bien visible

Ce contraste de couleurs est encore plus perceptible, avec une ligne de carre commençant sous le vitrage et s’achevant sur le montant C par un logo spécifique X qui sied plutôt bien au style global… La face arrière fait exception, et n’a pas reçu autant d’attention. En cause, le traitement des feux arrière à l’effet tombant, accentué par leur partie inférieure blanche.

Dommage que les feux arrière ne fassent pas aussi dynamique que ceux de l’avant

A l’intérieur, pas de réelle surprise : le design de la planche de bord de l’Ibiza est repris dans son intégralité. Nous retrouvons des formes anguleuses pour la quasi-totalité des éléments, telles que les contre-portes – recouverte de plastiques durs – ou encore les aérateurs, tandis que les détails de la finition FR se font plutôt discrets.

La planche de bord est bien assemblée et limite les plastiques durs

Hormis le volant signé du logo FR et doté de surpiqûres rouges (qui se prolongent sur le bandeau de planche de bord), les éléments de « sportivité » sont timides, à l’image de la typographie des compteurs ou encore de la forme des sièges en tissu, plus incurvés que d’habitude. Un peu chiche, et ce n’est pas le Red Pack de notre modèle d’essai – facturé 300 euros – qui ajoute de réelles touches de couleurs, mis à part les ceintures de sécurité et des étriers de freins.

En complément des traditionnels rangements situés dans l’accoudoir, les bacs de portières ou encore sous le bloc climatisation, le coffre saura accueillir sans difficultés vos affaires, en offrant une capacité de 400 litres.

Le volume de coffre se situe dans la moyenne haute de la catégorie

Bien que dépourvu d’une modularité poussée, l’Arona ne proposant pas de banquette coulissante, le volume de chargement se situe tout de même dans la moyenne haute de la catégorie sans être pénalisé par la présence du caisson de basse de l’option Beats Audio System – anecdotique au passage. Seul le récent C3 Aircross et ses 410 litres garde le leadership… On se consolera toutefois avec un seuil de chargement assez bas permet ainsi qu’une découpe bien carrée.

Dans sa globalité, cette première approche du nouvel Arona est convaincante. Qu’en est-il côté comportement routier ?

SUV Urbain et Sportivité : le paradoxe

Le bloc 1.5 TSI Evo de 150 ch chapeaute l’offre moteur essence. Il bénéficie de 250 Nm de couple dès 1500 tours/minute, de la désactivation des cylindres ACT pour limiter la consommation, et se permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 8.0 s, permettant à l’Arona d’être assez dynamique en usage courant.

Ce petit 4-cylindres n’a pas cessé de nous impressionner par son endurance

Nous pouvons le dire rapidement, la pratique rejoint la théorie car bien que timide au premier abord, ce 4-cylindres se montre volontaire dès que l’on insiste sur l’accélérateur, au point de le prendre pour un moteur atmosphérique ou de se rappeler comment se comportait le 1.8 TFSI de l’Audi TT.

Aussi curieux soit-elle, la recette fonctionne et ce moteur n’en démord pas lorsqu’il s’agit d’encaisser les montées dans les tours, tout en continuant d’accélérer l’allure… On se demande alors si la fonction Seat Drive permettant de jouer entre les modes Éco / Normal / Sport, est légitime ou si elle n’est là que pour répondre simplement à une demande du marketing.

Malheureusement, le symbole X n’est pas synonyme de 4 roues motrices…

Car en mode Normal sur une bonne partie de notre essai, le nouvel Arona s’est montré à la hauteur sur quasiment tout type d’utilisation. Pas tous ? Non, le bémol vient d’une part de la boîte de vitesses 6 rapports qui accroche quelque peu et autant dire qu’en traversant les différents villages, nous avons regretté amèrement l’absence de boîte DSG, qui n’est pas proposée avec cette motorisation.

Quelque peu accrocheuse, cette boîte 6 rapports aurait mérité une variante DSG

D’autre part, l’utilisation d’un tel moteur est surtout appréciable sur routes dégagées et moins adaptée à une utilisation urbaine intense. Pourtant, ce SUV à tous les atouts pour, avec ses aides à la conduite embarquées telles que le freinage d’urgence, les différents radars et le Park Assist. Idem pour l’agencement des différents éléments entre les commandes de climatisation -légèrement orientée – vers le conducteur et ce grand écran tactile de 8 pouces tombant naturellement sous la main, ne venant pas distraire inutilement le conducteur.

Nous avons apprécié la légère orientation des commandes d’aération vers le conducteur

Le temps, peu clément avec nous durant cet essai, nous aura permis de constater l’efficacité de l’Arona dans cette version FR, avec un comportement sain quelles que soient les conditions.

Tellement plaisant à conduire qu’on serait bien reparti avec !

Le train avant, bien que moins incisif qu’un Peugeot 2008, se place sans difficulté tandis que l’arrière limite la dérive et vient se replacer instantanément. Équipé de suspensions Sport, d’un différentiel électronique ou encore d’un freinage avec assez de mordant, les petites routes sinueuses ne nous ont guère inquiété.

Un des rares moments de beau temps sur la durée de notre essai

Cerise sur le gâteau, une consommation contenue de 6.2 l, favorisée par la désactivation de 2 cylindres dès que la pédale d’accélérateur n’est pas sollicitée, ainsi qu’avec un Stop&Start réactif et peu intrusif.

Enjoué par ce bloc moteur, on en oublierait presque de mentionner les équipements disponibles dans la voiture. Les afficionados de smartphones sauront y trouver leur compte, avec la possibilité d’y connecter son téléphone Android ou Apple via les applications dédiées, charger ces derniers via les 2 ports USB ou encore par induction. Le GPS de 8 pouces s’est également montré réactif et doté d’une interface intuitive, ne souffrant au final que d’une voix un peu trop intrusive sur les musiques jouées pendant ce temps. Au moins, vous êtes certains de ne pas rater la bonne sortie…

Le GPS aura su se montrer un bon assistant bien qu’un peu trop intrusif

A la fin, notre périple n’aura pas été fatiguant à bord de l’Arona, qui montré confortable y compris avec ses jantes de 17 pouces ainsi que les suspensions Sport. Emmener 2 passagers à l’arrière ne devrait pas être une torture, l’espace aux jambes étant correct. Bref, du plaisir passé à le conduire avant de se pencher sur la question qui peut fâcher : cette configuration est-elle financièrement intéressante ?

Lorsque l’Arona entre dans l’arène…

Comme annoncé auparavant, la concurrence fait rage sur le segment des SUV citadins et l’Arona aura fort à faire ,notamment face aux Peugeot 2008 et Renault Captur qui occupent le haut du classement. Ces derniers sont d’ailleurs des concurrents désignés étant donné qu’ils sont les seuls à proposer des finitions plus typées sportives que confort.

Avec des tarifs démarrant à 16.500 euros pour la finition d’entrée de gamme baptisée Référence, à 22.895 euros pour la version FR, le nouveau Seat Arona est (bien) plus accessible que ces principaux concurrents.

Cela se traduit – sur les premières motorisations essence de 115 ch – par un écart allant en sa faveur, de l’ordre de 1100 euros – face au Renault Captur S-Edition TCe 120 à 23.300 euros, à plus de 2000 euros face au Peugeot 2008 GT Line PureTech 110 à 23.750 euros.

L’écart se resserre toutefois aux alentours de 600 euros, dès que l’on s’intéresse aux plus gros moteurs essence, avec un tarif de 24.095 euros pour le Seat Arona équipé du TSI de 150 ch.

Le nouveau Seat Arona se montre de ce fait, assez compétitif d’autant que sa qualité de finition ainsi que les équipements proposés de série, n’ont pas à rougir face à la concurrence.

La qualité de finition est correcte dans son ensemble

A ce niveau de gamme, les 3 SUV intègrent globalement les mêmes équipements que vous êtes susceptible de vouloir, à savoir les radars AV/AR, les capteurs de pluie / luminosité, un GPS tactile avec Mirrorlink, les projecteurs à LED ou encore les jantes 17 pouces.

Mais, c’est au niveau des équipements proposés en option que certains peuvent tirer leur épingle du jeu. A titre d’exemple, le Peugeot 2008 offre le convaincant Grip Control ainsi que le toit vitré. En option s’y ajoutent la caméra de recul ou le freinage d’urgence. Pas mal, mais on retrouve ces dotation de série sur le Arona et le Captur. Ce dernier se distingue d’ailleurs par le système de démarrage sans clé de série, tout en proposant le système audio Bose et le toit en verre en option.

L’option Beats ne nous a pas laissé un souvenir impérissable

Mais au final, le Seat Arona bénéficiant d’une conception plus récente, propose d’autres équipements – en option – tels que le régulateur actif de vitesse ou encore la détection des angles morts, fort utile au quotidien.

Ultime point plaidant en faveur du Arona, un passage du 0 à 100km/h plus court – à 8 s – que ceux des 2008 en PureTech 130 et Captur en TCe 150, tournant autour de 9.2 s… Est-ce là le bonus offert par le cylindre supplémentaire ? Atout au final non négligeable lorsqu’il s’agit de dépasser en toute sécurité.

Ce Seat Arona s’est donc montré convaincant dans cette finition FR / TSI 150ch

Conclusion

Le Seat Arona arrive certes après la concurrence mais sait avancer quelques arguments pour faire mouche, notamment dans cette version FR. Avec un design qui attire l’œil, un comportement routier sûr, de meilleures performances par rapport à la concurrence et surtout à la page côté équipements, ce nouvel Arona FR TSI 150 est la symbiose parfaite pour les familles ou les couples souhaitant se faire plaisir avec des escapades régulières en véhicule compact hors des villes.

Texte et Crédit Photos : Fabien LEGRAND