Le Nouvel Automobiliste
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Essai : pneu Continental SportContact 6 – La gomme des sportifs !

 

Vous cherchez un pneu pluie avec des performances de semi-slick ? Vous vous demandez quels pneus ont été utilisés pour exploser le record du Nürburgring en traction avant avec la Civic Type R ? Vous voulez savoir si ils seront adaptés à votre monture ? La réponse est là….

1 – Sur route ouverte
2 – Sur piste
3 – Concurrence, composition et tailles disponibles
4 – Au delà du pneumatique

Continental, plus connu pour ses pneus que pour ses autres activités, nous a dévoilé son dernier-né, le SportContact 6, qui a demandé de longues années de mise au point en partenariat avec Honda (pour la Civic Type R) et Audi (Nouvelle R8), un pneu souhaitant lier le meilleur des mondes :

  • Niveau de grip
  • Capacités sous la pluie ou sol mouillé
  • Remontées d’informations dans le volant et dans le corps
  • Durabilité supérieure au SportContact 5P

La grande question est : y parvient-il ?

Bien évidemment, on peut d’ores et déjà supprimer le test de durabilité pour cet essai car impossible à vérifier, quoi qu’un certain exercice de drift a quand même indiqué que le pneu supportait des contraintes assez lourdes sans pour autant être rongé jusqu’à la tresse. Pour les trois autres critères, le test a été réalisé avec une BMW 435i Xdrive, Audi TT-S, Honda Civic Type-R, Renault Mégane RS 275, Mégane RS 275 Trophy, Porsche 911 (991) Carrera  S, Porsche Macan Turbo et enfin, l’électrisante Tesla Model S P85D. Une grande brochette de kilowatts en somme ! À cette brochette s’ajoute une paire anglaise de véhicules dotés des SportContact 5P (car homologués et vendus en première monte avec) : Jaguar XF 2.0 D (oui, le seul diesel ici !), et l’aussi efficace qu’inutile mais terriblement attachante Range Rover SVR.

Afin de tester le niveau de grip, rien de tel qu’une bonne route de montagne : départ donc de l’aéroport d’Hyères-Toulon pour remonter au Nord-Est et profiter du nombre de virages de différents type s’offrant sous nos pneus : La BMW 435i Xdrive et ses 4 roues motrices n’ont pas failli à leur tâche malgré les quelques légers sauts de la voiture en plein virage à des vitesses pas forcément catholiques, la masse du véhicule semble se transférer d’un côté à l’autre sans effort, et sans surtout excès : les flancs sont suffisamment rigides pour éviter un écrasement du pneu en cas de très forte charge (coup de volant sec, enchaînement de virages serrés, etc…à).

Cette même rigidité permet surtout de fournir des informations dans le volant et dans le dos. Dans le cas de cette BMW, c’était peine perdu pour le volant offrant la direction la plus molle qui soit car le capteur de pression des pneus n’a pas été remis à zéro suite au changement des pneus : bloqué en mode confort, les modes Sport et Sport+ étaient inaccessibles par mesure de sécurité… Cette mésaventure a quand même permis de sentir que le SportContact 6 sait rester silencieux (paraît-il que c’est important pour une berline dont l’échappement réveille la ville entière), et remonter suffisamment d’informations dans le dos pour savoir où je mettais les roues.

Le passage à la Honda Civic Type R change la donne : pneu de première monte, le SportContact 6 sait faire son travail. Mais la vitesse sur le trajet était bien trop limitée pour se rendre compte des qualités vu que le châssis se montre imperturbable. En revanche, la direction, remonte bien les informations, bien que la Renault Mégane RS sache mieux y faire dans le domaine.

Chose intéressante, le moindre angle donné au volant se ressent immédiatement. Ça tourne et avec une réactivité digne des pneus semi-slicks, ou de pneus concurrents bien plus ferme. Niveau sensations pour le reste du corps : chapeau bas, ce n’est pas trop ferme, ni trop mou (quoi qu’un peu plus de fermeté pour une voiture qui se veut aussi radicale n’aurait pas été de refus), et on sait exactement ce que fait le châssis. Les énormes freinages en descente ne semblent pas déranger le monstre japonais : c’est stable, prévenant, sain. Pas de gros serrage de fesses à prévoir et vous pourrez vous concentrer sur le pilotage.

Le constat est le même pour la Audi TT-S, quoi que le freinage paraissait un poil moins sain que celui de la Honda Civic Type-R, mais c’est plus lié à la configuration des suspensions qu’aux pneus pour le coup. En aucun cas l’ABS ne s’est déclenché en descente quelques soient la pression exercée sur les freins. Précisons que la route était en mode « fin de pluie » avec des zones sèches et des zones en fin de séchage, légèrement humide mais pas mouillé, soit la pire condition avec le début de pluie.

La Renault Mégane RS… Voiture mythique qui a su l’emporter auprès de très nombreux passionnés ayant la même passion : conduire et piloter. Chaussée de SportContact 6, la direction est comme dit plus-haut, dotée d’un feedback au top (ce n’est pas la Mazda MX-5, mais on en est vraiment proche !).

La séance de torture ne semble pas lui faire grand mal, y compris les gros transferts de masse ou les petits transferts gauche-droite très rapides : roulez tout droit, gigotez le volant de gauche à droite pour faire des mini-slaloms en restant dans votre voie pendant de nombreux mètres jusqu’à ce que la voiture devienne absolument instable. Le pneu commence généralement à ne plus trop apprécier et à se comporter comme un chiffon s’il est trop mou. Ce n’est pas le cas ici, l’appui au sol reste large et le flanc fait son travail.

Et comparé au SportContact 5P ?

La Jaguar XF et le SportContact 5P se comporte à peu près de la même manière, car le poids est relativement limité comparé au Range Rover SVR, chaussé en 22 pouces, pèse environ 2.350 Kg.

Le Range Rover SVR avec sa sonorité de supercar fait des ravages sur la route (on précise qu’il a obtenu un petit 8 minutes et 14 secondes sur le Nürburgring histoire de s’y retrouver un peu), et accroche étonnamment bien à l’asphalte dans les grandes descentes. Les freins montraient leurs limites bien avant les pneus du fait de l’énorme masse à freiner. L’ABS ne s’est donc jamais déclenché, mais la puissance de freinage s’est rapidement dissipée. Piégeur et à ne pas reproduire trop souvent sur une route de montagne, mais il faut avouer qu’avoir la possibilité de rouler aussi vite qu’un coupé taillé pour la route avec un énorme SUV, c’est tout bonnement impressionnant.

Dans la Jaguar XF, le silence domine. Les pneus ont un toucher ferme (dos d’âne, trou sur la route) mais dans l’ensemble ça reste parfaitement confortable, et hônnetement, pour un 2.0 L diesel de 180 ch, je n’en attendais pas moins, surtout avec l’excellente boîte automatique à 7 rapports qui l’équipe.

1 – Sur route ouverte
2 – Sur piste
3 – Concurrence, composition et tailles disponibles
4 – Au delà du pneumatique