Le Nouvel Automobiliste
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Essai Opel Karl 1.0 75 Cosmo Pack : Au nom du Fils

Parmi les mini-citadines, il y a pléthore de modèles et faire son choix n’est pas aisé. A l’ombre des icônes en fleurs du segment que sont les Renault Twingo, Peugeot 108 ou Volkswagen Up!, il est une coréano-allemande qui aimerait faire son trou : l’Opel Karl. En voici l’essai, en 4 temps.

Partie 1 : Karl, dis-moi qui tu es
Partie 2 : Karl, ouvre-moi tes portières
Partie 3 : Karl, prenons la route ensemble
Partie 4 : Parlons budget

Karl, dis-moi qui tu es

Rares sont les constructeurs automobiles à faire dans l’onomastique, la science des noms. Renault beaucoup, avec les Mégane et Zoé ; Alfa Romeo un peu, avec les Giulia et Giulietta ; et Opel récemment, en revisitant son patrimoine familial. Ainsi sont nées les citadines Adam (du nom du fondateur) et Karl (du nom d’un de ses fils). Heureusement pour General Motors, maison-mère d’Opel, il y a encore plein de noms chantants à disposition dans l’arbre généalogique pour compléter la gamme dans le futur (au hasard avec une sémillante Emmy, un haut-de-gamme Ludwig ou une sportive Rikky). D’ailleurs, l’orthographe exacte de Karl est issue de Carl von Opel. Mais, peut-être pour affirmer son identité germanique, la marque a fait le choix, comme Dino Buzzati, du K.

Industriellement, cette Opel Karl n’a pourtant pas grand chose de « made in Germany ». Certes, ces dernières années Opel a surfé sur la Deutsche Qualität, mais les logiques productives de General Motors veulent que la Karl soit d’ascendance Coréenne, plus précisément de l’usine de Changwon. Sortent de ses chaînes une cousine (la Chevrolet Spark ou Beat, sous une autre carrosserie), une sœur jumelle (la Vauxhall Viva)… ainsi que la mère de toutes, la Daewoo Matiz Creative commercialisée sur le marché Vietnamien.  En Inde, on retrouve la carrosserie de la Karl, mais badgée Chevrolet Beat. La Karl, c’est un vrai roman familial.

Lancée en 2015, la Karl participe au recentrage du positionnement d’Opel vers des produits de milieu de gamme. En effet, lorsque GM Europe commercialisait encore Chevrolet sur nos terres, le low cost était réservé à ce dernier tandis qu’Opel devait truster le premium. Las, Chevrolet parti, Opel doit tenter d’en reprendre la clientèle. La Karl remplace ainsi la Chevy Spark, partie fin 2014, mais aussi la lignée des Agila, minispaces conçus depuis 2000 avec Suzuki. A la fin, on obtient une citadine avec une silhouette un peu haute et avec un prix plancher (dès 9990 €). Sacrée synthèse !

Karl, citadine avant tout

La Karl se situe donc en-dessous de la Corsa dans la gamme Opel. Ses dimensions sont donc très compactes (Longueur : 3,68 m ; largeur : 1,69 m ; hauteur : 1,48 m), ses porte-à-faux réduits, et sa forme assez cubique à l’arrière pour garantir du coffre. On est cependant loin de la boîte à chaussures qu’était la première Agila : sur cette Karl, les designers Opel ont fait de beaux efforts de tôlerie, notamment sur le profil avec trois nervures sur les portières. A l’avant, la nouvelle calandre aux extrémités en accolade enserrent le « Blitz » de la marque, avec rappel du nom Opel, et un jonc en chrome vient souligner les anti-brouillards. Dotée d’un regard mi-mutin, mi-souriant, la Karl est agréable à regarder.

Notre modèle d’essai dispose de la teinte Bleu Pétillant, qui porte bien son nom, et qui est métallisée. On peut féliciter Opel d’avoir choisi comme couleur de lancement le Rouge Solaire, ça change des éternels gris… Le nuancier Karl propose aussi un Vert Citron et un Violet Mystique. Côté jantes, nous sommes sur la monte intermédiaire, en alliage 15 pouces. L’ensemble confère à la Karl une petite prestance, ni celle d’un caddie endimanché, ni ostentatoire. En revanche la marque n’a pas prévu de personnalisation comme Peugeot ou Renault l’ont fait : ce domaine est réservé à sa grande soeur à trois portes, l’Adam.

Il faut préciser que notre modèle d’essai est en finition Cosmo Pack, le degré le plus haut de la gamme Karl. Si bien qu’elle a fière allure cette petite voiture : détails chromés pour les antibrouillards, montants B peints en noir, vitres teintées…

A l’arrière, la Karl rappelle un peu la Corsa D, en plus rabougrie. Le logo Opel dissimule la poignée d’ouverture du hayon. Le jeu de lignes dynamise convenablement ce 3/4 arrière pour qu’il ne soit pas lisse. La Karl ne donne pas non plus l’impression, malgré sa faible largeur (1,69 m), d’une Daewoo Matiz… alors qu’elle est sa lointaine aïeule puisque fabriquée historiquement dans la même usine, à Changwon. Et puisque la voiture ne paraît pas si peu spacieuse, allons donc le vérifier en montant à bord.

Partie 2 : Karl, ouvre-moi tes portières
Partie 3 : Karl, prenons la route ensemble
Partie 4 : Parlons budget