Le Nouvel Automobiliste

Essai Nouvelle Volkswagen Polo 1.0 L TSI 95 ch DSG7 : La maxitadine ?

Polo est-il toujours le bonbon le plus trou (là) ? Marco Polo a-t-il vraiment inventé les spaghettis ? Le Polo est-il uniquement un sport d’aristocrates ? Pourquoi alors, si tel n’est pas le cas, le water-polo ne se joue-t-il pas avec des hippocampes ou des hippopotames ? Si ce sont des questions que vous vous posez (nous pouvons en discuter par ailleurs), sachez que vous n’y trouverez aucune réponse dans l’article qui suit. En revanche si vous vous demandez si la sixième génération de la Volkswagen Polo est à même de rester parmi les cadors de sa catégorie, alors vous êtes au bon endroit. Et vous allez le voir, la nouvelle mouture de la citadine de Wolfsburg, ne se présente pas sans arguments sur ce marché ô combien concurrentiel.

A-POLO-gétique du style Volkswagen

C’est peut-être « enfoncer des portes ouvertes » que de l’affirmer, surtout d’emblée, néanmoins la nouvelle Polo est avant tout une Volkswagen. Avec tout ce que cela suppose de positif comme de… négatif. Un terme bien délicat à utiliser avec les productions de la marque allemande car, on le verra très vite, outre que les points de vue sont subjectifs par nature, ce qui peut-être considéré comme un point faible sur une VW est en fait quasi systématiquement un point fort.

La nouvelle Polo est un véhicule sérieux, sans excentricité aucune, sobrement dessiné, rigoureux dans son traitement et, en conséquence, immédiatement identifiable comme faisant partie de la famille Volkswagen. Ôtez-lui son logo et rien ne devrait trop changer dans votre perception. Les critiques peuvent donc s’abattre aisément : froide, banale, déjà vue, à peine une évolution de la précédente, sans saveur, sans originalité, trop proche de sa grande sœur Golf à laquelle elle fait indéniablement penser… Autant d’arguments qui ne sont que des qualités pour un amateur de Volkswagen – pas seulement pour lui – et qu’il est particulièrement aisé de démonter un à un.

Froide ? Avec les 14 couleurs du nuancier, dont huit nouvelles, et la livrée rouge de notre modèle d’essai bien difficile de la trouver si glaciale que ça. D’autant que notre First Edition était parée de stickers décoratifs sur le capot et sur le toit (dont je vous laisse juger du caractère esthétique avec les photos ci-dessous) pour mettre un peu de fun dans tout ça. Naturellement, si tout le monde la commande en gris métal ce sera moins agréable. Retenez quand même, si vous teniez absolument à la choisir de la couleur du ciel au mois de novembre, qu’il existe au catalogue une teinte originale dans cette nuance avec le White Silver. Et puis si vous souhaitez rendre le style de votre Polo un peu moins frileux, VW vous propose la finition R-Line, certes un peu plus couteuse mais également un peu plus démonstrative ainsi qu’un catalogue de jantes allant jusqu’au 18 pouces.

Banale, sans saveur, sans originalité ? Ce sont naturellement des perceptions hautement subjectives sur lesquelles il est bien difficile de se prononcer catégoriquement sans voir les uns ou les autres tenter de vous arracher les yeux. Il est vrai que cette Polo ne vous fait pas chavirer au premier regard et que ses traits, droits, tous, sont simples et sans ostentation. Mais au final la voiture est avant tout discrète, un avantage pour beaucoup d’acheteurs, et particulièrement rassurante car elle renvoie indéniablement une image de sérieux, de solidité et de rigueur qui séduira nombre de clients. Vous les pensez plus audacieux et moins austères que ça ? Que nenni. Figurez-vous que 60 % des acheteurs cibles de VW pour cette Polo sont des « empty nesters ». Vous ne connaissiez pas ce terme hautement marketing qui frise un peu (beaucoup) le ridicule ? Rassurez-vous moi non plus, mais maintenant que votre ami Google (il le fera mieux que moi) vous a permis de trouver une réponse à vos interrogations sur le sujet vous comprenez sans doute pourquoi on ne fait pas trop dans la fioriture stylistique du côté de la Basse-Saxe. On saluera du coup l’exceptionnelle audace dont ont fait preuve les designers en réalisant la signature DRL en « zig-zag » des optiques full LED. Si ça c’est pas de l’excentricité ! (et dire que nous n’avons pas encore abordé le chapitre de l’habitacle). Sauf qu’à titre personnel je trouve ce dessin bien étrange, limite incongru sur cette face avant – je dois être trop conservateur – même s’il faut reconnaitre qu’il fait moins brouillon que les signatures des autres VW du moment.

Déjà vue, à peine une évolution de la précédente ? La filiation avec celle qu’elle remplace est évidente, notamment sur le profil ou à l’arrière qui, il est vrai, change peut-être trop peu et se révèle aussi un peu triste. Mais pourquoi faudrait-il absolument changer radicalement de style à chaque génération ? Surtout quand ce style fonctionne bien ? Une Polo se doit d’être immédiatement identifiée comme une Polo. Et c’est le cas.

Elle ressemble à une Golf ? De face, en y jetant un œil distrait et furtif, c’est vrai. Mais c’est un excellent point car cela signifie aussi qu’elle en impose comme une compacte du segment C alors qu’elle n’est qu’une citadine du segment B. Et puis finalement, tous les constructeurs ne rêveraient-ils pas, au moins secrètement, qu’on confonde leur production avec la reine absolue qu’est sa Majesté la Golf ?

D’autres critiques sur le style ? Allez, évoquons tout de même cette barre horizontale colorée dans la calandre. Déjà vue sur la nouvelle Arteon elle prolonge visuellement le capot lui conférant un côté plus arrondi qu’il ne l’est en réalité. Mais il est vrai que son intégration n’est pas d’un esthétisme à toute épreuve. Pour le reste on ne peut guère faire autre chose que de saluer la qualité globale de la présentation, ajustements de carrosserie parfaits, peinture de belle facture et très lumineuse, jantes de 16 ou 17 pouces variées (15 pouces + enjoliveur  en entrée de gamme Trendline) remplissant tout à fait correctement les passages de roues. Propre, net, précis… Libre à vous d’aimer ou pas naturellement.

Sono Beats, climatisation automatique et couleurs ! Watts, air… POLO ??

Je vous sens immédiatement prompts à venir me titiller sur cet habitacle après ce que je viens de vous rapporter du design extérieur de la voiture. Aussi par prudence je prends les devants : « Oui mais alors tu viens nous dire qu’extérieurement cette Polo rassure, qu’elle est faite pour les séniors, qu’il ne faut pas trop chambouler le look et tout et tout… et à l’intérieur c’est la révolution totale avec une déco de ouf, des couleurs tapageuses et même une sono pour écouter de la musique punk ! Pas logique ! ».

Pas super logique j’en conviens. Mais on va quand même largement nuancer tout ça. Il faut le reconnaitre la nouvelle Polo marque une petite révolution dans le style habituellement très sage (qui a dit austère, monacal, déprimant, gothique, sombre, noir, noir et surtout noir ?) des habitacles de la marque. À l’ouverture de la portière de notre First Edition Rouge Uni ce n’est pas sans un certain plaisir qu’on découvre une planche de bord largement parée d’éléments décoratifs colorés en lien avec la livrée extérieure, le côté clinquant du brillant en moins, l’aspect valorisant du satiné mais aussi du laqué noir en plus. Pour ceux qui tiennent absolument au clinquant signalons néanmoins que c’est possible compte tenu des nombreuses combinaisons disponibles. Mais je vous aurais prévenu. Rajoutez-y le traitement clair de la partie basse de l’habitacle et les sièges sports siglés Beats reprenant à la fois le principe du bi-matière et du bi-colore et vous voila aux antipodes de l’image traditionnelle qu’on a d’une VW.

C’est indéniablement sympathique d’autant que ça flatte globalement la rétine dans un premier temps. Un examen plus poussé entraine un constat plus mitigé. Rien à dire côté ajustement, c’est là encore rigoureux et pratiquement sans défaut (sur une version Carat nous avons toutefois été surpris par une différence d’intensité de la ligne lumineuse soulignant la planche de bord qui pourrait bien résulter d’un écart dans l’alignement entre certains éléments). Mais les matériaux sont, pour leur part, plus susceptibles à l’émission de quelques réserves.

Chaque lecteur sait combien nous autres essayeurs automobiles nous aimons à nous palucher sur les plastiques durs ou moussés, on ne nous le reproche que trop. C’est un débat sans fin il est vrai. Le problème en soi n’est pas, à proprement parler, celui de la dureté des plastiques mais bien plus celui de la qualité perçue qu’ils renvoient de manière générale. En l’occurrence les plastiques durs de cette Polo ne sont absolument pas désagréables à l’œil (au toucher bien entendu ils sont… durs) mais ils sont juxtaposés, au sens le plus strict du terme, à des plastiques souples de très belle qualité. Et la comparaison s’avère du coup fort peu glorieuse pour les contreportes, la différence sautant vraiment aux yeux. Ce qui pèche c’est donc plus ici un certain manque d’homogénéité entre les matières que l’utilisation de matériaux médiocres, mais fait-on mieux ailleurs ? Clairement non.

Par ailleurs d’autres petits détails de finition ou de disposition sont agaçants. Par exemple, que la carrosserie apparente dans l’habitacle au niveau des encadrements de portière soit devenu une norme chez tous les constructeurs est une chose, que l’habillage du large pilier de porte arrière ait disparu entre la Polo V et la Polo VI en est une autre. De la même manière l’absence de poignée de maintient au plafond (explication officielle : il faut placer les airbags rideaux) m’a carrément énervé à plusieurs reprises, ma main cherchant en vain cette poignée, par réflexe, plus d’une fois durant l’essai.

On chipotera peut-être aussi un peu sur quelques détails. Le volant, strictement identique à la mouture précédente mais néanmoins agréable à prendre en main et parfaitement fonctionnel. Le combiné d’instrumentation et son écran central monochrome, et non couleur, ou ses compteurs devenus très impersonnels en perdant leur cerclage (mais on rappellera qu’en contrepartie cette Polo peut recevoir l’excellent Active Info Display de nouvelle génération, de série sur Carat Exclusive et GTI). Le bouton warning enfin qui aurait sans doute mérité d’être placé un peu plus près du conducteur. Si vous avez de petits bras ou de longues jambes vous obligeant à conduire avec le siège fort reculé vous ne l’atteindrez pas aisément.

Mais au bout du compte, c’est un bilan qualitatif très positif que vous devez garder en tête car la voiture présente très bien et toujours aussi sérieusement. Elle reste, dans ce domaine, très au-delà de ce que proposent ses concurrentes françaises par exemple. C’est indéniablement moderne, l’intégration de l’écran multimédia tactile très réactif, simple à prendre en main et à la belle résolution est un modèle du genre, il n’y a globalement pas de défaut d’ergonomie, les rangements sont assez nombreux, pas forcément très grands mais bien répartis dans le véhicule, la connectivité n’est pas oubliée (prises USB, recharge par induction en option, Mirror Link) et l’espace à bord, y compris (et surtout) à l’arrière, est particulièrement généreux. Il faut dire sur ce point que la voiture a gagné quelques centimètres, 3,5 pour être précis, mais surtout que l’empattement de son côté s’est vu allongé de plus de 9 cm, essentiellement au bénéfice des passagers du rang 2. Avec ses 4,05 m la Polo n’est plus vraiment une fourmi, sans pour autant être plus grande que plusieurs de ses adversaires directes, la Ford Fiesta affichant 4,04 m et la Renault Clio 4,06. Mais du coup elle a quand même de quoi mettre tous ses occupants à l’aise, y compris les bagages qui profitent d’un volume de coffre en nette hausse désormais à 351 litres contre 280 précédemment. Des chiffres d’habitabilité qui, au passage, mettent la plupart des concurrentes à assez bonne distance, Seat Ibiza exceptée, et pour cause…

Ty-POLO-gie de la voiture en mode dynamique (ce qui en gros signifie qu’est-ce qu’elle vaut sur la route ?)

En reprenant la plateforme modulable MQB du groupe, dans sa version A0, la nouvelle Polo s’offre des dessous lui permettant de disposer d’un large éventail d’équipements techniques et technologiques. Dès son lancement la gamme sera proposée avec une offre de deux motorisations essence déclinées en 4 puissances (1.0 L MPI 3-cylindres de 65 ou 75 ch, 1.0 L TSI 3-cylindres de 95 ou 115 ch) et une motorisation Diesel déclinée en 2 variantes (1.6 L TDI 4-cylindres de 80 ou 95 ch). Rapidement le 2.0 L 4-cylindres essence de 200 ch de la version GTI enrichira la gamme avant qu’un autre 4-cylindres 1,5 L TSI de 150 ch (avec gestion d’activation des cylindres) ne fasse son apparition en fin d’année 2018. A noter également que VW est fier de pouvoir proposer à son catalogue un 1.0 L TGI 3-cylindres 90 ch fonctionnant au gaz naturel qui promet, grâce à la double carburation, une autonomie proche de 1300 km pour un plein. C’est avec une Polo First Edition équipée en jantes de 16 pouces que nous avons réalisé notre essai le premier jour, sur un parcours essentiellement de moyenne montagne autour de Lyon, puis, le deuxième jour, avec une Carat chaussée en 17 pouces sur un tracé nettement plus urbain et autoroutier dans la métropole rhône-alpine. Dans les deux cas nos véhicules étaient dotés du même bloc, un petit 3-cylindres essence d’un litre développant 95 ch et 175 Nm couplé à la boîte automatique (double embrayage) maison, la DSG, dans sa version à 7 rapports.

Sans surprise c’est le silence qui règne au démarrage, le moteur se révélant particulièrement discret comme tout bon bloc essence moderne. La première sensation est celle d’une prise en main très aisée, et surtout d’une belle douceur générale. Un adjectif qui peut se juxtaposer d’ailleurs à tous les éléments du véhicule : la direction, les commandes, le moteur, la boîte, le système Stop&Start…

Les 95 ch du petit moteur ne sont pas destinés à transformer notre Polo en reine de l’asphalte mais ils proposent toutefois sur le papier des performances plus qu’honnêtes avec notamment un 0 à 100 annoncé en 10,8 s et une vitesse maximale de 187 km/h. Un allant qui se ressent assez vite puisque la Polo s’insère sans peine dans le trafic aussi bien urbain qu’autoroutier. La boîte DSG considérée comme une référence par beaucoup fait effectivement bien son travail, elle est très douce et n’hésite jamais dans le choix du rapport mais elle n’est pas pour autant d’une réactivité absolument phénoménale. Par ailleurs, et ce n’est pas la première fois que je le constate, il n’est pas toujours facile au départ de bien doser la pression à apporter à la pédale pour la faire réagir selon son envie. On prend assez vite le pli mais dans les premiers kilomètres quand le feu passe au vert soit on appuie trop mollement et la voiture n’avance pas, soit on appuie plus fortement, trop, et la petite Volkswagen libère ses poneys. Ce qui fait montre en tout cas de sa vivacité.

Et vive, elle l’est effectivement assez, le moteur 3-cylindres se révélant plutôt enjoué et tonique même si la concurrence fait mieux. Dans les faits il n’affole aucunement l’aiguille des compteurs mais il s’avère agréable à l’usage, aussi bien en mode paisible qu’en mode « un peu » plus énervé et procure un bon agrément à son conducteur. Particulièrement à l’aise en ville où il se fait donc quasiment oublier il permet à la Polo de se transformer en autoroutière plus que probante grâce au septième rapport de la boîte et à une excellente insonorisation de l’habitacle. Sur les petites routes de montagne il ne rechigne pas non plus à être cravaché. Il faut pour ça le pousser un petit peu car, bien qu’assez linéaire, il respire mieux au delà de 3000 tours. Il vous gratifie alors de vocalises tout à fait plaisantes. Mais ne l’entrainez pas au dessus des 5000 tours, son chant se transformant alors plus en un braillement moyennement convaincant sans pour autant offrir plus de performances. En passant la boîte sur le mode manuel et en jouant avec les très agréables palettes au volant qui accélèrent vraiment le changement de rapport on profite alors nettement mieux du côté globalement volontaire de ce moteur qui, s’il ne procure pas les sensations les plus inoubliables, sied bien à la philosophie plutôt paisible de la voiture.

Côté châssis pas grand-chose à critiquer non plus. Il faut dire qu’il est loin d’atteindre ses limites avec ce bloc. Toutefois on relèvera que la Polo n’est pas aussi agile que son gabarit pourrait le laisser penser de prime abord. Correctement maintenue avec des suspensions plutôt typées confort et filtrant très efficacement les irrégularités de la chaussée elle ne cède pas trop au roulis en courbe… mais un peu quand même (à noter que la version Carat possède un mode sport qui raffermi les suspensions mais que nous n’avons pas eu le loisir de tester). Mais si son train arrière s’avère très neutre et assez imperturbable l’avant se montre un peu plus paresseux et a une tendance certaine à élargir les virages. Rassurez-vous vous ne risquez aucunement de prendre peur, la direction se montrant agréable et offrant un assez bon retour d’information et le freinage, facile à doser, s’en sort lui aussi très bien, malgré le passage aux tambours à l’arrière… Simplement la voiture est moins précise et dynamique qu’une Peugeot 208 par exemple et on sent bien que cette définition de la Polo n’est pas faite pour se prendre pour Fangio. Il y aura la GTI pour cela. Sans aller jusque là on saluera cependant le bon comportement général de cette citadine sur route et le fait qu’il ne sera aucunement délicat d’entreprendre un long voyage à son bord.

Objectif majeur sur la route : la sécurité ! Surtout ne pas se la jouer a-POLO XIII !

La « petite » Volkswagen fait d’ailleurs tout pour vous rendre ce voyage agréable et sûr ! Les sièges sport aux réglages aisés sont confortables et maintiennent remarquablement bien en plus d’être visuellement sympathiques, le système audio Beats de 300 Watts rempli plus que largement son office et surtout la voiture propose, en série ou en option, une panoplie d’aides à la conduite et de systèmes de sécurité comme peu de ses concurrentes le peuvent actuellement.

En vrac (mais bien en liste quand même) la nouvelle Polo peut recevoir les systèmes suivants :

  • système de démarrage sans clé (Keyless Access)
  • surveillance des angles morts dans les rétroviseurs (Blind Spot Detection) doublé d’un système d’aide à la sortie au stationnement en marche arrière et d’une caméra de recul camouflée dans le logo VW (vous serez sans doute surpris du bruit du petit moteur qui se charge de la rétracter et qu’on entend fort dans l’habitacle, d’autant plus qu’il se met en fonction un bon 5-6 secondes après le passage en marche avant)
  • détecteur de fatigue du conducteur
  • surveillance périmétrique (Front Assist) qui peut freiner automatiquement pour éviter un accident
  • système de freinage anti-multicollisions
  • système de protection proactive des occupants
  • système de contrôle de l’état des pneus
  • assistant aux manœuvres de stationnement (Park Assist)
  • régulateur de vitesse avec système ACC de maintien de la distance de sécurité… Ouf !

Intéressons nous rapidement à ce dernier système puisque, couplé avec le Front Assist (et avec tous les autres systèmes), il permet à Volkswagen de communiquer sur une forme de conduite semi-autonome très dans l’air du temps. De fait, il n’y a pas de conduite autonome sur cette Polo mais le régulateur de vitesse avec ACC associé à la boîte DSG vous permet, notamment en ville, de vous libérer d’un certain nombre de contraintes. On fixe le régulateur à la vitesse souhaitée (50 km/h en ville donc…) et c’est parti. La voiture suit logiquement celle qui la précède et freine ou accélère en fonction de la distance.

Ça fait un moment que le système existe et il est toujours bien agréable. Mais il va un peu plus loin ici puisqu’il permet l’arrêt complet et le redémarrage sans intervention. Enfin presque. La première fois vous êtes un peu pris de court, la voiture s’arrête sans naturellement que vous n’ayez touché aux pédales et un message d’alerte sur l’écran entre les compteurs vous demande de freiner. Ce que vous faites bien entendu. Mais seulement une seconde, ce qui a pour effet de désengager le régulateur et ne permet donc pas à la voiture de redémarrer. En fait, le message à retenir est qu’il faut maintenir le pied sur le frein… comme on le fait sur toute boîte auto qui se respecte je vous le concède, il m’arrive de me montrer un peu nigaud parfois. Dès lors le système reste engagé et lorsque vous relâchez la pédale de frein la voiture reprend sa route à la vitesse préétablie. Attention toutefois, si le système fonctionne bien il peut s’avérer un peu brusque. Au freinage par exemple, qu’il réalise parfois sans ménagement, mais surtout à l’accélération, le régulateur cherchant à atteindre la vitesse enregistrée au plus vite, ce qui rend son utilisation un peu périlleuse en ville.

Plus chère que le fameux plombier POLO-nais

Redéfinie par rapport à la version précédente, la gamme Polo s’articule autour de deux niveaux de finition en tronc commun (Trendline et Confortline) puis deux autres niveaux se déployant selon deux branches séparées à tendance plutôt « sportive » (R-Line et GTI) ou plutôt « luxe » (Carat et Carat Exclusive). Notez que ces dernières finitions ne seront disponibles qu’à partir de décembre et que les moteurs MPI 65 ch ou 75 ch et TDI 85 ch ne peuvent s’associer qu’aux deux premiers niveaux de finition. On rajoutera à cette gamme les propositions destinées aux flottes (Business). Un marché que VW aimerait conquérir un peu plus puisque sa Polo ne se vend qu’à 16 % aux professionnels. Basées sur des finitions Trendline et Confortline enrichies, les versions business seront disponibles, c’est important, avec la version GNV (Confortline Business à 21 885 €, 85 g de CO2).

L’entrée de gamme Trendline 1.0 L MPI 65 ch s’affiche à 14 430 €. Un tarif qui n’est déjà pas franchement donné si on le compare aux propositions similaires de quelques concurrentes comme la Citroën C3 Live 1.2 L PureTech 68 ch à 12 950 €, la Renault Clio life 1.2 16V 75 ch à 13 900 €, la Peugeot 208 Like 1.2 L PureTech 68 ch au même prix et surtout la toute nouvelle Ford Fiesta Essential 1.1 L 70 ch à 13 950 €.

Le ton est donné, la VW veut taper dans le haut du panier. Un haut du panier qui peut d’ailleurs largement crever le plafond de verre : jusqu’à 26 020 € pour une Carat Exclusive TDI 95 ch avec DSG voire 28 920 € pour une GTI certes de 200 ch mais hors options. Toutefois, Volkswagen tient quand même à préciser certains éléments et en tout premier lieux à souligner que sa gamme a été repensée pour attirer les clients vers les finitions Carat ou R-Line en leur offrant nettement plus d’équipements pour un prix inférieur (-2030 € pour une Carat par rapport à l’ancienne avec 5 ch en plus, les phares full LED, le Front Assist et le nouveau système multimédia 8 pouces).

Il n’empêche que notre série spéciale First Edition (1000 exemplaires réservés à la France, beaucoup sont déjà vendu sachez-le) motorisée par le 1.0 L TSI 95 ch et couplé ici à la DSG 7 (une option bien entendu) s’affichait en prix de base à 20 800 €. Et il fallait rajouter, pour arriver à la configuration de notre véhicule, le pack LED à 1100 €, le régulateur de vitesse ACC à 600 €, la climatisation automatique bizone à 445 €, le Keyless Access à 400 €… plus quelques autres joyeusetés vous faisant allègrement dépasser les 23 000 €. Un tarif auquel vous n’aurez cependant toujours pas droit ni aux rétroviseurs rabattables électriquement, ni aux phares anti-brouillard, ni aux radars de stationnement avant/arrière. Il faut cependant savoir, comme toujours, nuancer son propos. Si la Polo n’est pas bradée, aucune VW ne l’est vraiment, elle n’est pas non plus à considérer comme une proposition indécente et est loin d’être sous équipée. Par ailleurs il faut bien reconnaitre que le contenu technologique proposé par cette citadine est de très loin supérieur à tout ce que propose l’immense majorité de la concurrence pour le moment sur le segment. Seule la nouvelle Ford Fiesta semble en mesure de rivaliser sur ce point en offrant même des équipements non disponibles sur l’allemande.

Par ailleurs notre modèle essence 95 ch, qui apparait vraiment comme un très bon choix pour cette Polo (en tout cas Volkswagen le met particulièrement en valeur… bien plus que ses TDI, ce qui se comprend aisément naturellement) vous promet des consommations très mesurées. Annoncé pour 107 g de CO2/km (105 avec des jantes 15 pouces) il échappe bien sûr, d’assez loin, au malus et se targue d’une consommation mixte de 4,7 l/100 km. Dans la pratique il faut bien évidemment en rajouter une bonne dose mais sans pour autant que le résultat final s’avère particulièrement choquant. Notre essai n’a pas ménagé la voiture et le parcours n’était pas spécialement fait pour atteindre des consommations ultra-basses, sans compter les bouchons lyonnais (désolé, il fallait que je la fasse) mais notre Polo s’en est tirée avec les honneurs en affichant un 7,1 l/100 de moyenne. Un chiffre haut dans l’absolu mais qui descendra très facilement autour de 5,5 l en conduisant au quotidien. Pas exceptionnel mais pas si mal.

Conclusion (titre garanti sans POLO dedans… ah ben si finalement)

À l’heure de la conclusion de cette première prise en main on est un peu tenté de faire une épanadiplose. Comme pour pratiquement toutes les VW finalement. J’ai commencé en enfonçant des portes ouvertes, je terminerai en les laissant toujours aussi grandes ouvertes : cette Polo est avant tout une Volkswagen. Ce qui signifie qu’elle est classique dans son style, qui ne choquera ni ne rebutera personne, qu’elle est bien construite et sérieuse (mais avec une touche colorée pour l’habitacle qu’on accueille avec plaisir), correctement motorisée, saine et sûre, qu’elle est technologiquement dotée d’un package très avancé et, aussi, qu’elle est un peu plus chère que ses concurrentes directes, seul petit point négatif probablement écarté d’un revers de main par une cote à l’occasion qui devrait toujours bien se maintenir. Cette Polo semble donc promise à un bel avenir commercial et vous en croiserez sans doute très vite beaucoup sur nos routes, en ville comme en dehors, car notre petite VW est une vraie maxitadine.

Crédits Photos : Eddy P.