Le Nouvel Automobiliste
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Essai nouveau Volkswagen Tiguan 2016 : la doctrine Tiguan ?

Après 9 années de carrière et un succès commercial indéniable fièrement revendiqué par Volkswagen (2,8 millions d’exemplaires quand même) le premier SUV compact de Wolfsburg tire sa révérence… Pour laisser naturellement sa place à un tout nouveau Tiguan que la marque allemande nous a conviés à essayer dans les rues de Berlin, une destination hautement marquée par l’Histoire, notamment celle de la guerre froide. Et justement, ce nouveau Tiguan semble bien se lancer dans la course aux armements face à des concurrents toujours plus nombreux. Parviendra-t-il à imposer sa « doctrine » et à rester du même coup la superpuissance dominante ? Premiers éléments de réponse dans les lignes qui suivent.

Les fondamentaux de la doctrine Tiguan :

Page 1 : Un design léché

Page 2 : Un habitacle de qualité

Page 3 : Des prestations routières élevées

Page 4 : Des tarifs salés…

Page 5 : Quelques souvenirs du (weekend) passé163 Essai_Volkswagen_Tiguan_TA

« Ich bin keine Berline, ich bin ein SUV » (JFK by Eric E.)

Vous n’êtes pas germanophone ? Rassurez-vous, quand John Fitzgerald Kennedy a prononcé cette célèbre phrase le 26 juin 1963 à Berlin Ouest – savamment détournée par mon rédacteur Discours JFK 1963en chef adjoint pour l’occasion – il ne l’était pas non plus et s’est contenté de lire ce qui était phonétiquement inscrit sur son papier (« Ish bin ein Bearleener »). Qu’importe, le résultat fut largement à la hauteur, et non il n’a pas dit qu’il était un beignet mais bien qu’il était un Berlinois ou du moins qu’il se sentait comme tel. Notre Volkswagen n’est pas plus berlinoise que JFK, elle n’est pas un beignet non plus et elle n’est surtout pas une berline mais bien un SUV, avec toutes les caractéristiques que cela suppose et même si quelques évolutions sont à noter par rapport à celui qu’il remplace.

Basé sur la nouvelle plateforme modulable du groupe, la MQB de son petit nom, le Tiguan reste compact mais gagne tout de même 6 centimètres en longueur (à 4,48 m) et 3 en largeur (à 1,84 m). En revanche il en perd 6 en hauteur (et même 7 si vous le prenez en deux roues motrices). Son dessin reste sobre, tout à fait dans la lignée des dernières productions de Wolfsburg mais de nombreux petits détails lui permettent de revendiquer un caractère un peu plus affirmé que d’autres véhicules de la marque. Pour tout dire, si j’avais été un peu déçu lors de sa découverte à Francfort en septembre dernier, trouvant ce Tiguan un peu lisse et fade, je l’ai nettement moins été dans la rue lors de cette prise en main. Visuellement l’engin en impose beaucoup plus que l’ancien, il fait également infiniment plus sérieux moderne et abouti. Bref, il est dans son temps et d’une autre génération tout simplement mais, contrairement à une Golf par exemple, là ça se voit !

La face avant adopte un traitement global proche de celui de la dernière Passat avec la même sensation, un peu étrange, d’une calandre tombante. Sensation sans doute liée à ce capot très arrondi à son extrémité, mais avec un équilibre bien trouvé entre ce qu’il faut de démonstratif pour en faire un SUV, et ce qu’il faut de sobriété pour ne pas le transformer en Bentayga. On précisera que certains des modèles essayés étaient des versions Offroad avec un traitement spécifique du bouclier permettant un angle d’attaque plus important pour le franchissement (on en reparle un peu plus loin) et que le Tiguan II sera également proposé en version R-Line (non présente lors de ces essais) qui propose elle aussi un bouclier différent.

Les optiques full LED reprennent également la nouvelle signature DRL de la Passat mais en la retournant. Cette signature est assez spéciale, en plusieurs « morceaux » pourrait-on dire et nettement plus complexe que le reste de la production actuelle mais elle s’avère très fine dans son traitement et, c’est bien là le principal, assez aisément reconnaissable dans le flot du trafic.

Au dessus de ces phares on remarquera avec plaisir le travail réalisé sur le capot avec ses quatre nervures particulièrement marquées qui confère à l’ensemble une certaine agressivité et un dynamisme bien agréable.

Le profil assez carré peut apparaitre nettement plus classique mais il est là aussi bien dynamisé par une triple ligne modelant la carrosserie. Une première assez discrète et qu’on ne remarque pas forcément au premier coup d’œil, est située tout en haut. Elle part du phare, souligne le cerclage chromé des vitres et vient mourir sous la custode arrière. Une deuxième, qui forme un pli particulièrement prononcé, se creuse au niveau du montant A et se poursuit jusqu’à l’arrière en dessinant des paupières frondeuses au dessus des feux et en accueillant au passage les poignées de portière. Enfin la troisième, plus discrète mais tout aussi efficace, prend naissance au même endroit que la précédente mais s’en éloigne très légèrement et progressivement tout le long des ouvrants. Le résultat est assez convaincant et ce profil pour peu qu’il soit en plus campé sur les très belles jantes de 20 pouces propose un design valorisant, solide et moderne sans fausse note. Au passage toutes ces lignes permettent aussi de remarquer l’excellent travail d’ajustement entre les différents panneaux de carrosserie.

L’arrière est traité sobrement mais avec un peu plus de dynamisme que l’ancien Tiguan, notamment en raison du hayon légèrement plus incliné ou encore des feux au dessin plus original et dynamique quoiqu’un peu triste. Ces derniers sont intégralement à LED sur les finitions hautes (y compris les feux de recul, ce n’est pas encore si fréquent) avec un traitement particulier fait de petits triangles imbriqués les uns dans les autres. C’est assez esthétique de près et cela marque un souci du détail qui n’est plus à démontrer chez le constructeur (on se souvient par exemple tous des caches d’ampoule halogène siglés VW sur la Golf notamment) mais de loin l’aspect global rappelle un peu les LED par point façon guirlande ce qui, à mon sens, fait un peu moins moderne. A noter que les versions d’entrée de gamme bénéficient d’un traitement différent de ces feux et qu’on peut, c’est mon cas, le trouver tout aussi réussi…

Enfin, pour en finir avec cette présentation extérieure, on soulignera que le Tiguan propose de belles couleurs de carrosserie, 12 dès le lancement, parmi lesquelles on retrouve le très réussi Orange Habanero, déjà vu sur Passat Alltrack, qui lui Nuancier VW Tiguanva comme un gant mais dont je dois reconnaitre que la teinte exacte passe mal en photo. Il se pare également et fort logiquement des détails de style du monde des SUV renforçant et affirmant son côté baroudeur mais sans trop en faire non plus. Du grand classique : forme du bouclier avant singeant celle d’un pare-buffle, passages de roue marqués mais désormais ronds et non plus carrés, jupes en plastique noir (sauf sur R-Line où elles sont peintes) et surtout garde au sol généreuse (189 mm en deux roues motrices et 200 en 4Motion) permettant de justifier l’expression « monter à bord ».

Page 2 : Un habitacle de qualité