Le Nouvel Automobiliste
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Essai Mazda 6 Wagon Sélection 2.2L SkyActiv-D 175 ch 4×4 : Tapie dans l’ombre

A l’automne 2016, la Mazda 6 s’est vue offrir un restylage tout en subtilité. Troisième génération de cette berline routière, la Mazda6 actuelle, lancée en 2012, poursuit donc sa carrière, avec pour objectif d’être toujours plus à la hauteur de ses concurrentes. Et en Diesel 175 ch et transmission intégrale, la proposition est intéressante en termes de performances.

essai mazda 6 Skyactiv-D 175
Les traits de la Mazda 6 sont très élégants

Il faut dire que sur le segment des breaks grands volumes, les Peugeot 508 SW, Renault Talisman Estate ou encore les Audi A4 Avant et BMW Série 3 Touring vous viendront certainement plus vite à l’esprit, au contraire de la japonaise qui reste quelque peu méconnue. Cette mise à jour récente, aussi bien au niveau design que technologique, sera-t-elle suffisante pour la faire sortir de l’ombre ?

Intérieur / Extérieur : les apparences sont trompeuses

De prime abord, les modifications extérieures sur cette version reliftée de la Mazda 6 sont loin d’être flagrantes. L’extérieur est à peine changé en dehors d’une calandre un peu plus épaisse ainsi que l’apparition des rappels de clignotants dans les rétroviseurs. Pas de quoi se relever la nuit, mais qu’importe, cette routière reste toujours aussi élégante. Grâce à ses courbes naissant dans la face avant, jusqu’à la ligne de toit fuyante, la nouvelle identité de la marque et son design « Kodo » (l’âme en mouvement) lui vont à ravir, tandis que ses superbes jantes 19 pouces – avec pneumatiques en 225/45 – viennent chausser le tout.

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Face à la Ford Mondeo SW, la Mazda se veut plus esthétique

L’intérieur se voit nettement plus bouleversé, le constructeur Japonais ayant concentré ses efforts dessus. En effet, cette nouvelle Mazda 6 se voit dotée d’un nouveau volant, d’une nouvelle Interface Homme Machine (IHM) plus qualitative tant visuellement qu’au toucher, donnant un tout en parfaite harmonie avec le reste. Les ajustements tout comme la qualité des matériaux et du cuir font quasiment un sans-faute et incitent à passer du temps à son bord.

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L’intérieur est qualitatif et spacieux

D’ailleurs du temps, il vous en faudra un peu au début afin de comprendre toutes les commandes et fonctions du véhicule si vous optez pour la finition la plus haute comme sur notre modèle d’essai. Malgré un bon nombre de boutons disséminés ici ou là, on finit par s’y retrouver assez rapidement et s’apercevoir que ceux disposés sur le tunnel central, tombent parfaitement sous la main.

Avec un espace à vivre très agréable côté conducteur comme passager, les rangements proposés sont dans la norme, avec des portes gobelets ou un espace dans l’accoudoir, doté de prises USB. Les passagers à l’arrière seront également choyés et confortablement installés mais sous réserve de ne prendre que deux adultes. Ceux-ci n’auront pas la sensation d’être serrés tandis que les plus grands gabarits garderont un œil sur la hauteur de toit un peu limite quelque peu sacrifiée sur l’autel du design voulu résolument dynamique.

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L’identité visuelle arrière de la Mazda 6 Wagon est reconnaissable au premier coup d’œil

Si l’envie vous prend de partir en week-end à plusieurs ou de faire des achats volumineux, sachez que le volume du coffre de la Mazda 6 se situe dans la moyenne haute, avec ses 522 litres en configuration de base et jusqu’à 1664 litres si vous tirez sur les poignées présentes dans le coffre. Celles-ci permettent d’abaisser automatiquement les sièges arrière mais ne créent par pour autant un plancher plat…

Quoi qu’il en soit, cette première approche de la Mazda 6 Wagon est en tout cas très bonne et nous allons voir si sur la route, celle-ci confirme ou non cette impression.

Sur la route : un tapis roulant

Une fois le contact mis, le 2.2 l Diesel développant 175 chevaux se montre plutôt discret pour un moteur de ce genre, grâce à un excellent travail d’insonorisation, avec une amélioration du contrôle de la pression de suralimentation, un amortisseur de vibrations pour limiter le cognement caractéristique du moteur diesel et enfin le calage du moteur afin de neutraliser les ondes de pression.

Afin de pouvoir juger de l’efficacité d’une telle routière et notamment du G-Vectoring Control, système assurant un contrôle intégré du moteur, de la transmission et du châssis, de manière à rehausser le sentiment d’osmose entre le conducteur et son véhicule, nous avons décidé d’effectuer un bon millier de kilomètres à son bord.

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Le 2.2 diesel de 175 ch à du couple et du souffle à revendre!

En ville, la Mazda 6 est confortable, grâce à une boîte automatique à 6 rapports (convertisseur de couple) agréable et fluidifiant au maximum les passages de vitesses, à faible comme à vive allure. Il ne vous sera pas nécessaire d’écraser la pédale d’accélération si vous souhaitez déboîter ou encore doubler. Bien que cette boîte ne soit pas au niveau de la Powershift de chez Ford, il faut reconnaître qu’elle sait donner entière satisfaction.

Une fois sur autoroute, c’est bien là que cette Mazda 6 Wagon est la plus à l’aise, aussi bien lorsqu’il s’agit de doubler – avec un couple confortable de 420 Nm dès 2000 tours – que lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité du conducteur. En effet, la routière Japonaise propose la reconnaissance des panneaux, l’aide au freinage, le maintient entre les lignes ou encore l’alerte de fatigue. Tout est fait pour que vous vous sentiez à l’aise, d’autant que les panneaux tout comme les instructions du GPS, sont repris sur l’affichage tête haute doté désormais d’une résolution supérieure.

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Les instructions GPS et de vitesse reprises sur le Head Up Display facilitent grandement la conduite

Évidemment, avec un tel type de véhicule, on ne cherche pas à hausser le rythme sur la route… et pourtant, la Mazda 6 en est capable. Outre un train avant qui s’inscrit bien dans les virages, la traction intégrale remplit parfaitement son office lorsque l’on attaque les virages serrés comme les ronds-points se montrant efficace mais vous rappelant néanmoins que vous êtes bien au volant d’un véhicule de plus de 4.80 m de long, la faute a des réglages de suspension trop souples. Une fois que l’on aborde les routes vallonnées, on le ressent rapidement ce qui crée paradoxalement un léger inconfort pour qui serait habitué à des suspensions plus fermes.

Ceci contraste d’ailleurs avec les excellents sièges en cuir blanc offrant un bon maintien mais surtout un confort très appréciable et faisant oublier les roues en 19 pouces !

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Le cuir est de qualité et les sièges très confortables

Bien que la conduite dynamique soit possible avec une telle configuration et malgré un poids « plume » de 1490 kg, cet élégant break ne dispose malheureusement pas d’un système de freinage optimisé. La pédale de frein donne l’impression d’être à deux niveaux, vous incitant à appuyer de manière très prononcée sur celle-ci, tandis que les disques avant de 297 mm manquent d’endurance.

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La Mazda 6 se conduit avec une étonnante facilité mais dispose d’un freinage un peu trop juste

Pour les adeptes du 4 roues motrices, sachez que l’autonomie du véhicule se verra réduite, le réservoir se voyant amputé de 10 litres – passant à 52 litres – à cause du tunnel de transmission. L’autonomie avec un plein sera très juste pour ce type de véhicule, avec une moyenne de 540 km, pour une consommation avoisinant les 7,6 litres après plus de 1000 km passés au volant de cette nouvelle Mazda 6.

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La consommation reste maîtrisée pour un tel gabarit avec 7,6 l/100 km

Malgré quelques points négatifs, la Mazda 6 Wagon reste avant tout une excellente routière, très à l’aise sur autoroute tandis qu’en ville et au quotidien, celle-ci couvrira sans difficultés les différents cas de figure.

Face à la concurrence : peut-elle sortir de l’ombre ?

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Quid du positionnement de cette Mazda 6 Wagon?

Comparée à la 508 SW et Talisman Estate, la Mazda 6 propose 3 niveaux de gamme avec des tarifs démarrant à 29 800 euros pour finir à 42 200 euros (hors options). Une Peugeot 508 SW, quant à elle, propose 5 niveaux de finitions avec des tarifs s’échelonnant de 31 350 euros à 43 600 euros (hors options). Côté Renault, la Talisman Estate propose également 5 niveaux de finitions, de 29 700 euros à 41 000 euros.

Sur la première finition, la Mazda fait mieux que ses concurrentes, en proposant en plus de la climatisation bi-zone et du radar de recul, les jantes 17 pouces, le rétroviseur intérieur jour/nuit ou encore l’aide au démarrage en côte.

Là ou la Sochalienne va caler, c’est sur les niveaux de finition intermédiaires car faisant l’impasse sur des équipements de sécurité actifs. La Talisman prend alors l’ascendant sur ses concurrentes en proposant de série l’alerte de franchissement de lignes, le freinage actif d’urgence ou encore la reconnaissance des panneaux, le tout pour un prix similaire (mais avec un moteur légèrement moins puissant si l’on compare les versions diesel).

En réalité, la seule finition intermédiaire de la Mazda 6 équivaut à 2 niveaux de finitions chez ses concurrentes.

Finition sérieuse et équipements de qualité

En revanche, sur le haut de gamme et si l’on reprend notre configuration d’essai, la Mazda prend la première place, en étant quasiment 2000 euros moins chère que la Talisman, à 42 200 euros et tout aussi bien équipée. Vous disposerez alors d’un véhicule équipé de 4 roues motrices (plus efficace sur tout type de terrain que le 4Motion), d’une boîte automatique agréable et performante ainsi que de toutes les aides à la sécurité ou encore les sièges électriques et le système Bose, dont l’efficacité reste toutefois à démontrer.

La Mazda 6 se positionne donc correctement sur les premières finitions tandis qu’elle prend nettement l’avantage sur les plus hautes finitions, confortant l’idée que le constructeur Japonais cherche à monter en gamme, grâce à meilleure qualité de fabrication et des matériaux plus soignés que la Renault Talisman précédemment essayée.

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Oui, la Mazda 6 est une alternative à considérer sérieusement

Conclusion

A la fin, il apparaît clair que la Mazda 6 est une routière bien trop en retrait de la scène par rapport aux prestations qu’elle offre. La faute à un réseau trop peu présent ? Un manque de com’ ? Un marché peu dynamique face aux SUV type CX-5 ? Allez savoir. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit là d’un véhicule offrant une très bonne qualité de fabrication, à la page au niveau technologique, avec une pléthore d’options, mais également de bonnes prestations routières dans son ensemble. La Japonaise est bien une sérieuse prétendante sur le marché des routières. Pour qui connaît bien le marché auto, y compris les propositions qui restent dans l’ombre.

Article et crédit photos : Fabien Legrand