Le Nouvel Automobiliste
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Essai Kia Sportage : Made to wow ?

Lancé en 2010 sur le territoire français, la dernière génération du Kia Sportage a convaincu de nombreux clients grâce à un design innovant. Depuis, le SUV coréen s’est vendu à plus de 42 000 exemplaires en France et la success story n’est pas prête de s’arrêter puisque le constructeur vient de renouveler son crossover urbain. Nous sommes allés dans la région de Barcelone essayer le Kia Sportage quatrième du nom afin de juger de ses qualités et répondre à une question primordiale : est-il toujours à la hauteur de ses concurrents ? Eléments de réponses dans ce qui suit !

Kia Sportage

SOMMAIRE

UN LOOK DYNAMIQUE 

Le constructeur coréen avait la lourde tâche de renouveler son best-seller en prêtant une attention toute particulière à son design. Un concours fut donc lancé entre les équipes de design de Corée, d’Allemagne et des Etats-Unis pour dessiner le plus beau Sportage version 2016. Sans grande surprise, comme pour le Hyundai Tucson, c’est le bureau de design de Francfort qui remporta le concours dédié au style extérieur. D’ailleurs, c’est probablement pour cette raison que certains reprocheront (à raison ou à tort) au nouveau Kia Sportage de mimer un SUV allemand. Ce nouveau cru arbore une face avant totalement inédite chez le constructeur coréen. Facilement identifiable grâce à la calandre avant dénommée « Tiger Nose » ou nez de tigre en bon Français, on ne peut pas dire que l’on a affaire à un exemple de raffinement automobile. La calandre extrêmement proéminente donne lieu à deux optiques avant dans la partie supérieure qui n’est pas sans rappeler un certain Porsche Cayenne.

Plus en dessous et sur les versions GT Line, on retrouve deux ouïes latérales noires laquées sur lesquelles viennent s’insérer quatre projecteurs antibrouillard  à LED comme sur la Kia Cee‘d GT. Le Kia Sportage a grandi de 40 mm en longueur par rapport à la précédente version et cela ne se voit pas forcément à l’œil nu. D’ailleurs, le profil n’a pas beaucoup évolué et garde un lien indéniable avec son prédécesseur notamment au niveau de l’arche de vitrage arrière et une inclinaison volontairement prononcée afin d’améliorer son cx. La partie arrière est sans doute la plus réussie et la plus esthétique du nouveau Kia Sportage. Le dessin est très horizontal comme en témoignent les feux arrières très effilés et reliés entre eux par une « moulure » comme sur la nouvelle Mégane IV ou la Renault Talisman. Petit détail pour le moins déroutant à mon sens, les feux arrières n’intègrent pas les clignotants. Cette fonctionnalité au combien essentielle est réservée à la partie basse de la voiture (répétiteur au niveau des rétroviseurs) au même titre que les feux de recul. Ainsi, lorsque vous serez derrière le nouveau Kia Sportage, focalisez-vous sur la partie basse pour anticiper tout changement de direction.

Sur notre version d’essai, nous bénéficiions de jantes 19 pouces qui participent à affirmer le tempérament sportif et dynamique du Sportage, ainsi que d’un diffuseur arrière à deux sorties d’échappement chromées s’il vous plait. Globalement, la plastique de ce nouveau Sportage plait par son dynamisme et son style totalement décomplexé. Cependant, nous restons dubitatifs sur cette face avant « incohérente ? » avec la très belle face arrière. En comparaison avec le hyundai Tucson que nous avons eu l’occasion d’essayer ici, le style du nouveau Kia Sportage est en dessous mais nous allons voir qu’à l’intérieur, la tendance est inversée.

UN INTÉRIEUR SOIGNE 

Sportage Lorsque l’on accède à bord du Kia Sportage 2016, nous remarquons rapidement la montée en gamme opérée par le géant coréen. La qualité perçue ne souffre d’aucune critique, le design de la planche de bord semble réussi et le grand toit panoramique sur notre version d’essai apporte beaucoup de luminosité. Concernant le dessin intérieur, il repose sur une architecture très horizontale pour « procurer une plus grande impression d’espace » affirme Kia. Cette planche de bord est découpée en deux parties bien distinctes. La partie haute est destinée à fournir des informations au conducteur. Ainsi, nous retrouvons un système de navigation de 7 pouces dans la partie centrale. Cet écran tactile est fluide, intuitif et exécute parfaitement les actions souhaitées par le conducteur. Hélas, le GPS nous a parfois joué de mauvais tours en annonçant les sorties et autres bifurcations avec un peu trop de retard …

La partie basse quant à elle est réservée aux NOMBREUX boutons de commande : radio, média, téléphone, gps, sièges chauffants, sièges ventilés, climatisation et j’en passe. Alors que la partie haute dispose d’un plastique moussé très agréable au toucher, la partie basse ne bénéficie malheureusement pas de ce privilège et les plastiques durs peu qualitatifs viennent un peu gâcher cet intérieur qui est pourtant fort plaisant.

Nous vous conseillons d’opter pour un toit ouvrant panoramique sans lequel l’ambiance à bord nous a semblé austère. Le Kia Sportage marque cependant un très bon point en ce qui concerne la connectivité. Le propriétaire a l’embarras du choix pour brancher/recharger son smartphone. En effet, ce nouveau Sportage dispose d’une entrée USB à l’avant et une autre à l’arrière. Il propose même de recharger votre smartphone bien aimé par induction sur les versions Active, GT Line et Premium (de série).

Le confort à bord est remarquable comme en témoignent les sièges en cuirs et l’espace à bord est plus que correct. Le sentiment de confinement que l’on peut avoir dans certaines voitures disparait malgré une ceinture de caisse un peu haute. A l’arrière, on peut aisément loger deux grands gaillards notamment grâce à une garde au toit en hausse de 16 mm et d’un empattement en hausse de 30 mm. Voyager en famille à bord du nouveau Kia Sportage est chose facile, les finitions sont d’un très bon niveau et les bruits aérodynamiques sont minimes (sauf si vous faîtes crier le moteur de tout ses entrailles) grâce à une insonorisation plus travaillée (Moins vrai si vous disposez d’un toit panoramique).Kia_Sportage_2016 (10)

Pour finir, le volume de coffre est en net progression par rapport à la précédente génération. En effet, le Kia Sportage dispose désormais d’un volume de chargement de 503 litres (465 litres pour la précédente génération), il fait donc mieux que ses concurrents: 472 litres pour le Renault Kadjar et 430 litres pour le Nissan Qashqai. Globalement, cet intérieur nous a largement convaincu contrairement au Hyundai Tucson.

PS: Peut-être que le SUV coréen parfait ressemblerait au Tucson combiné à un intérieur de Kia Sportage.

IL EST BIEN A CONDUIRE ? 

Sportage Au cours de notre essai, Kia nous a fait le privilège d’essayer plusieurs versions afin de juger des différentes motorisations et d’avoir un avis le plus clair possible. Notre essai débute par le modèle 1.6 GDI de 132 chevaux couplé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Dés les premières minutes, on note une franche amélioration du comportement routier par rapport à la précédente génération. La direction se montre très fluide et idéale pour manier l’engin d’une tonne six en centre-ville. Hélas, elle se révèle peu précise et peu communicative lorsque l’on attaque les routes sinueuses dans les environs de Barcelone. La suspension volontairement « sportive » sur notre modèle GT Line a été raffermie pour contenir les mouvements de caisse. Malgré cet effort, le nouveau Kia Sportage continue de prendre un peu de roulis dans les virages mais cela n’a plus aucun rapport avec l’ancienne génération réputée pour ce désagrément.

Nous attaquons sereinement les virages et notons que les freins n’ont aucun mal à ralentir l’engin. Cependant, l’assistance électrique exagère lorsque l’on effleure la pédale de frein. Ainsi, on se retrouve parfois à réduire drastiquement sa vitesse sans le souhaiter (il est nécessaire d’avoir un petit temps d’adaptation pour remédier à ce souci). Le 1.6 GDI se révèle un peu bruyant et contrairement aux promesses, il est peu voire pas du tout dynamique. Il ne faut pas hésiter à rétrograder pour relancer la bête d’autant plus que la boîte de vitesses manuelle se révèle longue à enclencher. Le 1.6 T-GDI de 177 chevaux couplé à une boîte à double embrayage à 7 rapports corrige la plupart des remarques que nous avons pu faire à la version 1.6 GDI. La boite de vitesse joue très bien son rôle et on se verrait avaler les kilomètres dans un confort royal.Sportage Si vous souhaitez une version encore plus performante et plus agréable à conduire, penchez-vous plutôt sur la version diesel : le 2.0 CRDI de 185 chevaux couplé à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports avec palette au volant. En finition GT Line, nous nous rapprochons presque des voitures premium. Dans cette configuration, le Kia Sportage ne manque pas de reprise même si nous sommes encore très loin d’une sportive. De plus, vous pourrez enclencher le mode « sport » pour aller à bout des rapports et tirer le potentiel maximal du moteur. Attention tout de même à surveiller votre consommation, malgré une conduite saine nous avons relevé une moyenne de 9 litres en cycle mixte. Sur l’ensemble des modèles essayés (essence et diesel), il nous a été impossible de descendre sous la barre des 8 litres aux 100 kilomètres.

MOTORISATIONS, FINITIONS ET PRIX 

Kia_Sportage_2016 (24)

Le nouveau Kia Sportage est proposé en quatre niveaux de finitions en deux ou quatre roues motrices :

  • Motion
  • Active
  • GT Line
  • Premium

Il propose également 5 motorisations dont deux essences :

  • 6 GDI de 132 chevaux
  • 6 T-GDI de 177 chevaux
  • 7 CRDI de 115 chevaux
  • 0 CRDI de 136 chevaux
  • 0 CRDI de 185 chevaux

Le nouveau Kia Sportage démarre à 23 000 euros en finition motion avec le moteur 1.6 GDI de 132 chevaux. Les prix augmentent jusqu’à 40 500 euros pour la finition premium avec le 2.0 CRDI de 185 chevaux.Fiche_Sportage