Le Nouvel Automobiliste
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Essai Kia Sportage GT Line CRDi 136 ch : un parmi tant d’autres

Ces dernières années, les constructeurs coréens ont décidé de sonner la charge afin d’aller ravir quelques parts de marché aux constructeurs généralistes, et cela sur quasiment tous les segments. Modèle phare ayant vu sa gamme renouvelée fin 2016, le Kia Sportage a déjà été testé par notre équipe dans ses versions 1.6 T-GDI de 117 ch et 2.0 CRDI de 185 ch. Emboîtant le pas à d’autres constructeurs, Kia propose également ce modèle en finition sportive – d’apparence –, mais aussi en version 4 roues motrices.  Assez intéressant pour qu’il se démarque de la concurrence ? Voici notre essai du Kia Sportage GT Line 2.0 CRDi 136 ch.

Le Kia Sportage est-il plus séduisant que ses concurrents ?

Un style à part

Si l’on s’en tient aux finitions habituelles, le Sportage dispose d’un style assez affirmé, assurant une certaine distinction sur un segment extrêmement concurrentiel. Souhaitant aller plus loin afin de séduire une clientèle amatrice de véhicules à la personnalité plus marquée, sans pour autant se ruiner à la pompe comme chez son assureur, Kia propose donc une finition GT Line.

Du point de vue du style extérieur, vous n’aurez pour le différencier que des antibrouillards multi-facettes à LED, des jantes spécifiques de 19 pouces avec un diffuseur arrière doté d’une double sortie d’échappements, ainsi que quelques badges spécifiques pour compléter le tout. Frileux d’apparence, le constructeur Coréen prend à contre-pied ses concurrents, souhaitant avant tout conserver l’ADN de son véhicule, orienté convivialité.

Aidé par cette livrée rouge, baptisée « Rouge Rubis », lui allant comme un gant, le Kia Sportage arbore une gueule béante au design tout en douceur, lui conférant un aspect sympathique, quoique prêt à avaler les kilomètres.

Le profil, d’apparence plus sage, est mis en valeur par le jonc chromé parcourant l’intégralité du vitrage, tandis que le pli partant de la portière pour se terminer au niveau du montant C, souligne le tout.

L’arrière, quant à lui, se veut minimaliste, avec une unique barre de chrome reliant les feux, dans la lignée du récent DS7 Crossback ou du Maserati Levante.

Le design de profil et arrière du Sportage reste sobre

A l’intérieur, point de révolution avec cette finition GT Line, qui offre un volant à méplat en cuir et doté de surpiqûres, ainsi qu’un pédalier en aluminium. De ce fait, la distinction avec le reste de la gamme est peu marquée et quelques surpiqûres et logo GT sur la planche de bord ou sur les sièges auraient été appréciés.

Malgré tout, l’intérieur du Kia Sportage reste intéressant, avec des assemblages et des ajustements qui demeurent soignés mais malheureusement éclipsés par des matériaux d’assez pauvre qualité au regard de ce que propose la concurrence actuellement.

Pour autant, le Sportage a le mérite de savoir accueillir son conducteur et ses passagers, avec de confortables sièges en cuir noir, et offre un espace aux places arrière dans la moyenne de la catégorie.

En prêtant attention à la planche de bord, on constate une interface centrale épurée et dotée d’un écran tactile de 8 pouces. Scindée en deux parties distinctes, celle-ci se compose d’une partie haute abrupte – mais lisible – tandis que la partie inférieure, qui accueille les commandes de climatisation, est « en escalier ». C’est certes moins esthétique que chez certains concurrents, mais ça a le mérite d’être fonctionnel.

La console centrale reste claire mais peu sexy

La prise en main du volant – spécifique à cette version GT Line – est agréable, avec une jante de bonne taille et un cuir de belle qualité, mais l’ergonomie souffre malheureusement du trop grand nombre de boutons (à la qualité perçue assez discutable, qui plus est).

Sous ses airs technologiques, le Kia Sportage GT Line se veut bien équipé, avec son GPS tactile disposant d’une bonne lisibilité des informations, puis avec des équipements de confort qui ajoutent un petit plus. Entre les sièges à réglage électrique et son volant chauffant, le conducteur devrait se sentir à l’aise durant les trajets.

Comme je le laissais entendre plus haut, les deux passagers arrière ne seront pas oubliés, avec une bonne assise ainsi qu’un espace aux jambes appréciable, y compris pour les plus grands gabarits. Le tunnel de transmission de cette version 4 roues motrices étant relativement discret, ceux-ci ne seront pas gênés et pourront se détendre tout en profitant de la climatisation ou encore des prises USB et 12 V mais surtout de l’immense toit ouvrant panoramique baignant l’intérieur de lumière.

Les aspects pratiques n’ont pas été négligés, avec des rangements dans les portières et un volume de coffre allant de 503 à 1492 litres, situant le Sportage dans la moyenne de la catégorie et permettant de partir en famille sans réelles contraintes.

Le coffre est dans la moyenne et le seuil de chargement assez bas

Un bon compagnon de route

La clientèle de ce genre de véhicule étant avant tout urbaine, nous avons décidé de commencer notre essai du Sportage dans son environnement quotidien, avant de nous rendre sur un terrain de jeu plus adapté pour tester l’efficacité et l’intérêt de cette version 4 roues motrices.

Contact mis, les premiers kilomètres sont effectués dans les embouteillages de la Capitale. Diesel oblige, la sonorité ne fera pas chavirer les cœurs, mais l’insonorisation à basse vitesse reste plutôt efficace. Le confort acoustique aurait toutefois pu être amélioré avec l’utilisation du Stop&Start, étonnamment absent. L’agrément de conduite aurait aussi été gagnant.

En version 4×4, point de Stop&Start mais un bouton de contrôle de traction

Ceci étant, la ville est également un excellent endroit pour tester différents critères usuels tel que la boîte 6 vitesses – légèrement accrocheuse lors du changement des rapports – ou encore la manœuvrabilité d’un tel engin en ville.

Car, avec ses 4,48 m de long et ses 1,85 m de large, les rues de Paris, déjà étroites en temps normal, ont provoqué quelques angoisses lors de certaines manœuvres. Toutefois, après avoir franchi quelques passages délicats, nos craintes se sont rapidement envolées.

La manœuvrabilité en ville est un des atouts du Sportage

La direction bien assistée ainsi que le court porte-à-faux et un rayon de braquage très avantageux de 5,3 m – plus court que sur le nouveau Peugeot 3008 – rendent le Sportage GT Line aussi maniable qu’une citadine.

Et si le besoin de doubler ou de déboîter se fait sentir, les 373 Nm de couple fournis par le 2.0 CRDi sauront vous sortir de certaines situations. En effet, là où la concurrence propose une puissance maximale se situant entre 1750 et 2000 tours, le turbo diesel de Kia opère plus bas, dès 1500 tours et jusqu’à 2500 tours. Pas handicapant au quotidien mais bon à savoir. La consommation est quant à elle correcte pour ce type de véhicule, avec 7.3 litres au 100.

Question confort, le Sportage sait préserver ses passagers. Bien que la finition GT Line dispose de jantes 19 pouces et de suspensions assez fermes, le Sportage filtre très bien les aspérités de la route tout en remontant ce qu’il faut d’informations dans le volant.

Une fois sorti de la ville, nous pouvons hausser le rythme et constater que l’insonorisation est elle aussi plutôt efficace, les relances très appréciables et la tenue de route plus que satisfaisante. Seul petit bémol, les sièges avant manquent de maintien au niveau des cuisses dans les virages serrés.

Afin de vous faciliter le quotidien, le Sportage GT Line dispose d’équipements technologiques aujourd’hui bien connus, comme l’ouverture automatique du coffre, l’avertisseur de franchissement de ligne, la caméra de recul, ou encore le système d’aide au stationnement.

La plus-value apportée par le système 4 roues motrices, en revanche, est à relativiser pour un usage strictement routier. En ville, vous aurez certes un peu plus de facilité pour grimper les trottoirs tandis que sur route, la tenue de route sera légèrement améliorée.

L’intérêt d’investir dans une telle option dépendra donc avant tout de votre volonté de vous en servir le week-end ou pendant vos vacances sur des terrains plus accidentés. Car c’est surtout hors des sentiers battus que le Sportage GT Line en version 4 roues motrices présente un intérêt, comme nous avons pu le constater en forêt.

 

Le couple plus que satisfaisant du moteur nous a permis de nous aventurer dans les bois sans avoir à nous poser de questions sur la capacité du véhicule à franchir certains – petits – obstacles, ni à songer aux bas de caisse, assez élevés pour passez au dessus des cailloux et branches.

Mais attention à ne pas vous montrer trop téméraire car avec un simple 2.0 CRDi de 136 ch, le couple présent ne pourra pas vous sortir de toutes les situations et si vous souhaitez allez encore plus loin dans vos péripéties extra-urbaines, songez plutôt à changer de catégorie de véhicule.

Trop banal, ce Kia Sportage ?

Face à une concurrence de plus en plus féroce et nombreuse chaque année, comment s’en sort le Sportage ? Nous aurions pu choisir de le confronter au Peugeot 3008 ou au Volkswagen Tiguan, qui sont des modèles très populaires. Toutefois, ces derniers, qui on opté pour un positionnement plus haut de gamme, ne jouent pas tout à fait dans la même cour que le Sportage. De ce fait, le modèle de chez Kia peut-il tenir la comparaison face au best-seller Nissan Qashqai et le nouveau venu, Seat Ateca (essayé dernièrement) ?

Le Sportage est donc disponible à partir 23 090 euros pour la version 1.6 GDi essence de 136 ch jusqu’à 40 790 euros pour la finition haute GT Line Pack Premium en 2.0 Diesel CRDi de 185 ch, BVA6 4×4. Notre modèle d’essai se situe légèrement en-dessous, avec un tarif de 39 290 euros.

Si l’on regarde la finition de base, il n’y a pas de réel équipement distinctif par rapport à la concurrence, si l’on considère aujourd’hui que le régulateur de vitesse, la climatisation manuelle ou encore les vitres électriques sont devenus des standards.

Côté constructeurs japonais, le Qashqai voit ses tarifs aller de 22 450 euros en finition Visia à 35 850 en finition Tekna DCi 130 4×4.

Comme pour le SUV Coréen, aucun équipement ne permet au Qashqai de réellement se distinguer, contrairement au Seat Ateca. Car avec un prix d’attaque de 21 990 euros pour la version Reference 1.0 TSI 115 ch, celui-ci est le moins cher des trois, tout en proposant en finition d’entrée de gamme des équipements distinctifs tels que le freinage autonome Front Assist, la détection de fatigue ou encore le différentiel électronique XDS.

En finition intermédiaire, le Kia Sportage se voit doté de la climatisation bi-zone, de jantes 18 pouces, de la reconnaissance des panneaux ainsi que de la commutation automatique des feux de route, pour un tarif démarrant à 30 990 euros. En revanche, toujours pas de freinage automatique excepté en option dans le pack sécurité avancée facturé 1000 euros et comprenant également la surveillance d’angles morts et la détection de trafic arrière…

Sur ce niveau, la riposte du Qashqai est violente, car reprenant les équipements de son concurrent, vous disposerez également du GPS 3D de 7 pouces, de la caméra 360° et du freinage d’urgence autonome pour un tarif démarrant à partir de 26 650 euros. Ouch !

L’Espagnol, quant à lui, s’aligne sur ce dernier pour un tarif démarrant à partir de 29 825 euros.

Enfin, sur les versions haut de gamme telle que celle de notre version d’essai – en 2.0 CRDi 136 ch BVM6 4×4 – le Sportage propose de série et en complément, le toit vitré panoramique ainsi que le système audio JBL pour un tarif de 37 790 euros.

Le japonais portera une dernière estocade afin de conserver son statut de best-seller en proposant le système de stationnement intelligent, la surveillance des angles morts, la détection des objets en mouvement ou encore le système d’alerte de perte de vigilance avec un tarif de 35 850 euros en version DCi 130 BVM6 4×4.

Enfin, le Seat Ateca tire son épingle du jeu, avec un tarif de 35 285 euros, en 2.0 TDI 150 ch BM6 4 Drive.

En résumé, le Sportage reste compétitif sur les finitions d’entrée de gamme mais pêche par un tarif plus élevé que ses concurrents sur les autres finitions. Le Qashqai s’impose toujours comme une valeur sûre, tandis que le récent Seat Ateca peut être considéré comme une alternative.

Perdu dans la jungle des SUV, il manque encore quelques atouts au Sportage GT Line pour s’attirer les regards

Le Kia Sportage GT Line n’est pas un mauvais véhicule en soi, bien au contraire. Il offre les équipements essentiels, un bon agrément de conduite ainsi qu’une qualité de vie à bord et de finition correcte. Malheureusement pour lui, la concurrence actuelle est impitoyable et trop compétitive, aussi bien d’un point de vue équipement que tarifaire pour lui permettre de se distinguer réellement. A moins de vouloir choisir différemment ou vous assurer que les remises chez le constructeur Coréen soient plus intéressantes, il y a fort à parier que le Qashqai remportera de nouveau la course…

  

Article et Crédit Photos : Fabien LEGRAND