Le Nouvel Automobiliste
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Essai de l’Alfa Romeo Giulietta 2016 1.6 L JTDm 120 TCT

L’année 2016 est l’année de tous les défis pour Alfa Romeo. La marque italienne est à la croisée des chemins, aux prises avec un plan produit ambitieux, mais des modèles jusqu’à présent vieillissants, et des nouveautés qui tardent à venir. Pour faire attendre le chaland et pour capitaliser sur ses forces, Alfa Romeo a donc entrepris de mettre à jour ses modèles, afin qu’ils soient aux canons de la grande nouveautés de cette année : la berline Giulia. C’est dans ce contexte que sa meilleure vente, la compacte Giulietta, est restylée.

Âgée de six printemps, Juliette change de calandre pour mieux tromper le temps. Mais alors que toutes les références européennes sont plus jeunes, de la 308 à la Golf en passant par la Mégane et l’Astra, se posent quelques questions : est-elle encore à la page ? Est-elle une âme si bien née que sa valeur grandit avec le nombre des années ? Ou face à la vieillesse ennemie ne voit-elle pas flétrir ses lauriers ? Autour du Lac de Côme, nous sommes allés relire le Cid de Corneille et tester cette nouvelle Alfa Romeo Giulietta 2016.

Partie 1 : Un design qui se bonifie comme le bon vin
Partie 2 : A bord, un court voyage dans le temps
Partie 3 : A conduire, deux moteurs testés : JTDm 120 TCT, et MultiAir 150
Partie 4 : A acheter, Juliette et le Notti di Cabiria

Partie 1 : Un design qui se bonifie comme le bon vin

La Giulietta a été présentée en 2010 au Salon de Genève. Six ans plus tard, c’est au même Palexpo qu’était intronisé son restylage. Entre ces deux dates, la Giulietta s’est installée dans le paysage automobile. Et, comme selon Alfa Romeo « le style est la première raison d’achat d’une Giulietta », ce design n’a été modifié qu’à la marge. Pour le dire plus simplement, seul l’intérieur de calandre change, passant de barres chromées parallèles à un plastique noir en grille façon nid d’abeille (on voit le renfort de pare-choc derrière), souligné par le V chromé du Biscione. Ajoutons que cette nouvelle calandre intègre le nouveau logo d’Alfa Romeo, qui perd son « Milano », et gagne un contour bleu plus profond : Milano, ce fut, un temps, l’un des noms envisagés dans la presse pour la Giulietta, de même que 149.

La face avant trilobo s’inscrit donc dans celle de la nouvelle berline Giulia et rejoint « l’esprit de famille » présent sur toute la gamme désormais mise à jour (nouvelle Giulia, MiTo et Giulietta restylées, et la 4C). S’y rajoute en bas de pare-choc un liseré lui aussi coloré, disponible en noir (sur les Giulietta « normales ») ou rouge sur les Giulietta avec le Pack Veloce. Ce dernier est un pack d’éléments stylistiques qui inclut des finitions en « dark chrome » (coques de rétroviseur, « V » de calandre, poignées, projecteurs à fond avec effet carbone) et d’autres détails (vitres arrières surteintées, sortie d’échappement sport…) donnant un côté « sportif » à la voiture, renforcé par des jupes latérales. On aurait aimé une modernisation des optiques, surtout un guide lumière pour les 4 pauv’ diodes verticales qui font un peu désuètes aujourd’hui. En option dès le niveau 2 « Super » de la gamme, le pack Veloce est de série sur la finition éponyme, réservée au moteur essence 1750 TBI de 240 ch de feue la version baptisée « QV ». Ah oui, à l’arrière, si les feux demeurent identiques, c’est la typographie du monogramme Giulietta qui change : elle reprend l’esprit de celle de la Giulia, et le logo arrive à droite.

Côté palette couleur, deux nouvelles teintes :

  • Le blanc Alfa, moins crème que l’ancien blanc, et repris de la Giulia, et que l’on peut voir sur notre modèle d’essai, à 600 € ;
  • Le gris Lipari, avec des reflets violet, à 750 € (non présent dans cet essai)
  • Quant aux fans de rosso, le rouge Alfa devient gratuit, tandis que le rouge Competizione est à 2000 €.

Côté jantes, du joli comme souvent chez Alfa Romeo. La gamme s’étend du 16″ au 18″. Dans l’ordre, nous avons : Design TI (1000 €, 18″, sur Veloce), Sprint Dark Chrome (17″, 200 €), Design Spider Brunnies (18″, 1000 €), Design Sprint (200 €, 17″).

Ainsi, cette nouvelle Giulietta a davantage suivi une session de maquillage qu’un vrai restylage, et c’est tout bénef’ pour Alfa Romeo : non seulement la « nouvelle » ne vieillit pas « l’ancienne », il n’y a même pas à modifier les moules des pare-chocs chez les fournisseurs, et en plus visuellement l’effet nouveau agit quand même (un peu). Côté pratique, la poignée de hayon est toujours dissimulée par le logo qui bascule. Et de côté, l’effet « faux coupé » avec les portières arrière dissimulées fonctionne aussi toujours : mon copilote lors de l’essai pensait que c’était une 3 portes !

Belle opération donc, d’autant qu’esthétiquement, « ça le fait » et c’est toujours agréable à l’œil : saluons le tour de force des designers Alfa qui, dès 2007/2008 lorsque fut figé le design de cette Giulietta, avaient su penser des lignes acérées, musclées, identifiables, sans qu’elles ne vieillissent vite.

Allons voir si le charme opère aussi bien à l’intérieur.

Partie 1 : Un design qui se bonifie comme le bon vin
Partie 2 : A bord, un court voyage dans le temps
Partie 3 : A conduire, deux moteurs testés : JTDm 120 TCT, et MultiAir 150
Partie 4 : A acheter, Juliette et le Notti di Cabiria