Le Nouvel Automobiliste
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Essai Cadillac CT6 : Sex & the CT

Le marché du luxe : une guerre inter-entreprises encore plus impitoyable que le reste malgré de faibles volumes. Dans le monde de l’automobile, c’est un peu la même chose, car la voiture la plus high-tech ou luxueuse (ou les deux à la fois) aura le rôle de porte-étendard de la marque, de vaisseau leader ouvrant la route pour le reste de la gamme au sein de la marque. Après le concept-car Elmiraj, Cadillac nous livre une représentation de série sous le nom de CT6 : délivre-t-elle les promesses et espoirs que l’on trouvait dans le concept Elmiraj ? Suivez le guide !

1 – L’aube d’une nouvelle ère
2 – Univers intérieur
3 – Sur la route
4 – Bose Panaray
5 – À l’arrière, questions & tarifs

L’aube d’une nouvelle ère

La Cadillac CT6 inaugure plusieurs choses à la fois puisque c’est le premier modèle de la marque réellement lancé sous le commandement du nouveau CEO de Cadillac, Johan de Nysschen, connu notamment pour avoir fait ses armes chez Audi et élevé Infiniti au point où il s’agit maintenant d’une marque que l’on croise fréquemment dans les rues.
En plus de ça, la nouvelle nomenclature introduite avec ce modèle rend les choses plus compréhensibles pour le client qui souhaite situer du premier coup d’œil s’il s’agit du petit modèle ou du gros modèle d’une marque (de la même façon que le trio allemand donc). Qui a introduit la nomenclature actuelle chez Infiniti selon vous ?
Le V6 bi-turbo animant la Cadillac CT6 est le premier moteur V6 à induction forcée ayant recours à la désactivation des cylindres. D’un V6, on passe à un V4. C’est en fait la même chose que le V8 que l’on retrouve sur la CTS depuis quelques années ainsi que la Corvette C7 Stingray. Nous y reviendrons en détail plus tard.

Pour finir, le châssis est innovant en bien des points avec un mélange des matières permettant un gain de poids extrême. Avec 5184 mm de longueur, atteindre un poids de 1.659 Kg est un exploit. Ceci étant dit, ce poids est indisponible en Europe puisque le moteur 2.0 turbo de 272 ch n’est pas dans notre catalogue. On devra donc se « contenter » du V6 bi-turbo développant 417 ch (307 kW) et 555 Nm de couple… Bien que ce gain de puissance et de couple puisse bien sonner, le poids sur la balance grimpe à 1879 kg en finition Luxury et culmine à 1950 kg en finition Platinum qui est bardée de toutes les options possibles. En dessous de 2 tonnes donc !

Une gueule unique

On ne va pas passer par 4 chemins en ce qui concerne le physique de la voiture : ça balance du steak ! La Cadillac CT6 en impose, que ce soit de profil, de derrière, de trois-quart, mais c’est surtout de face où on se dit « Il n’y a absolument rien à changer, elle est parfaite comme ça ! ». Après mûre réflexion, c’est un peu le cas quel que soit l’angle de vue.

C’est long, c’est large, c’est bas, et ça rappelle sans aucun souci cet âge d’or des grandes voitures américaines à la fin des années 50 (Cadillac Eldorado, DeVille et Fleetwood de 1959 à tout hasard).
C’était une période d’excentricité, où la marque cherchait les extrêmes, mais également où les équipes de Cadillac étaient elles-mêmes extrêmes dans leur façon d’être et de faire. Pas pour rien que le plus illustre des propriétaires de Cadillac, j’ai nommé Elvis Presley, était aussi extrême. Entre sa musique, son style et son train de vie, sa folie de l’acquisition était tout aussi dingue : il a possédé dans sa vie plus d’une centaine de Cadillac avec la plus célèbre de toutes : la Pink Cadillac.

Pour aller dans les détails, toute la ligne extérieure est un mélange de lignes verticales et horizontales très marquées ! La nouvelle signature lumineuse de la marque reste verticale, mais fait maintenant dans la continuité du phare jusqu’à atteindre une rangée de LED juste au-dessus de la lame avant. Le logo semble écrasé dans la calandre béante en étant exagérément élargi, donnant un effet encore plus imposant. Le tout se termine sur un bouclier du plus bel effet, un excellent mélange entre classe et sportivité.

Le profil donne une impression de longueur qui se vérifie si on sort le mètre puisqu’avec 5184 mm, la Cadillac CT6 est plus longue qu’une Mercedes-Benz classe S, une BMW Série 7 ou encore une Audi A8 (mais plus courte qu’une A8L) ! Histoire d’en rajouter un peu dans l’effet de longueur, la CT6 est basse et accentue encore sa présence dans les rues.
En y regardant de plus près, les phares avant et arrière se connectent dans une certaine continuité, en offrant une légère courbe dans ce monde de droiture.

L’arrière est… large. Les optiques verticales qui se prolongent sur le flanc contribuent grandement à cet effet « 95% » carrosserie.
Quel que soit l’angle, la Cadillac CT6 s’impose d’elle-même, et comme le dit Malcolm Ward (directeur du design fraîchement appointé) : « La plupart des gens n’ont pas un garage permettant de garer une voiture de plus de 5 mètres, alors quitte à la garer dans la rue, autant se garer avec du style ». On retrouve là tout l’esprit des 50’s !

Mais s’arrêter à l’extérieur du véhicule, c’est un peu comme admirer une assiette que vient d’apporter votre serveur à la table et ne pas y toucher. Entrons donc dans un nouvel univers.

Un moment d’évasion (page 2)