Le Nouvel Automobiliste
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Essai BMW 118d M Sport 150 ch BVA 8 : La combinaison gagnante

Essai BMW 118d M Sport

Après un premier succès sur la première génération lancée en 2004, le constructeur Bavarois se heurta à quelques réticences du public au lancement de la BMW Série 1 de seconde génération, en 2011. Le design surprit et, de ce fait, ses rivales telles que la Mercedes-Benz Classe A ou l’Audi A3, ont pu conserver une longueur d’avance sur leur meilleure ennemie, notamment dans l’Hexagone. Cependant, BMW a revu sa copie et corrigé, en 2015, les principales critiques formulées lors de son restylage. Mais derrière la forme, le fond a-t-il évolué ? Nous partons aujourd’hui à l’essai de l’une des motorisations représentant une part importante des ventes, le Diesel de 150 ch associé à la finition M Sport. Sage association, ou total décalage ? C’est ce que nous allons voir.

Retour aux sources pour la BMW Série 1

Exit le regard triste de la phase 1, et place à un style plus doux et équilibré ! La nouvelle BWM Série 1 restylée retrouve son sex-appeal tout en s’inscrivant dans la continuité des autres productions de la marque.

Nouveaux projecteurs et calandre plus large pour la partie avant, tandis que l’arrière se voit transformé avec des feux étirés horizontalement et débordant sur le coffre : le restylage est profond mais bon, et c’est bien l’essentiel qu’il fallait pour relancer la carrière de la compacte.

La partie arrière restylée confère à la Série 1 la sensation d’une meilleure assise sur la route
En version M Sport

La finition M Sport représente le haut-de-gamme de la Série 1. Elle apporte un déflecteur de calandre plus dynamique et des antibrouillards sur fond noir, tandis que les jantes 18 pouces – fumées – à double branches viennent remplir les passages de roues, donnant une certaine assise au profil de la voiture. Ce dernier reste d’ailleurs inchangé et toujours aussi distinctif, identifiable sans difficulté à la marque de Munich.

Le « pack Shadow Line brillant » quant à lui ajoute des chromes noirs au contour des vitres, en remplacement des chromes brillants, supprimant ainsi tout contraste avec la très réussie teinte noire « Saphirschwarz » qui me fait déjà peur pour les photos… car la météo est à la pluie !

Les jantes 18 pouces à doubles branches font partie de la finition M Sport

En plus d’offrir un design plus équilibré, horizontal et dynamique, les signatures lumineuses évoluent pour faire écho aux récentes productions de la marque, à l’instar des SUV X1 et Série 3 restylée. Les projecteurs, full LED, sont inclus dans la finition M-Sport, et comprennent la signature traditionnel des BMW.

Le nouveau regard 100% diodes de la Série 1 est plus intense et se reconnaît de loin

La BMW Série 1, vue de l’intérieur

A bord, les changements sont tout aussi notables. Le tableau de bord se voit agrémenté d’un nouvel écran de 8,8 pouces accueillant la dernière génération du système iDrive et se dotant de la technologie tactile tandis que les compteurs passent au numérique mais conservent toutefois leurs aiguilles ainsi que la forme caractéristique des manomètres BMW.

Les compteurs sont toujours aussi lisibles bien qu’étant en partie numériques

Les touches de sportivité, disséminées ici et là, ne dénaturent en rien l’habitacle. On remarque les seuils de porte et le pédalier spécifiques ainsi que le volant à trois branches, reconnaissable entre tous.

Associé à la finition M Sport, le volant à 3 branches offre une bonne préhension
Qualité de haut niveau

Segment premium oblige, la qualité se veut à la hauteur des attentes et ne nous a pas déçus. L’on remarque les matériaux moussés, les inserts en aluminium poli ou encore le cuir des sièges, ainsi que les ajustements millimétrés de la console centrale. La marque à l’hélice a su répondre aux exigences de sa clientèle, et n’a pas bâclé le travail, tout en restant dans l’esprit des habitacles des autres bavaroises.

La finition, les ajustements comme la qualité des matériaux, est exemplaire

Prendre place à bord d’une BMW pour la première fois peut surprendre. En effet, la position de conduite se veut bien plus basse et profonde que chez la concurrence, ceci résultant d’une architecture moteur longitudinale. Cette dernière, bien que menacée, explique le côté proéminent du capot ainsi que la silhouette bicorps, avec un côté « tout à l’arrière » qui assume aussi le châssis à propulsion.

De ce fait, l’habitabilité arrière s’en trouve amoindrie et reste inférieure à celle offerte par ses concurrentes. Idem pour le volume de coffre compris entre 360 et 1 200 l, une valeur correcte pour la catégorie premium, même si l’Audi A3 Sportback faisant toutefois mieux avec 380 et 1220 l.

Le coffre reste accessible et offre un volume dans la moyenne

Quelques petits défauts certes, mais la BMW Série 1 se veut avant tout axée sur le plaisir de conduire. Alors, qu’en est-il réellement avec son diesel cœur de gamme, la 118d ?

Une véritable BMW à conduire

Un rapide appui sur le bouton Start/Stop et le 2.0 diesel de 150 ch se met en route. Certes, c’est un Diesel et il ne passe donc pas inaperçu, mais il faut reconnaître l’effort effectué par le constructeur pour contenir son bruit. De ce fait, celui-ci vient surtout du compartiment moteur et non de l’habitacle.

Le moteur Diesel sait rester discret dans l’habitacle

Avec un couple de 320 Nm dès 1500 tours/minute, ce bloc moteur fait des merveilles aussi bien en ligne droite qu’en sortie de courbes. La magie de la propulsion opère de nouveau, bien que nos derniers essais se soient faits avec des versions xDrive. Certes, nous testons ici un bloc modeste – surtout comparé aux versions 120d et 125d de 190 et 224 ch respectivement – mais sa polyvalence le rend extrêmement plaisant à solliciter, quel que soit le type de cadre, urbain comme extra-urbain. Il reste plutôt frugal avec 6.1 l/100 km constatés lors de notre essai en cycle mixte.

Plutôt sobre, le 4-cylindres diesel est également volontaire

Offrant suffisamment de punch pour vous relancer en toute circonstance, l’association de ce bloc moteur avec la boîte automatique 8 rapports se fait totalement oublier, tant le duo fonctionne à la perfection, rendant fluide l’enchaînement des rapports quel que soit le type de route.

La boîte automatique 8 rapports est fluide et réactive
M Sport… ou confort ?

A noter, le Mode Sport + permet de déconnecter l’ESP, mais c’est un petit plus pas nécessairement utile sur cette motorisation, le mode Sport normal étant suffisant pour hausser le rythme sur la route, en retardant le passage des rapports.

D’ailleurs, bien que chaussée en jantes 18 pouces (225/40 à l’avant et 245/35 à l’arrière), la Série 1 dans cette finition M Sport reste parfaitement utilisable au quotidien et filtre efficacement les aspérités de la route, sans pour autant malmener ses passagers. Un point rassurant, d’autant qu’elle est également équipée des suspensions DirectDrive, dont les réglages de châssis sont plus fermes avec un abaissement de 10 mm de la garde au sol.

L’habitabilité arrière est correcte et le confort des passagers préservé

Si toutefois l’envie vous prend de hausser le rythme sur la route, sachez tout d’abord que cette 118d ne décrochera pas facilement de l’arrière lors de virages serrés. Bien au contraire, vos cuisses seront les premières à décrocher, les confortables sièges offrant un bon maintien latéral mais étant un peu court au niveau des cuisses, tandis que vos mains seront parfaitement agrippées au volant typique de cette finition M Sport et à sa jante épaisse.

Les sièges Sport sont confortables et maintiennent efficacement

Si comme moi et mon 1,81 m vous avez besoin de rehausser le volant pour trouver votre position de conduite, alors celui-ci masquera légèrement quelques informations. Cependant, les compteurs restent parfaitement lisibles et distillent toutes les données nécessaires à la conduite.

Bien évidemment, sur une telle motorisation, vous n’aurez pas un freinage digne d’une sportive mais celui de notre monture s’en est sorti avec les honneurs tant que cela ne réclame pas d’efforts dans la durée.

Enfin, autrefois peu intuitives, l’iDrive bénéficie de commandes tombant sous la main droite, et proposent des enchaînement parfaitement limpides. L’interface hérite par ailleurs du système de dalles instauré sur la dernière Série 5 –essayée par Romain l’an passé.

Le système de dalles – inauguré par la Série 5 – est assez intuitif

Sans piocher dans le catalogue des options, la finition M Sport reprend l’essentiel des équipements tels que les phares LED, le régulateur adaptatif ACC, le GPS 6,5 pouces ou encore les radars avant et arrière… mais aurait pu en ajouter certains, considérant qu’il s’agit d’une finition haute sur le marché premium.

Cela dit, notre modèle d’essai était bardé d’options. De ce fait, l’ensemble de la dotation composant la finition M Sport est-il intéressant face aux Audi A3 et Mercedes-Benz Classe A ?

Face aux compactes : la lutte des classes

Sur le segment des compactes chic, la concurrence fait rage entre les best sellers des marques allemandes. Pour avoir une alternative, nous pourrions éventuellement conseiller la Volvo V40 ou encore l’Infiniti Q30. Seul problème, la première est en fin de carrière et accuse son âge tandis que la seconde reste trop confidentielle pour en faire une réelle concurrente. Cependant, une Volkswagen Golf ou une Peugeot 308 en finition haute peuvent parfaitement être à considérer au moment de l’achat.

Si nous partons donc de notre configuration d’essai (hors options), à savoir une BMW 118d 150 ch BVA8 M Sport, il vous en coûtera 37.900 euros.

Une belle gueule et assez de peps pour vous donner le sourire si vous cherchez un léger tempérament joueur

Comme annoncé précédemment, cette version reste relativement fournie en équipements devenus indispensables au fil des générations.

Mais malgré le statut de cette finition haut-de-gamme, il manque toutefois quelques équipements qui permettraient d’améliorer l’usage au quotidien, tels que l’avertisseur de franchissement de ligne, le système anti-collision ou encore le GPS Professionnel de 8.8 pouces et la caméra de recul.

Le GPS tactile est complet et réactif

Chez Audi, l’A3 2.0 TDI de 150 ch en boîte S-Tronic S-Line s’affiche à 37.850 euros. Le prix est quasiment identique à celui de la bavaroise, et il en est de même avec les équipements fournis de série, exception faite du GPS dont la dalle est légèrement supérieure avec 7 pouces. L’A3 se démarquera avant tout si l’on cherche une position de conduite ainsi qu’un feeling sur la route plus traditionnel, sans toutefois perdre en efficacité, tel que nous l’avions constaté lors de notre essai.

Chez Mercedes, le positionnement est en revanche différent. En effet, avec un prix de 41.549 euros pour une Classe A 200d de 136 ch en boîte BVA7 Fascination, la Mercedes se voudra moins intéressante de base. Mais c’est sans compter sur les équipements additionnels fournis cette fois-ci de série – et non en option – tels que la caméra de recul, le Park Auto, les palettes au volant, les sièges sport chauffants ou encore le freinage d’urgence assisté actif et un GPS de 8 pouces. De quoi justifier les 3700 euros en plus ? C’est à débattre mais compte tenu de la plus-value, cette version Fascination arrive tout de même à justifier son tarif. 

Conclusion : la BMW Série 1 idéale ?

A l’issu de cet essai, je reconnais que, par principe, afin d’avoir un nombre confortable de chevaux sous le capot, j’aurais été le premier à me tourner vers une 120d. Uniquement dans le but de m’enorgueillir d’un tel nombre, me direz-vous ? Pourtant, la 118d et ses 150 ch vient de prouver qu’elle était largement suffisante en puissance pour rouler en toute tranquillité. Qui plus est, la finition M Sport correctement équipée permet d’y ajouter un tempérament assez joueur pour rendre même la Série 1 fun à conduire. Toutefois, si vous souhaitez privilégier le confort, la finition Urban Life sera plus adaptée. 

Article et Crédits Photos : Fabien LEGRAND