Le Nouvel Automobiliste
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Essai Abarth 124 Spider : le sushi turinois

Les voitures plaisir sont devenues rares en ces temps de rationalisation des gammes. Et que dire des voitures sportives ? Bardées d’électronique pour la plupart, aseptisées aux régimes d’utilisation normale, elles sont même impossibles à exploiter si l’on veut rester dans la légalité. Les constructeurs se rattrapent avec l’électronique et le style, mais bien souvent l’ivresse manque malgré les flacons à disposition. A toutes ces règles de l’automobile moderne, il y a heureusement quelques exceptions. Si l’on vous dit moteur essence, baquet au ras du sol, cheveux au vent, il y a fort à parier pour que votre oreille soit plus attentive que pour la cohorte de SUV que l’industrie automobile engendre. Eh oui ! Il y a des essais qui sont plus excitants que d’autres. Alors, si l’on y ajoute le cadre idyllique du sud de la Corse, surtout en ce crépuscule de saison touristique, tous les espoirs sont permis. Au volant de la nouvelle Abarth 124 Spider, nous avons redécouvert les charmes d’une conduite oubliée, pris plaisir à virevolter de virage en virage, et appris à reprendre goût aux plaisirs simples.

Sommaire :
– 1. Découverte statique : ascendant scorpion
– 2. Intérieur pratique : carapace au grand air
– 3. Essai dynamique : quelle mouche le pique ?
– 4. Conclusion économique : scorpion ou spider ?
– 5. La Galerie photos souvenirs

Découverte statique : 124 Spider ascendant scorpion

Pour les fins connaisseurs de l’automobile, l’Abarth 124 Spider n’est pas une nouveauté complète. En effet, comme toute Abarth, elle dérive étroitement d’un modèle Fiat, et la 124 Spider badgée de la fabrique turinoise a déjà été essayée dans nos colonnes par Olivier. De plus, pour qui suit les turpitudes stratégiques de FCA, la maison-mère d’Abarth, il n’a pas échappé que des partenariats ont été signés par le groupe italien avec des marques japonaises : avec Mitsubishi pour les pick-up, et avec Mazda pour les spiders. Ainsi, derrière cette 124 Spider se cache une Mazda MX-5 ND, elle-aussi testée avec plaisir par Romain, l’an passé.

Est-ce à dire que cette Abarth est un copié-collé de deux modèles existants ? Non. Elle en dérive étroitement, mais apporte un supplément d’âme. Avant de parler du fond mécanique, attachons-nous à la forme esthétique avec par exemple ses teintes : le bicolore est de série, les teintes unies seulement disponibles en option gratuite, soit pour du noir mat totalement, soit pour du 100 % teinte carrosserie métallisée. Reste que les capots et coffre en noir mat apportent un côté course décalé, voire pratique puisque le choix d’un capot mat est là pour éviter au pilote d’être ébloui par les reflets du soleil !

Si la carrosserie est reprise à la Fiat, cette 124 Spider arrive à marier avec justesse un design moderne aux clins d’œil historiques, sans tomber dans les 100 % néo rétro d’une 595. Lors de cette session d’essai était présente, en statique, une vraie-fausse Fiat 124 Spider « Abarthisée », suffisamment proche d’une vraie pour les comparer (le logo n’est pas de la bonne couleur, remarqueront les plus observateurs). Le format a bien-sûr grossi sur l’actuelle, mais on retrouve des traits communs dans les optiques, la calandre, ou encore le profil au long capot dont on distingue pas le bout depuis le volant.

De multiples badges permettent d’identifier cette 124 à l’ascendant scorpion, y compris sur les ailes, comme dans les années 70. Un petit cabochon rouge vient décorer la calandre, qui a la même forme que la 124 des années 70. La lame du bouclier se colore de rouge si vous prenez une teinte noire ou blanche, de blanc si votre 124 est rouge ou bleue. Les coques de rétro peuvent être colorées. Et le pare brise a des montants gris « Forgiato Grey » de même couleur que les jantes alliage Corsa de 17 ». Les teintes jouent, quant à elles, avec les succès de la 124 en rallye jusque dans leurs noms : Noir San Marina 72, Rouge Costa Brava 72 (ici présenté), Bleu Isola d’Elba 74, Gris Portogallo 74, Blanc Turini 75 (aussi présenté dans ces lignes). Seul le noir est gratuit, les autres teintes sont tarifées à 600 €.

A l’avant, les phares sont disponibles avec des LED adaptatives en virages contre 1800 €. A l’arrière, les feux rappellent la 595, avec un intérieur de même teinte que la carrosserie. L’effet « contour » cependant est un peu loupé, la faute aux ampoules halogènes (des diodes auraient eu un meilleur effet).

Puisque nous sommes à l’arrière, nous ne pouvons pas manquer l’impressionnante ligne d’échappement à quatre sorties signée Monza. On ne la manque pas pour son style, on ne l’oublie pas pour sa sonorité rauque et caverneuse à bas-régimes !

– 2. Intérieur pratique : carapace au grand air
– 3. Essai dynamique : quelle mouche le pique ?
– 4. Conclusion économique : scorpion ou spider ?
– 5. La Galerie photos souvenirs