Le Nouvel Automobiliste
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Du Jumpy au Space Tourer, petite histoire des camionnettes Citroën

Depuis 1995, Jumpy est le nom du VU, pour véhicule utilitaire, de taille intermédiaire dans la gamme Citroën. En 2016, pour mieux différencier les genres et les usages, Citroën décide de rebaptiser une partie de l’offre VP, pour véhicules particuliers, de son fourgon, avec le lancement du Space Tourer. Les choses vous paraissent simples ? Elles ne le sont pas, loin de là ! Derrière ce duo chevronné, plus de vingt ans d’histoire industrielle croisée entre la France, l’Italie, le Japon. Et, du Jumpy au Space Tourer, une généalogie… un tantinet touffue.

Sommaire :
Partie 1 : De la camionnette au monospace
Partie 2 : Difficile reconversion
Partie 3 : De la camionnette à la navette

De la camionnette au monospace

Monospace ou camionnette ? La question taraude le Jumpy depuis son origine. A son lancement en juin 1994, l’utilitaire Citroën n’a -déjà- pas une identité totalement propre : il va partager 95 %, pour ne pas dire 98 % de son apparence avec deux autres véhicules, les Peugeot Expert lancé en juillet 95 et Fiat Scudo lancé en février 96, et même 100 % de sa partie mécanique, tous trois étant conçus ensemble et assemblés dans une usine commune construite spécifiquement en 1992 à Hordain dans le Nord, appelée SEVEL Nord. Rien à voir avec le département dont Galabru aimait tant la prononciation, il s’agit d’une unité possédée à 50/50 entre Fiat et PSA. C’est le pendant français de l’autre partenariat transalpin, SEVEL Sud, installé à Val di Sangro, d’où sortent d’autres utilitaires aménagés, de taille supérieure : les Citroën Jumper, Fiat Ducato et Peugeot Boxer. Derrière l’acronyme SEVEL se cache Société Européenne des VEhicules Légers…

Le lancement du Jumpy est un succès, salué par l’International Van of the Year 1995, l’équivalent du prix de la voiture de l’année pour les VU. Avec jusqu’à 900 kg de charge et 4m3  de surface utile, le trio séduit les livreurs et les administrations. Long, pour sa version la plus compacte L1, de 4,52, les triplés possèdent surtout une hauteur minimale H1 de 1,94 m, un atout pour pénétrer dans les parkings souterrains… On reviendra sur ce point.

Parce que les partenariats sont faits pour gagner de l’argent, il est venu aux têtes pensantes de PSA et Fiat l’idée de doubler la mise : en plus de 3 utilitaires, 4 monospaces seront construits à SEVEL Nord. Leurs noms ? Citroën Evasion, Fiat Ulysse, Lancia Zeta, et Peugeot 806. Une série de triplés, une série de quadruplés : l’usine d’Hordain était comblée. Ainsi évoluaient, sous les showrooms des marques, deux fois le même modèle, savamment maquillés puisque si leur structure est similaire, seule la custode et les rétroviseurs étaient communs aux Jumpy et Evasion ! Un joli maquillage dont PSA et Fiat sont, à travers les années, passés maîtres dans le genre, et qui passera par le bistouri du restylage en 1999. Et parce que nos amis anglais ne font rien comme personne, ils trouvent à complexifier la généalogie familiale en rebaptisant les modèles Citroën : le VU/VP s’appelle Dispatch, le monospace Synergie. Le bien-nommé !

Au tournant des années 2000, l’offre monospace n’est plus à la mode côté esthétique, manque de confort et d’espace, ainsi que de qualité. Faut-il tout changer ? Fiat et PSA sont aussi les maîtres de l’optimisation : ils reprennent le châssis du modèle pré-existant, l’allongent les modernisent, et voici qu’en 2002 naît une nouvelle série de quadruplés : l’Evasion devient Citroën C8, Peugeot passe du 806 au 807, le (projet) Zeta est remplacé par le Lancia Phedra, et le Fiat Ulysse II, seul à conserver son identité. Plus en phase avec le marché, ils connaîtront une loooongue carrière : de 2002 jusqu’en 2010 pour le duo italien, et de 2002 jusqu’en 2014 pour le duo français. Ces derniers s’écoulent, pour le C8, à plus de 150 000, et à près de 200 000 unités pour le 807.

Partie 2 : Difficile reconversion
Partie 3 : De la camionnette à la navette

Partie 1 : De la camionnette au monospace