Le Nouvel Automobiliste
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Découverte statique : la DS 3 restylée au Louvre

C’est sous la Pyramide du Louvre que DS a dévoilé le restylage de sa citadine DS 3. Un cadre exceptionnel pour une nouveauté importante chez DS : la DS 3 vient clore la séparation des DS avec leur maison-mère Citroën. Alors, cette DS 3, œuvre d’art ou déjà pièce de musée ? Voici quelques clichés pour vous faire une idée…

Nous ne reviendrons pas aux origines de la DS 3 (un essai existe pour ceci) et même si nous les évoquons, vous saurez tout des détails profonds de ce restylage via l’article de Frédéric. Ici, l’objectif est de prendre contact visuellement avec un restylage qui, avouons-le, se limite à un simple changement de pare-chocs. C’est peu, mais c’est suffisant pour lui redonner une nouvelle identité. Tout le reste en revanche demeure : optiques, capot… Visuellement cependant, la différence de la nouveauté est palpable. On est bien sur un « vrai » restylage, contrairement aux « nouvelles collections » que DS avait proposé notamment en 2014 lors de l’arrivée des optiques Xenon-Led sur la citadine. Et pourtant, cette DS 3 a sept ans, un grand âge pour « renaître », alors que c’est le 5 février 2009 qu’elle avait été révélée au monde, lançant par là-même la lignée DS.

Nouvelle calandre, c’est vite dit. Car dans le fond, elle est une adaptation du concept-car Divine DS de 2014, contrainte de rentrer dans les optiques d’une DS 3. L’ensemble est appelé par Thierry Métroz, Directeur du Style de DS, la « double wings ». Deux « ailes » chromées se développent en effet en parties haute et basse de l’hexagone qui tient lieu de « single frame » à cette DS. En partie haute, cela relie les optiques ; en partie basse, les anti-brouillards. Les larges parenthèses de diodes demeurent, tandis que le logo DS lui prend discrètement place au-dessus de la plaque d’immatriculation.

De cette calandre, Thierry Métroz a expliqué que cela avait été « un challenge excitant » que de la dessiner, « des dizaines d’essais ont été fait pour la face et nous avons repris les codes issus de Divine »[DS]. L’occasion de retrouver Messieurs Métroz et Bonnefont, Directeur de DS, sur la scène.

L’article est maintenant terminé, vous pouvez reprendre une activité normale. A une prochaine fois ! Déjà ? On pourrait le croire car la nouveauté esthétique de cette DS 3 s’arrête là. Ou presque. Si vous êtes obsédés par les détails, certaines petites choses ont pu sauter à vos yeux. Par exemple, la toile de la capote sérigraphiée DS sur la Cabrio : désormais la trame DS descend jusqu’au coffre, alors qu’elle s’arrêtait au toit et était noir jusqu’au coffre. Vous avez aussi le levier de vitesse des boîtes automatiques EAT6, hérité de la DS 5 ; enfin vous avez la venue d’une nouvelle sellerie tissu/alcantara.

Également au programme, des teintes. En l’occurrence, un nouveau toit brun topaze, et un « nouveau » rouge Aden… qui fut présent au lancement en 2011 avant d’être retiré. Pour le plaisir, 10 adhésifs sont en option, afin de pousser la personnalisation à 78 combinaisons toit/caisse. Et jusqu’à 3 millions (!!!) si on intègre tous les choix des jantes, moteurs, boîtes, etc. Ce n’est peut-être pas tout à fait fini d’ailleurs car l’on oubliera pas qu’en digne production de Poissy, la DS 3 pourrait profiter de l’exclusivité peinture de l’usine PSA : les teintes texturées. Ce serait une bonne idée en tout cas, a priori visuellement plus sympa qu’une Dark Light

A l’intérieur, guère de nouveautés, même pas pour les matériaux où certains plastiques continuent d’arborer un grainage peu valorisant. Le cuir bracelet de montre en Nappa, présent jusque dans les aumonières des sièges, est reconduit. Côté pratique, DS annonce que la DS 3 a le plus grand coffre de sa catégorie.

Allez, nous n’oublierons pas l’autre nouveauté de la soirée qu’est la DS 3 Performance ! Elle remplace la DS 3 Racing, seule et unique représentante dans la gamme de série de la griffe « DS Performance » nouvellement créée pour l’engagement sportif de DS (Formule E et WRC). Cette divinité musclée reprend tout de sa voisine de chaîne de montage, la 208 GTi. Pisciacaises toutes les deux, elles ont le même cœur (1.6 THP 208 chevaux) et le même différentiel à glissement limité (Torsen). Par rapport à une DS 3 normale, une Performance est 15 mm plus basse et dispose de teintes propres : mates, avec toit doré, packs de personnalisation-autocollants et logos propres, et à l’intérieur des sièges baquets en cuir et Alcantara.

La « nouvelle » DS 3 vient clore la composition de la famille DS. Après la 5, la 4, voici la 3 donc, avec son quota de chrome en veux-tu en-voilà sur le bouclier avant. L’ensemble n’est pas déplaisant mais trahit des moyens limités pour le développement de cette voiture qui demeure, depuis son lancement, le véritable succès de DS. Il est toujours difficile de s’attaquer à une icône, tout comme il est dur de restaurer un tableau de maître -en l’espèce, le dessin de la DS 3 est signé Frédéric Soubirou. Il y avait moyen de faire plus moche, moins habile. Pour autant, le succès de la DS 3 jusqu’à maintenant laisse à penser que ce restylage identitaire (disparition des chevrons, arrivée du monogramme DS) n’était peut-être pas nécessaire. Nécessaire en revanche aurait été une évolution des plastiques intérieurs, mais il semble que le budget n’était plus disponible pour cela.

En tout cas, la DS 3 2016 fera son arrivée en mars dans les concessions -la Performance arrivera avec retard, en avril. Elle est néanmoins déjà commandable dès ce mercredi 20 janvier en concessions. Les tarifs seront connus d’ici là mais il est à craindre, à l’image des dernières DS 5 ou 4, que DS réévalue leur montant à l’aune du positionnement attendu par la marque et ses objectifs de profitabilité. Il ne faut donc pas traîner si vous voulez une « vraie » DS 3, avec ses chevrons historiques et son (quasi) petit prix.

Nous vous quittons sur de nouveaux clichés de cette belle convention DS organisée dans l’écrin idéal de la Cour du Louvre. Œuvre d’art, pièce de musée ? Cette DS 3 semble n’avoir pas choisi et baigner dans un entre-deux sans âge, à la fois jeune de nez, âgée de corps, mais encore dans le coup. Une belle parabole que la Pyramide de Ieoh Ming Pei, atemporelle, vient magnifier de ses losanges vitrés. Des vitraux en forme de trame DS ?

Crédit photographique : François M pour The Automobilist.fr
Remerciements à DS pour l’invitation à cette présentation

Deux interviews pour continuer votre lecture :
Yves Bonnefont, directeur de la marque DS
Arnaud Ribault, directeur marketing de DS