Le Nouvel Automobiliste
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Découverte statique du nouveau Peugeot 3008

C’était au Bourget, près de Paris, le lundi 23 mai, que Peugeot avait convoqué la presse internationale pour la présentation de son nouveau SUV, le 3008 de seconde génération. Un modèle attendu et crucial pour la marque au Lion puis qu’il représente plus d’une vente sur 10 en France et qu’il remplace un modèle qui s’est bien installé sur le marché dans un segment qui croît dans le monde entier. Allons donc dire bonjour à ce nouveau 3008 ensemble !

« J’attends ce jour depuis quatre ans » : voici les mots avec lesquels Maxime Picat a commencé la conférence de presse, rappelant ainsi que le nouveau 3008 est le premier projet de Peugeot dont il a suivi sous sa présidence le développement du début jusqu’à la fin. Ainsi, outre le fait que c’est l’un des seuls lancements de Peugeot en 2016 (avec la 408 en Chine et le duo Traveller/Expert en VP/VUL), ce 3008 représente le premier enfant de la nouvelle équipe dirigeante de Peugeot.

Commençons par l’intérieur…

Une fois n’est pas coutume, Peugeot a choisi de commencer par l’intérieur. C’était au salon de Pékin, et c’est assez rare pour être souligné : Peugeot a axé une part majoritaire de sa communication sur l’i-Cockpit, son concept d’intérieur digital et l’expérience sensorielle associée. En plus de l’équipe d’ergonomes qui a conçu, autour de Bertrand Rapatel, la démarche de l’i-Cockpit (petit volant, compteurs surélevés…), Peugeot a totalement revu, avec ses propres équipes de graphistes, son système d’info-divertissement avec un large écran capacitif de 12″ ainsi qu’un combiné d’instrumentation 100% numérique.

Ces écrans sont personnalisables et cela se traduit par des animations visuelles encore jamais vues chez Peugeot, le tout avec une dalle tactile centrale très réactive. Cette réactivité est associée à une palette de sons que la marque a voulu « haut de gamme » et qui, dans l’ensemble, est effectivement loin du concert de bip-bip-bip d’un C4 Picasso par exemple ! C’est même, dans l’ensemble, agréable sans devenir saoulant comme c’est souvent le cas avec ces sons répétitifs.

Peugeot a voulu maximiser l’expérience sensorielle et pour y arriver, ils ont sorti le grand jeu avec un bouton « amplificateur de sensation » ! C’est depuis ce bouton, le premier des sept toggle switches inspirés de l’aviation et de la musique (touche de piano ou de saxophone), que se lance directement le menu pour changer l’ambiance à bord. Deux ambiances sont proposées : Relax, ou Boost ! Et cela pilote automatiquement des paramètres à pré-régler, tels que le massage et le chauffage des sièges, mais aussi le typage de la conduite (confort ou sport) ainsi que la luminosité des écrans, les playlists préenregistrées ou même le parfum diffusé à bord !

Trois fragrances ont en effet été spécialement créées pour le 3008 par Antoine Lie, et installées à bord avec Scentys -qui collabore déjà avec DS et Citroën. Il s’agit de :

  • Harmony Wood, qui apaise, associé à l’ambiance « Relax »
  • Aerodrive, qui stimule, et est associé à l’ambiance « Boost » -c’est le préféré de G. Vidal !
  • Cosmic Cuir, « signature olfactive de la marque, vibrant et sensoriel ».

Ce n’est pas une révolution puisque les chevrons le proposent depuis 10 ans mais c’est un plus qualitatif. Le design des sons a également été poussé, avec le système de la société française Focal à 10 haut-parleurs déjà présenté dans le concept Fractal. Tous ces menus sont disponibles en associant un smartphone Android (avec Mirror Link) ou iOs (avec CarPlay), ce dernier pouvant se recharger par induction devant le levier de vitesse où une dalle est installée. La mise à jour techno passe aussi par le frein actif d’urgence, la reconnaissance des panneaux, l’alerte de concentration conducteur etc.

Les sièges massants promettent une qualité de massage premium, grâce à 8 cellules réparties sous le dossier, tandis que le design des sièges inspiré de la compacte 308 offre un confort à la fois enveloppant et moelleux sans être écrasant. Reste à voir si les réglages de suspension sont corrects à la conduite (ni tape-cul, ni trop mou), et ce 3008 pourrait faire du confort et du dynamisme cher à Peugeot un atout maître. Selon la chef de projet Marion David, un homme l’a déjà testé en pré série : Carlos Tavares. Et sa réaction était :« surtout, ne touchez plus à rien » ! Les autres toggle switches sont des boutons de raccourcis de menus vers la climatisation, la radio, le GPS…

En valorisant l’expérience de vie à bord, Peugeot a d’abord flatté le possesseur de la voiture, ainsi que ses occupants. Sur nos pré-séries de démonstration, les alignements de mobilier n’étaient pas encore totalement satisfaisants (jeu dans le couvercle de boîte à gants, quelques découpes de plastique surprenantes…), mais la qualité des matériaux semblait au rendez-vous. Les jeux de plastiques moussés, de tissus (dont la teinte rappelle le paper wood du concept Onyx), et surtout les froids et beaux détails en aluminium (console centrale, levier de vitesse, volant) étaient d’un bel aspect.

Un liseré lumineux parcours, de nuit, la voiture sur les haut de contre-portes ainsi que le velux. Ce dernier s’accorde à l’extérieur avec des barres de toit très fines et bien intégrées. C’est une nouveauté pour PSA en Europe : le toit vitré est… ouvrant ! En option, bien-sûr, mais présent (et non pas réservé à certains marchés comme la Chine), il est d’une belle taille mais n’était pas ouvrable durant la session de présentation.

Dans l’ensemble, la structure reste proche du tableau de bord de l’ancien 3008, avec un gros tunnel central. Dans le détail, tout a changé, et la vision tête haute a par exemple disparu, rendue inutile par les compteurs haut-perchés. Les rangements demeurent nombreux : boîte-à-gants, rangement dans le tunnel central, devant le levier de vitesse avec recharge NFC du smartphone… Point de transmission 4×4, mais un bouton Sport est accessible sur la console, permettant de modifier la cartographie moteur, la réactivité de la direction, ou encore l’animation des écrans. Les contreportes sont d’une contenance moyenne. Un regret toutefois sur les montants de portières qui laissent la tôle nue apparaître à l’intérieur, comme sur une vulgaire BMW Série 2 Active Tourer, mais contrairement à un C4 Picasso ou même une Xsara de l’ancien temps…

Côté coffre, une bonne contenance de 520 litres (+90 par rapport à l’ancien), avec seuil de chargement parmi les plus bas du segment et hayon électrique. Pour palier la disparition du double volet de coffre, le plancher du coffre peut s’étendre en coulissant que l’on bloque avec la poignée centrale. Ce même plancher est disponible en deux niveaux de profondeur (affleurant avec le seuil ou plus bas). Il dissimule une roue de secours galette. L’ouverture du coffre est, en option, électrique comme les portières coulissantes d’un Peugeot Traveller. Son système a semblé très réactif, dès le premier passage de pied sous le pare-choc.

Depuis le coffre, on rabat la banquette 2/3 – 1/3 pour atteindre 1580 litres de volume sur un plancher plat. Et si l’on replie le dossier du siège conducteur, la longueur de chargement est de 3 mètres. A l’intérieur du coffre peut s’installer sur la prise 12v une station de recharge pour l’e-kick, une trottinette électrique conçue par Peugeot avec le suisse Micro, et dessinée par le Peugeot Design Lab. D’une autonomie de 20 km, il permet de faire le « dernier km » jusqu’à sa destination, chez soi ou son lieu de travail, avec une assistance électrique. Un vélo à assistance électrique sera aussi proposé dans un second temps.

Le nouveau 3008 est aussi disponible avec un intérieur bi-ton noir/crème très agréable. La place à l’arrière gagne 24 mm, de même que 4 mm de largeur aux coudes (!) et 36 mm de hauteur à la tête… si l’on ne prend pas le toit vitré. La sellerie cuir fait belle impression et l’accoudoir est posé haut pour, vraiment, reposer le bras (et aussi permettre un passage haut de la trappe à ski).

Pour bien mettre en valeur l’iCocpkit, Peugeot avait installé un démonstrateur d’intérieur, l’occasion de prendre d’autres clichés de la bête sans être gêné par les montants de pare-brise. De l’aveu de Gilles Vidal, l’ambition de Peugeot avec cet intérieur, qui se couple au dynamisme promis du châssis, est de « redéfinir les standards d’un segment qui s’est mondialisé ». Et c’est vrai qu’au premier abord, les fans de technologie tout comme les néophytes voient la différence avec un intérieur conventionnel, quasi « ringardisé » par l’iCockpit.

L’intérieur surprend donc, impressionne même… Mais un contenu n’est bien souvent, apparences hélas, pas grand choses sans un contenant ? L’ancien 3008 était apprécié pour son intérieur, mais critiqué pour sa plastique bouboule extérieure ? En est-il toujours de même avec le nouveau 3008 ?

… et n’oublions pas l’extérieur sculpté !

La découverte de l’extérieur du 3008 n’en est pas tout à fait une : les journalistes l’avaient en grande partie éventé depuis longtemps, à tel point que Gilles Vidal a déclaré : « je vais recruter dans les médias, vous l’aviez tous très bien imaginé « ! Au-delà de ce petit hommage, Peugeot tient à faire savoir que les lignes fortes du véhicule ont été trouvées tôt, dès les premiers sketches, permettant un design équilibré assez naturellement.

Dans le détail, on est quand même loin de la fluidité ou de l’homogénéité d’une 308. La faute à des lignes brisées un peu partout et qui donne un aspect très anguleux à ce SUV, des angles qui notamment de 3/4 arrière ne sont pas que cosmétiques puisqu’ils permettent d’abaisser le SCx à 0,76 m². Le poids aussi joue sur les consommations et ce 3008 est 100 kg plus léger (1325 kg en ordre de marche en essence), grâce à la plateforme EMP2 (issue de la 308) et à l’adoption de matériaux moins lourds (aluminium pour les ailes, aciers à haute limite élastique dans la structure).

La partie arrière est habillée d’un bandeau qui relie les feux, un élément stylistique déjà vu sur les concepts et qui passe en série en Europe, après avoir été montré sur la 308 berline chinoise. Sur le toit, une ligne en inox vient rejoindre le hayon. Ce toit est bi-on avec la caisse, peint en noir dit « Black Diamond », ce qui allège stylistiquement le pavillon de la voiture.

Pour le partie avant, les griffes dans les phares se font plus saillantes, mais l’ensemble rappelle la 308 lancée pourtant en 2013. Dans le détail, les diodes sont du même type que celles du concept-car Fractal, la calandre est reprise du concept Exalt, et les lignes saillantes sont inspirées de l’étude Quartz. Ce style se complète d’une modernisation technologique puisque le radar frontal du régulateur actif intègre le centre du pare-choc. A l’avant comme à l’arrière, une vision 360° permet de contrôler le stationnement de la voiture. Un enjoliveur de chrome sur l’aile vient raccorder le phare au montant A.

Sur les flancs, les gros enjoliveurs plastiques de portières participent, avec la ceinture de caisse haute, à dynamiser la ligne, ce SUV proposant ainsi une ligne de quasi berline. Les chromes additionnels plairont à une clientèle chinoise friande de ces détails. Le 3008 tourne définitivement le dos aux rondeurs pour des lignes saillantes.

Trois coloris nous étaient présentés au Bourget : Gris Artense, Brun, et Bleu. D’autres teintes plus classiques (noir, blanc, etc.) seront bien-sûr disponibles au lancement : 8 couleurs seront au catalogue. Quelques jantes ont été présentées, de 17 à 19 », mais le catalogue n’est là-encore pas communiqué à ce jour. On sait juste que les 17 et 18 » sont disponible en pneus UBRR (Ultra basse résistance au roulement) et que le 19 », stretché, permet lui aussi de consommer moins même si les valeurs de CO2 n’ont pas été rendues publiques. Durant la conférence a seulement été annoncé le fait qu’en NEDC et en situations réelles, le 3008 était le meilleur de sa catégorie.

La production de ce 3008 se fera en France à Sochaux puis en Chine à Wuhan, trois mois après le lancement chez nous. Côté motorisation, la nouveauté provient du réservoir d’Ad Blue, contenance 17 litres, situé à côté de la goulotte de carburant. Les blocs seront les PureTech 130 et 165, et les BlueHDi 100, 120, 150 et 180 ch.

Et maintenant ?

On attend ! Le 3008 sera commercialisé en octobre 2016 lors du Mondial de l’Automobile, ses tarifs seront révélés juste avant à l’été. Il faudra donc être patient avant de profiter de ce concurrent direct de stars solidement ou nouvellement installées : Nissan Qashqai, Renault Kadjar, Volkswagen Tiguan, Hyundai Tucson, Kia Sportage, Ssangyong Tivoli, ou même BMW X1… L’hiver sera féroce avec le 3008 pour les SUV compacts ! Pour l’heure, c’est une dernière galerie du 3008 que l’on vous propose, avant quelques interviews des responsables du projet (chef de projet, chefs du design intérieur et extérieur, etc.) qui arriveront dans quelques jours.

Crédit photographique : François M. pour The Automobilist
Remerciements à Peugeot pour l’invitation