Le Nouvel Automobiliste
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Découverte statique du concept-car DS E-Tense

C’est peut-être « LE » concept-car du Salon de Genève 2016. Le plus inattendu, le plus surprenant, le plus avant-gardiste, et peut-être le plus important. Découvrons-le en images, et voyons pourquoi.

C’est fébriles et interloqués que nous avons appris l’existence du concept E-Tense comme la plupart de la presse, le 25 février, par un teaser. L’attente fut courte, le lendemain à 10 h nous étions les premiers à vous en donner tous les détails. Et le propos est assez simple : c’est une supercar électrique à la française. Cela fait plaisir à voir, même si c’est un concept-car, et c’est surtout une première pour DS qui pourrait ne pas rester qu’un coup d’essai.

Long de 4,72 m pour 1,29 m de haut, l’E-Tense est furtive. Comme sa génitrice moteur, l’Exagon Furtive e-GT, dont elle partage le cœur électrique. C’est donc une œuvre de design qu’a présenté DS avec son design paramétrique. Les détails sont soignés, avec des incrustations de chrome partout, des lignes tendues et une teinte vert Amétrine (un gemme équivalent au quartz) qui interpelle. Certains volumes sont creusés, comme la calandre façon Lexus, tandis que des thématiques 100 % DS (les feux et projecteurs façon diamant, le losange façon Pyramide de Pei…) sont disséminés de ci-de là.

Cette DS, en interne codée « GT17  » , est une DS Performance, des logos dédiés la signent au bout du capot, et sur les flancs. Elle vise à faire le lien avec la compétition en Formule E. Le logo DS, lui, apparaît légèrement plus épais aux extrémités. Un jonc de chrome divise le capot avant pour aller du médaillon DS Performance jusqu’au pare-brise. Dessous, un coffre à bagage avec une ligne spécifiquement créée par le maroquinier Moynat.

A l’arrière, on se rappelle de la GTbyCitroën sur ce 3/4 tombant en pente douce, sans lunette, avec ses clignotants haut-perchés façon DS 19. Les feux se poursuivent dans des écopes latérales, deux petits losange de chrome concluent une prise d’air, et un immense extracteur d’air plaque la voiture au tarmac. Les passages de roues en fibre de carbone nue enserrent des pneus Michelin Pilot Super Sport de 20″ spécifiquement créés pour elle (à l’avant : 245/35 ZR20 95Y ; à l’arrière : 305/30 ZR20 103Y). Ces enveloppes sont réduisent les émissions sonores et ont un aspect travaillé sur leurs flancs avec une quasi-trame DS en 3D gravée au-delà des jantes.

A l’intérieur, c’est du délire. Du délire DS, fait de formes complexes, de couleurs originales, de détails ultra soignés. Du beau délire, du délire aussi sympa à voir qu’impressionnant à admirer, qui représente 800 heures de travail. Incrustation de cristaux Swarovski comme dans les optiques, savoir-faire de BRM -montres- et Focal -hi-fi audio-, on trouve le meilleur dans ce cocon pour deux tendu de cuir vert sur les contre-portes. Un vaste écran tactile permet de tout connaître des réglages de la voiture, la trame DS en losange est partout tissée, et il n’y a guère que les commodos classiques pour jurer dans l’ensemble. Le volant est badgé DS Performance, et le tableau de bord fabriqué par stéréolithographie consiste en une véritable sculpture de cuir et d’aluminium. Sensationnel !

Yves Bonnefont, DG de DS Automobiles, a annoncé qu’on la découvrirait bientôt sur route. Car loin d’être une belle de salon, l’E-Tense est un concept fonctionnel, une machine à rêve propre à porter la marque DS dans l’attente de produits 100 % inédits, à l’image d’une Peugeot Onyx ou d’une Renault DeZir en leur temps. Les deux moteurs électriques de 402 chevaux offrent 516 Nm, pour un 0 à 100 km/h en 4,5 secondes. Mais, lourde de 1800 kg, l’E-Tense doit se contenter selon DS de 360 km d’autonomie au maximum, ou 310 km en utilisation mixte route/ville. Présentée sous les yeux du Président du Directoire de PSA, Carlos Tavares, ce dernier est même monté à bord. Sûr que son goût pour le sport auto a dû lui donner des envies…

Non prévue dans les plans de développement de DS, superfétatoire dans un groupe PSA qui se remet de la crise, l’E-Tense fait avant tout plaisir à voir. Non seulement elle signe plus que jamais l’existence de DS comme marque de luxe de PSA, mais elle marque l’avènement chez un constructeur français d’une utilisation de la motorisation électrique comme pourvoyeuse de plaisir, d’envie et d’excellence. Bref, tout l’inverse d’une Citroën C-Zéro et bel et bien la consécration de l’avance qu’avait, sur son temps, l’Exagon Furtive e-GT. Elle est l’une des seules études « pures » du salon de Genève, l’un des seuls vrais délires stylistiques, tout en étant totalement fonctionnelle. Au rendez-vous des carrossiers et marques de très haut luxe (Pagani, Bugatti, etc.), elle ne dépare pas. Mieux, elle tient la cadence. Chapeau DS, on a très envie de la revoir, en vrai, démontrer tout son potentiel.


Crédit photographique : François M. pour The Automobilist.fr