Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Découverte statique de la nouvelle Citroën C3 2016

Une nouvelle Citroën, c’est un événement ! Surtout ces dernières années, tant les nouveautés se sont raréfiées chez la marque aux Chevrons. En cause : la scission avec DS, les difficultés de trésorerie du groupe PSA, et le renouvellement de la gamme française qui s’était achevé avec les lancements des C1 et C4 Cactus en 2014.

Avec la nouvelle C3, Citroën ne fait pas que remplacer sa meilleure vente : la marque confirme sa stratégie d’être « différent » et « feel good », continue son rajeunissement d’image et persiste dans ses choix de design et d’équipements. Allons donc y jeter un coup d’œil plus près.

Nous étions donc à la présentation du 29 juin dernier à la Sucrière de Lyon, dans le quartier de la Confluence. Un bâtiment industriel où Citroën a pu présenter sa nouvelle citadine, la C3. Longue de 3,99 m, elle est plus longue de 5 cm, et son empattement gagne 7 cm. En largeur, 2 petits centimètres sont gagnés (à 1,75 m), quand la hauteur en perd 5 à 1,47 m. Un format donc totalement dans le segment B où elle devra ferrailler avec la Renault Clio, meilleure vente en France mais qui est aussi la française la plus vendue en Europe (4,06 m de long), la Ford Fiesta (3,98 m), et les VW Polo et Peugeot 208 (3,97 m).

La 208, justement. C’est la petite sœur de la nouvelle Citroën C3 : elle prête à cette dernière-née sa plateforme, ses moteurs, et on retrouve dans le design latéral notamment de la custode arrière des traits de 208. Elle lui prête aussi son usine, à Trnava en Slovaquie, où la production de la française a été délocalisée, laissant les chaînes de Poissy aux seules 208 haut-de-gamme (Féline, peintures texturées et GTi) et DS 3. La C3, selon Citroën, est aussi la fille d’une longue lignée de mini-chevronnées, commencée dès le 2cv, et qui continua avec les AX, Saxo, et les deux premières générations de C3 : en 14 ans, ce sont 3,5 millions qui en sont sorti de chaîne.

La nouvelle C3 fait table rase esthétique de la précédente. Adieu le physique rondouillet, le long pare-brise Zénith et la proximité originelle avec la DS 3, et place à un mini-SUV qui se pare d’attributs de baroudeurs que sont les gros pare-chocs, les passages de roues plastique, et sur certains degrés de finition (option dès niveau 2, série sur niveau 3) les fameux Airbump, ces protections latérales inaugurées sur la C4 Cactus et qui reprennent, sur la C3, le rôle de feues les pare-chocs de flancs, précédemment abandonnés sur l’autel du design.

Le design, justement, fait revenir ce plastique noir en grâce. Autre élément visible, le toit bicolore, disponible en 3 teintes ; marié aux 9 teintes de caisses, cela fait monter à 36 le nombre de combinaisons possibles à la commande -une version « toit ton caisse » demeure. Elément distinctif déployé sur les C1 et C4 Cactus, le montant A de pare-brise est noir, pour accroître le sentiment que le pavillon peut être personnalisable. Citroën a d’ailleurs présenté des propositions de décors artistiques de toits, dont un à la sauce « Space Invaders », pour l’heure non promis en série.

La personnalisation continue avec de nombreux détails de carrosserie qui peuvent être colorés en accord avec le pavillon : entourage des anti-brouillards, coques de rétroviseurs, ainsi que la première cellule gonflée de l’airbump. Si vous n’aimez pas les Airbump, une option « pas d’airbump » est proposée sur le niveau 3. Egalement propre à cette C3, le choix de nouvelles teintes « pâles », tel que l’Almond Green ci-dessous. On retrouve cependant dans le nuancier l’Orange Power (inauguré sur la 208 restylée), ou un blue Cobalt. Les toits sont disponibles en blanc opale, noir onyx ou rouge Aden. Quant aux jantes, on remarquera que certaines proviennent de la C4 Cactus.

In fine, cette C3 renouvelle bien-sûr l’image que l’on s’en faisait, mais déroule aussi les codes Citroën déployés depuis 3 ans. On se retrouve donc à moitié surpris face au regard triple étage à liseré de diodes (inauguré sur la C4 Picasso), face aux feux à imitation 3D (C4 Cactus, C4 Picasso restylée…), ni face aux chevrons qui, à l’avant, enserrent les optiques, tandis qu’à l’arrière ils sont sur fond noir comme depuis 2014 et la présentation de la C4 Cactus. La typographie du monogramme C3, qui évolue à nouveau, est cette fois directement issue de la C6 chinoise.

A bord, la nouvelle C3 déroule aussi la partition Citroën des derniers mois. L’écran tactile vient ainsi du C4 Cactus, même s’il gagne un rebord pour poser les doigts ; les aérateurs « rond-carré » avec un petit décor intérieur rappellent furieusement ceux de la dernière C6 ; et l’horizontalité de cette planche, qui dégage beaucoup de place au-dessus du tunnel de transmission, rappelle l’espace à bord que l’on trouve sur un C4 Cactus ou une C4 Picasso.

Dans le détail, l’intérieur est comme l’extérieur, personnalisable. 3 ambiances sont proposées : Metropolitan Grey, pour du tissu à rayures ; Urban Red, pour un liseré rouge du bandeau horizontal ; et Hype Colorado, avec bicolore et bimatière avec des inserts de cuir havane.

Parmi les éléments identitaires que Citroën continue de déployer dans sa gamme, les poignées de porte rappelant la bagagerie, les décors de rectangles aux coins arrondis sont présents jusque dans le coffre ainsi que dans la calandre. L’ensemble donne une belle impression qualitative, même si les modèles présentés sont des pré-séries, mais l’on regrette l’absence de protections intérieures de montants portière (en partie haute, la tôle est nue).

Côté technologie, l’heure est donc à l’écran tactile, à la caméra de recul, à la surveillance d’angles mort (rare sur ce segment), au démarrage sans clé (enfin !) ou aux adaptations pour smartphone (CarPlay, Android Auto). Citroën innove en proposant une Connected Cam pour capturer jusqu’à 1,30 minutes de vidéo et autant de photos que les 16 GO de la mémoire embarquée peuvent retenir, tout en sachant que cette caméra embarquée enregistrera les 30 secondes précédant un accident et la minute après impact, au cas où le propriétaire (censé rester maître de ses données) voudrait avoir des preuves.

Point plus agaçant cependant : deux de nos modèles de découverte, installés en plein soleil, faisaient montre d’un aveuglement des compteurs derrière le volant. Un point à surveiller car ce n’est pas sécurisant. Autre point, le coffre, vaste : 300 litres, un volume identique sur la Clio, mais inférieur aux 320 disponibles sur une Sandero. Pour y parvenir, la C3 fait deuil de sa roue de secours, et les « chargeurs » doivent composer avec un seuil de coffre très haut.

Convaincante au premier abord, cette nouvelle C3 est aussi promise extrêmement confortable par la marque, qui fait de cette qualité une de ses valeurs pour susciter l’achat. Ce sera à vérifier à l’automne, au moment des essais, de même que l’on pourra évaluer la gamme moteurs. Celle-ci s’étend de 68 à 110 ch en essence, et de 75 à 100 ch en Diesel. Une version GPL est prévue notamment pour l’Italie, et pas pour la France !

Les ambitions de Citroën sont de placer cette C3 sur le podium européen des ventes. Pour l’heure, la Clio est 4e, tandis que l’actuelle C3 n’est pas dans les 10 premières. Du chemin sera donc à parcourir pour cette petite chevronée qui se permet, et ce n’est pas désagréable, de déparer du reste des citadines actuellement sur le marché. C’est cette différence de positionnement que veut incarner la marque pour réussir à l’avenir, et la différence de la C3 « III » par rapport à la C3 « II » montre l’évolution que pourrait connaître l’ensemble de la gamme Citroën dans le futur.

Pour continuer cette découverte de la nouvelle C3, retrouvez les interviews de 5 responsables de Citroën, et l’entretien avec la Directrice Générale Linda Jackson.

Crédit photographie : François M. et Khalil pour The Automobilist
Remerciements à Citroën pour l’invitation à cette présentation de la nouvelle C3.