Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Découverte statique de la Kia Rio 2017

Les Jeux Olympiques sont terminés mais l’on continue de parler de Rio avec la nouvelle génération de la citadine Kia ! Quatrième du nom, elle veut capitaliser sur les parts de marché acquises par sa devancière tout en continuant de séduire. La Rio réussit-elle le Grand Chelem ? Nous sommes allés la découvrir en avant-première à Francfort, au Siège européen du constructeur coréen.

La Rio est un modèle-clé de Kia. Véhicule mondial, c’est son modèle le plus vendu avec 16 % du mix total du constructeur, et plus de 473 000 exemplaires écoulés en 2015 l’an dernier. En France, c’est la deuxième vente de Kia, avec un peu plus de 6000 unités vendues l’an dernier, et un modèle de conquête puisque 80 % de ses clients voyaient leur Rio être leur première Kia.

Pour conserver ces clients, et en conquérir d’autres, voici donc la Rio IV. Uniquement disponible en 5 portes et plus en 3 portes, elle suit le style des dernières productions Kia à l’image de l’Optima, à savoir dans la lignée de la précédente version tout en étant un peu plus acéré. Les projecteurs adopte un liseré de diodes en U. La calandre, cerclée de plastique noir laqué, se fait plus fine qu’auparavant, tandis que les angles sont plus présents dans les volumes (optiques, boucliers). La bouche est plus anguleuse aussi en bas de pare-chocs, avec des anti-brouillards repoussés sur les côtés.

Sur les côtés, les flancs creusés laissent place à des lignes tendues, sobres, et un design des vitres qui rappelle celui de la plus grande Renault Mégane… ou une Hyundai i20. Logique, c’est sa sœur technique avec laquelle elle partage sa plateforme. Les réglages de suspension sont cependant propre à Kia, pour mieux distinguer les caractères des deux modèles. La silhouette est basse à 1,45 m de haut (contre 1,50 m avant), pour garantir un bon coefficient de pénétration dans l’air. Longue de 4,06 m comme une Renault Clio, la Kia Rio grandit d’1,5 cm en longueur, et possède un empattement de 2,58 m. Les jantes vont de 15 à 17 pouces comme sur notre modèle haut-de-gamme de présentation.

A l’arrière, les feux sont en partie sur le hayon comme la précédente génération, et avec des diodes aux motifs très « VW ». L’ensemble est massif, le seuil de coffre plutôt haut, et la partie basse du bouclier en plastique mat est prête à protéger la voiture des coups. Il y a un toit ouvrant (optionnel), remarquez la découpe de pare-brise très inspirée de la Peugeot 208, tandis que les soudures ne sont pas encore faites au laser.

Le responsable du Plan produit de Hyundai Motor Group, Vittorio d’Arienzo, nous a expliqués que les i20 et Rio partageaient beaucoup de pièces communes : « la plateforme par exemple, c’est du segment B où seule la partie haute de la caisse se différencie, où les montants sont plus ou moins d’un style sportif. Sinon, aucune pièce extérieure n’est commune avec l’i20. La base est déjà plus évoluée que sur l’i20, et plus légère sur la Rio. Hyundai et Kia font en sorte d’avoir une conception commune, mais nous n’avons pas de politique de plateforme ».

A bord, la Kia Rio présente une planche de bord très horizontale et tendue, à l’image d’une Citroën C3, avec un écran tactile central de 5 à 7 pouces selon les versions. Son intégration, assez peu réussie, rappelle que sa consœur la Hyundai i20 n’en a pas (encore ?) et que l’IHM a encore à apprendre des Peugeot 208 ou de la Renault Clio pour son intégration à l’habitacle.

L’interface est complète mais dispose d’une ergonomie pas encore totalement intuitive, contrairement au SYNC de Ford ou au R-Link de Renault. Compatible avec les outils Apple CarPlay et Android Auto, l’on peut connecter un smartphone à l’avant comme à l’arrière (bon point), bien que la prise USB à l’avant ne soit pas protégée.

Les finitions sont bonnes, dans la mesure où les accostages de matériaux sont bien tenus. Le choix de l’ambiance, noir c’est noir, est tristounet, tandis que les plastiques sont tous durs. Tous, à l’exception de l’intérieur du bandeau de planche de bord, astucieusement moussé puisque c’est précisément là que les doigts iront tâter le matière en premier.

Le coffre propose 325 litres, parmi les meilleurs volumes du segment, mieux qu’une Clio ou une C3 (300 litres) et même qu’une Sandero (320 litres), mais inférieur aux 355 litres d’une Suzuki Baleno, pourtant plus compacte encore. Banquette rabattable 2/3-1/3, plancher à étage, le coffre profite même d’un crochet sous tablette pour maintenir debout la tablette lorsqu’on remplit le double-fond de la soute. La roue de secours est encore disponible en option.

Sérieuse dans sa présentation, la Rio fait l’impasse sur une sellerie cuir véritable, que même une Sandero propose (avec de tout petits médaillons de croûte de cuir cependant, Eric vous en dit plus ici). A la place, Kia a recours à du cuir de synthèse sur les finitions hautes. D’aspect normal voire flatteur au premier regard, il déçoit au toucher. A la place du « cuir », Kia offre du tissu en finitions inférieures ; un pack « Rouge Racing » est aussi proposé avec le « cuir » et des inserts rouges. Sur ce choix de cuir, Vittorio d’Arienzo explique : « il n’y a pas de compromis de qualité, on peut proposer du vrai. Mais un matériau végétal, c’est plus hi-tech, c’est plus jeune et c’est important pour l’image. En vrai, on ne voit pas la différence et pour tenir les prix accessibles on ne veut pas de croûte de cuir cheap ».

La Rio se rattrape avec un package technologique de très bon niveau : arrêt d’urgence automatique avec reconnaissance piétons (une première sur le segment), AFIL, un régulateur/limiteur, ou encore une caméra de recul.

Sous le capot, du nouveau aussi. En essence, le 3-cylindres 1.0 L T-GDI en 100 et 120 ch vient coiffer une offre débutant par le 4-cylindres 1.2 de 87 ch. Du Diesel sera aussi proposé avec les 1.4 CRDi en 70 et 90 ch. Côté transmissions, des BVM à 5 voire 6 vitesses selon puissances. Seul le 1.0 l 100 ch sera accordé à une BVA à 4 vitesses. Point de motorisation hybride ni électrique : le seuil de rentabilité n’est pas atteint pour de telles versions à des prix abordables selon Kia. Vittorio d’Arienzo explique que la marque « maîtrise la technologie, avec le Niro, et investit dans le mild hybrid. Quand il y aura un business model, nous serons prêts. Mais aujourd’hui pour les citadines, il n’y pas de besoin, surtout pour le prix. Quant au 100 % électrique, ce n’est pas dans notre plan,  c’est fait sur des voitures dédiées type Hyundai Ioniq, pas sur une voiture existante pensée différemment ».

Au niveau européen, Kia est à près de 15 % de croissance soit 2 fois plus que le marché, mais sa part de marché reste en deçà des 3%. L’objectif pour 2019 est de ventes 500 000 unités par an. Fabriquée en Corée du Sud à Sohari, la Rio quatrième du nom sera comme ses prédécesseures une voiture mondiale. Malgré cela, une partie de son développement a eu lien à Francfort, au siège européen de Kia, même si la marque veut « garder son identité et ne pas cloner les goûts européens », d’après Gaël du Bois de Beauchesne, Directeur marketing de Kia France. Ce dernier reconnaît que côté ventes, « on est loin de progression fixée : pour avoir 60 000 ventes annuelles de la marque, il nous faudrait vendre 10 000 Rio, nous sommes à 6/7000 selon les années, et elle n’est que 2e derrière le Sportage. Cette quatrième génération devra faire mieux, notamment sur les ventes aux sociétés où nous sommes à 3% contre 20% en moyenne pour nos concurrents ».

En termes de positionnement, Kia compte sur les 7 ans de garantie pour séduire : « c’est la durée moyenne de détention d’un véhicule en France, explique M. de Beauchesene, on espère donc fidéliser la clientèle conquise sur la génération actuelle, qui était à 80 % la clientèle de Rio. On peut venir séduire des personnes qui autrefois étaient clientes de segment C et par le niveau d’équipements supérieur en regard au prix moyen. On veut être une alternative sérieuse, élever notre niveau de jeu, et plus seulement les prix abordables. C’est plus difficile quand la concurrence notamment celle de Peugeot Citroën et Renault sur le segment B est forte ». 

Sur la vie de cette Rio, il ne faut pas s’attendre à une variante SUV dans les tout prochains mois, même si M. de Beauchesne confirme que « les segments B et C-SUV sont en progrès, mais on étudie sérieusement notre positionnement sur un ‘Rio SUV’ entre un Sportage et un Soul, tout en se félicitant que le Soul soit meilleur en ventes en électrique qu’en thermique ». En revanche, une GT Line a été quasi officialisée : « ce n’est pas impossible du tout dans le cycle de vie pour un look plus dynamique et sportif, car pour des tas de raisons économiques, environnementales, réglementaires, les gens préfèrent avoir 70 ou 80 ch et non un gros moteur. Plus de 50 % des Cee’d sont vendues en GT, près de 30 % pour Sportage, c’est le signe d’une vraie envie du client en Europe ».

Le lancement interviendra au début de l’année 2017. Au Mondial de l’Auto, les deux Kia Rio seront sur le stand coréen, de quoi permettre de mieux les comparer. L’ambition de Kia est de passer la barre des 10 000 ventes annuelles en France, un objectif qui reste encore loin mais qui n’est pas impossible tant l’homogénéité apparente de la Rio peut convaincre, rassurer, fidéliser les clients conquis autant que continuer de conquérir de nouveaux adeptes.

Crédit photos : François M. – The Automobilist