Le Nouvel Automobiliste
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Découverte statique de la Citroën E-Mehari

C’est le troisième véhicule électrique de la gamme Citroën après les C-Zéro et Berlingo Electric. Basée sur la Bolloré BlueSummer et fabriquée à Rennes, cette E-Mehari arrive en mars 2016, mais nous avons pu la découvrir au siège de PSA à Paris.

Elle est exposée au 75 avenue de la Grande Armée, siège de PSA Peugeot-Citroën à Paris XVIème, depuis sa révélation à la presse le 7 décembre dernier. Et dans cette antre du Lion Peugeot, ses chevrons apposés sur une conception Bolloré font un peu empruntés. Elle, c’est donc la sympathique et sémillante E-Mehari, cousine rennaise de la BlueSummer. Toutes deux partagent 95 % de leur carrosserie, la Citroën s’en distinguant par sa face avant et ses portières.

Frédéric vous l’a déjà présentée en détails, profitons de cet article pour la découvrir hors photos officielles de Citroën. Longue de 3,81 m, elle paraît surtout très haute, grâce à une garde-au-sol assez élevée et à ses arceaux gris très haut-perchés. Tant pis pour l’aérodynamisme et tant mieux pour l’accueil des occupants qui ne contorsionnent pas pour grimper à l’avant. Pour aller à l’arrière en revanche, il faut replier le dossier des sièges avant et se glisser sur la banquette arrière -les portières auraient gagné à être plus longues.

Le design, revu par Citroën donc, voit la E-Mehari équipée des phares à diodes de la C4 Cactus. L’E-Mehari étant moins large que cette dernière, les phares paraissent un peu trop étirés. A la place des Airbump, des protections noir laqué revêtent les clignotants et les anti-brouillards. Ce n’est pas surprenant, car Citroën dispose déjà avec le C3 Picasso d’un modèle aux anti-brouillards intégrés dans les sur-pare-chocs. D’ailleurs, C3 Picasso et C4 Cactus ont le même père, Frédéric Duvernier, pour le design. Il est aujourd’hui le directeur du design de Citroën.

Le bouclier de pare-choc n’a pas la même apparence, bien que carrosserie et pare-chocs soient l’un et l’autre en plastique. Le capot est brillant, le PC a un relief de peau d’orange… A l’arrière, les feux sont ceux d’une Bluecar, tandis que c’est aussi du plastique qui recouvre les arceaux et les portières. Ces dernières ont été redessinées par rapport à la BlueSummer, et offrent désormais un relief qui les rapprochent de celles du concept Cactus-M.

Point de vitres sur cette E-Mehari, mais des protections en plastique transparent. Comme sur un Twizy de Renault, elles sont amovibles. On retrouve, très lointainement, l’esprit des fenestrons qui se remontaient à l’avant d’une 2cv.

L’intérieur est lui aussi tendu entièrement de plastique. Les sièges sont recouverts de TEP imperméabilisé : ils sont en effet prévus pour supporter l’eau. Ils plissent un peu mais sont d’un aspect correct. En revanche, du caoutchouc qui recouvre le sol émane une odeur très chimique dans cet intérieur.

Étonnamment, l’opération « rebadgeage » de la BlueSummer s’est arrêtée à l’extérieur. A l’intérieur, les racines Bolloré reprennent leurs droits, si l’on en juge par le volant anonyme à trois branches que l’on croirait issu du rallye s’il n’était pas recouvert de plastique, et aussi plus subtilement au niveau du pare-brise. Les vis apparentes sont partout, Auto Plus y verra peut-être un record, mais la qualité perçue n’est pas l’objectif de cette voiture, même d’un tarif frôlant les 20 000 € : elle doit résister à l’eau, de pluie comme de jet de lavage. Nul besoin donc de miser sur l’apparence, l’extérieur suffit pour ça, et l’intérieur se doit de résister au temps.

Résister au temps, c’est aussi la mission de la poignée de portière : on n’avait plus vu ce morceau de plastique depuis la fin du Kangoo en 2007. Et pourtant, c’est bien le même moule, qui date de la Twingo de première génération (1993 !). Lavoisier et la Cop21 ont de quoi être satisfaits. Les contreportes, simplistes, montrent une poignée souple. La fermeture de la portière ne se conclut sur aucun claquement mat, comme recherché d’ordinaire dans la production de grande série, mais sur un grincement étouffé par le plastique.

Comme sur toute électrique, point de boîte de vitesses mais un sélecteur simple au centre. Bolloré oblige, la clé de contact est conservée à bord du véhicule, qui conserve aussi son applique de déverrouillage « Autolib' » au pare-brise. Normalement sur la Citroën E-Mehari de série, la clé sera amovible pour être conservée par le propriétaire. L’impression générale de cet intérieur est que malgré les sièges en TEP et l’écran d’information central, il est fait à l’économie : sièges peu enveloppants, grincements un peu partout, ça sonne creux sous chaque revêtement. Alors bien-sûr la voiture doit être légère, waterproof et rester accessible (grâce au bonus  gouvernemental), mais on est loin d’une Citroën conventionnelle.

Pour l’heure exposée derrière barrière, l’E-Mehari débarquera en concessions au printemps 2016. Elle offre une vision différente de ce que peut-être une Citroën, ou une automobile tout court. En cela elle suit la philosophie de la Méhari originelle, y ajoutant la motorisation électrique pour être moderne. Pas sûr néanmoins que cela soit suffisant pour connaître le même succès… mais qui sait, le marché de l’électrique décolle enfin, en Europe comme en France (1750 ventes/mois contre <1000/mois l’an passé) : cette E-Mehari arrive peut-être au bon moment ? On lui souhaite, avec un white-winter, un blue summer…

Crédit photo : François M. pour The Automobilist.fr