Le Nouvel Automobiliste
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Dans les coulisses de PSA : une journée à Vélizy

A l’occasion des 50 ans du Centre Technique PSA de Vélizy (78), le Groupe automobile français a organisé une journée Portes-Ouvertes de ses locaux. Au programme, des lieux d’ordinaire strictement fermés aux regards sont exceptionnellement ouverts au public, agrémentés d’une exposition de quelques voitures. Ces modèles vont des prototypes de roulage aux véhicules non-importés, en passant par les concept-cars conçus pour certains à l’ADN, le centre de style si cher à la marque. Suivez le guide !

Première partie : Les bâtiments techniques

Pour situer ce que représente le Centre Technique de PSA, il faut remonter à sa création en 1966. Citroën installe alors à Vélizy ses bureaux d’études, précédemment situés dans le XVe arrondissement de Paris, dans le quartier de l’usine du Quai de Javel. Son développement éclair permet la construction de 13 bâtiments de recherche sur toute la période des années 70, suivis de l’arrivée de nouveaux équipements durant les années 80, partagés avec la nouvelle maison-mère, Peugeot. La naissance du Centre de Style Citroën en 1992, rejoint par celui du Lion avec la construction de l’ADN (Automotive Design Network) en 2004, achèvent l’œuvre.

Le Groupe PSA dispose ainsi d’un mini-Technocentre, façon Renault, avec un maximum de métiers réunis (pas tous cependant, il demeure trois autres centres techniques en région parisienne ainsi que dans l’Est) en un même lieu. L’ensemble emploie plus de 5 000 employés sur le site de Vélizy, tous secteurs confondus. Étendu sur près de 70 000 hectares, c’est un centre de recherche & développement essentiel pour le Groupe, et extrêmement sensible. L’implantation à Vélizy permet, d’ailleurs, de profiter de l’interdiction du survol des bâtiments, conséquence de la mitoyenneté avec l’aéroport militaire de Villacoublay.

En ce jour si particulier, plus de 75% du site sont ouverts au public. Les réalisations et les savoir-faire sont présentés aux néophytes, avec des voitures, des stands et des open spaces d’équipes. Accompagnés de modèles historiques ou de concept-cars, ce sont de vrais morceaux du patrimoine de PSA qui étaient, une fois n’est pas coutume, exposés sous un grand soleil.

A Vélizy naissent les voitures du Groupe PSA : c’est la phase amont véhicule, qui recouvre le style, l’innovation, et les avant-projets. Les activités sont réparties en 4 pôles : architecture physique et fonctionnelle, caisse habitable et matériaux, systèmes électricité électronique, et chaîne de traction et châssis.

La phase de conception implique le développement et l’industrialisation des projets véhicules. Une multitude de jalons de préparation sont donc réalisés sur place, pour la plupart insoupçonnées du client final de la voiture. Après la CAO, viennent les prototypes : ils sont assemblés à la main, dans atelier dédié au montage des premières maquettes ainsi qu’une mini-ligne de ferrage et de montage de prototype. Cela permet de former les premières équipes avant l’installation de la chaîne de montage définitive en usine.

Pour que le véhicule soit parfait dès sa sortie, on étudie sa durabilité, avec plus d’une centaine de bancs d’essai physiques, numériques ou de réalité virtuelle. Par exemple, on y mène des tests de vibrations thermiques, acoustiques (avec chambre anéchoïque),  de résistance électronique, d’endurance ou de simulation routière. En outre, Vélizy recèle des activités de services et pièces de rechange.

Style, Innovation, Ingénierie de production, Conduite de projet, Coûts et efficience, Qualité, ainsi que d’autres fonctions support trouvent sont hébergées à Vélizy. Une vraie fourmilière ! Durant la visite, des prototypes commençaient à apparaître au fur et à mesure : mulets, véhicules de tests… mais aussi véhicules de la concurrence et quelques showcars. PSA oblige, ceux-ci sont mélangés afin de faire honneur aux trois marques du Groupe.

On retrouve ainsi face à nous les concepts Citroën Karin (concept pyramide dessiné par Trevor Fiore) et Activa II, ce coupé GT de 1990 qui intégrait la fameuse suspension éponyme avec un intérieur futuriste. Ces études attirent l’œil pour leur originalité très calée dans les années 80 et 90. L’étude Cruise Crosser 6×6, réalisée avec l’école Espera Sbarro, est là aussi. Côté Peugeot, l’EX1, une sorte de KTM X-Bow à la française, et le HX1, gros et luxueux break de chasse, nous ramènent à l’heure actuelle et prouvent que leur style, désormais « âgé » de six et quatre ans respectivement, n’a pas vieilli.

A l’extérieur trône une exposition de véhicules anciens : les 205 GTi du GTi Club de France ont fait le déplacement, au milieu de véhicules historiques comme la SM jaune du Rallye de Côte d’Ivoire Bandama de 1973, de concept-cars encore plus exotiques comme la Peugeot 907 avec son V12 et ses 12 trompettes visibles sur le capot, ou la Citroën Survolt tout-électrique et sa peinture bariolée de Françoise Nielly à la manière d’un Art Car des années 70.

Enfin, il était possible de pénétrer à l’intérieur du dernier né de la marque au Lion, le Peugeot 3008, dans une version de milieu de gamme Allure, qui pourrait représenter près de 50% des ventes.

Notre promenade dans les coulisses de PSA se poursuit dans la partie à la fois la plus connue et la plus secrète de Vélizy : l’ADN.

Seconde partie : l’ADN