Le Nouvel Automobiliste
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Cinq interviews pour tout savoir sur la Citroën C3 2016

Mercredi 29 juin, Citroën présentait la nouvelle génération de sa citadine à succès, la C3. C’est un modèle primordial pour le constructeur français, qui n’a pas présenté de nouveauté majeure depuis 2014 et le lancement du C4 Cactus, parce que la C3 est nulle autre que sa meilleure vente. Avec 3,5 millions d’exemplaires écoulés depuis la première itération, lancée en 2002, il faut donc que les Chevrons assurent ce lancement pour assurer leur avenir.

Comment s’est déroulé le projet ? Sous quels auspices se présente cette C3 ? Quelles stratégies le constructeur met-il en œuvre pour la mettre sur le marché ? Nous avons rencontré brièvement plusieurs personnes-clé du projet B618 :

Interview de Thierry Blanchard, Chef de projet nouvelle C3

The Automobilist : Bonjour Monsieur Blanchard. C’est le grand jour pour la nouvelle C3 avec cette présentation à la presse. Dites-nous, quels ont été les moments forts du projet ? Qu’est-ce qui a été le plus marquant dans la genèse de la nouvelle C3 ?

Thierry Blanchard : Bonjour ! Pour moi, le mot qui me vient tout de suite à l’esprit c’est le confort. Le confort, on peut en parler, mais tant qu’on n’a pas roulé à bord de la C3, ça reste du discours. Et je peux vous dire qu’on tient un produit qui va faire date. Pour y arriver, on a optimisé la plateforme 1, la PF1, pour obtenir un compromis confort/comportement au meilleur du segment, avec plus d’absorption des chocs urbains tels que les trous ou les nids de poule du réseau routier, tout en garantissant un haut niveau de tenue de route. Et je peux vous le dire : on y est arrivé, oui, on y est.

TA : Très bien ! Et comment y êtes-vous parvenus ?

TB : C’est tout le secret de PSA ! Certains éléments nous ont beaucoup aidé comme les roues d’un diamètre de 650 avec un flanc plus gros que sur le reste de la production : cela nous assure d’un confort plus souple d’absorption des chocs, et donc de plus de confort. On a comme je le disais amélioré la tenue en roulis par rapport à la C3 IIe génération et pour cela, on a écouté le client.

TA : Qu’est-ce que ces avis ont changé ?

TB : Ils ont changé qu’on a maintenant une assise plus basse, des sièges qui maintiennent mieux le buste, et une absorption de tous les chocs sans que ça n’occasionne de roulage désordonné.

TA : Par rapport à une Peugeot 208, à laquelle cette Citroën reprend la plateforme, certains équipements comme l’aide au démarrage mains libres [ADML, NDLA] sont enfin disponibles, n’est-ce pas ?

TB : Oui, en effet c’est en option.

TA : Est-ce que l’aide au maintien de file comporte une alerte dans le siège ?

TB : Non, on n’a pas d’action dans le siège mais on a une alerte visuelle et sonore, dans le tableau de bord, et avec un fort bip. Cela n’est proposé que sur autoroute ou voies rapides.

TA : Vous avez fait le choix de ne pas proposer d’Airbump sur toutes les versions contrairement à une C4 Cactus. Pourquoi ?

TB : D’abord, ces Airbump ont une morphologie différente : ils sont plus fins, car il faut fidéliser nos 3,5 millions de clients venus conduire les précédentes générations de C3. De plus, il faut plaire au plus grand nombre. Les Airbump apparaissent de série en niveau 3, ils ne sont pas présents en niveau 1 et niveau 2, et en niveau 3 il est possible de prendre une option pour ne pas les avoir, aussi.

TA : On a entendu durant la présentation que cette C3 serait une voiture mondiale. Est-ce à dire qu’on la retrouvera en Chine, au Brésil, en Russie ?

TB : Euh, non. Elle n’est pas prévue en Chine, ni en Russie, ni au Brésil.

TA : Pourquoi cela ?

TB : Ce sont des marchés à sedan, à berline, ou aussi des marchés où le segment B ne perce pas.

TA : Du coup, où sera-t-elle vendue ?

TB : Partout où cette offre de segment B est susceptible de correspondre aux demandes du marché. C’est le cas en Europe, sur tous nos marchés, et on n’exclue aucune possibilité de la lancer ailleurs. Le segment B, c’est 1/3 des ventes de Citroën, c’est notre segment le plus important.

TA : La Connected Cam, c’est un équipement inédit. Pourquoi en avoir fait le choix ?

TB : C’est une option adaptée à un usage social qui se développe : on veut partager l’instant.

TA : Quid de la conservation des données ?

TB : C’est au client de communiquer ses données, s’il le souhaite. Elles sont stockées dans le véhicule, ou sur son smartphone, mais pas chez Citroën.

TA : En cas d’accident, Citroën ne communique donc pas de données aux assurances par exemple ?

TB : Citroën ne donne pas les données parce que nous n’y avons pas accès. D’ailleurs, ce n’est pas une dash cam comme on en voit, en Russie par exemple. Cela dit, si ça peut vous rassurer, on sait qu’avec un tel dispositif les clients conduisent mieux car ils se savent filmés.

TA : En conférence de presse, vous avez aussi révélé les trois grandes ambiances intérieures. Est-on certain qu’elles seront proposées à la vente durant toute la vie du produit ? Une particularité de PSA est de supprimer ce genre de variété peu après le lancement des modèles pour simplifier sa gamme…

TB : Alors non, déjà ces intérieurs ont été conçus avec un travail partagé entre le marketing et commerce. Ensuite, on s’attend à ce qu’une C3 sur 2 soit choisie avec une ambiance intérieure.

TA : C’est un objectif ?

TB : C’est notre ambition et on va franchement plus loin qu’une simple couleur de tissu.

TA : Pouvez-vous nous parler de votre parcours chez Citroën ? Quel est le projet qui vous a le plus marqué ?

TB : Eh bien je suis entré chez Citroën en 1994. J’ai travaillé sur le projet de la C2, j’ai aussi passé une dizaine d’années sur la partie synthèse roulage, à faire des essais de produits, sur toutes les routes et tous les climats. Le projet qui m’a le plus marqué, je crois que c’est la genèse d’A515, le projet C3/DS3, où j’ai justement travaillé sur cette partie roulage.

TA : Merci Monsieur Blanchard pour ces éléments.

Nous partons maintenant rencontrer les hommes-clé du design de la nouvelle C3 pour en comprendre les lignes et l’apparence choisie.