Le Nouvel Automobiliste
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Bus électriques : BYD ouvre une usine en Picardie

Alors que les premiers appels d’offre massifs de bus électriques seront lancés d’ici la fin de l’année par la RATP et le STIF, la carte des industriels commence à dévoiler ses formes. En Bretagne, il faut compter sur Bolloré ; en Alsace avec Yutong allié à Dietrich Carebus ; et la Picardie avec un second constructeur chinois, BYD, pour Build Your Dreams.

C’est la conséquence d’une clause attendue dans les appels d’offres de bus électriques en France : une production de tout ou partie des véhicules sur le territoire hexagonal. Comme en Angleterre où il s’est allié au carrossier local Alexander Dennis pour répondre à un appel d’offres à Londres, BYD s’installe en France pour mieux conquérir le marché. La présence du chinois au dernier Salon Transports Publics en 2016 à Paris n’était donc qu’une première approche avant une offensive plus solide.

Une usine et une centaine d’emplois

Au programme, une usine, à Allone (60), pour un investissement de 10 millions d’euros, et une création d’une centaine d’emplois dans un premier temps. Le début de la production, afin de respecter le calendrier de la RATP (80 % de bus électrique en 2025) débutera dès le premier semestre 2018. L’objectif annoncé est de 200 véhicules par an à pont unique, carrossés en bus ou autocar.

Derrière cette implantation, la Région Hauts-de-France a sorti le carnet de chèque avec une subvention de 3000 euros par emploi créé, et 2000 euros de prime si les nouveaux embauchés ont moins de 25 ans, plus de 50 ans, ou sont demandeurs d’emploi depuis plus de 6 mois. L’activité pourrait grandir rapidement et s’étoffer d’un service après-vente pour l’entretien et les réparations (généralement délégués aux constructeurs par les opérateurs), et un centre logistique (on pense à la reprise d’anciens véhicules notamment). A terme, on peut envisager même un centre d’essais pour les batteries.

Une stratégie réfléchie

BYD a pour but d’être le leader mondial des véhicules électriques. Très bien installé en Chine, il se développe dans le monde, après des implantations en Corée ou aux Etats-Unis, ainsi qu’en Europe de l’Est (la photo ci-dessus est prise en Pologne). Pour la France, « le choix de la France s’explique par le fait que le marché français des bus est le plus important en Europe. Beauvais et la Région Hauts-de-France ont été choisis en raison de la qualité du bâtiment qui nous a été proposé, de la localisation géographique idéale et de la proactivité des autorités locales et régionales », d’après le directeur Europe de BYD, M. Isbrand Ho.

Désormais, l’on attend la réaction des acteurs installés du secteur que sont Volvo (qui a déjà des modèles électriques mais non produits en France), Evobus (Mercedes-Setra, installé en France mais pas pour des électriques) ou Iveco (idem).

Via Le Parisien et BYD.com